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Jeunes : hausse des hospitalisations et des visites à l'urgence en santé mentale

Une fille assise sur la marche d'un escalier, recroquevillée sur elle-même.
Chez les jeunes de 5 à 24 ans, le groupe d'âge qui est le plus souvent hospitalisé est celui des 15 à 17 ans. Photo: iStock
La Presse canadienne

Les hospitalisations et les visites à l'urgence pour des troubles de santé mentale des jeunes de 5 à 24 ans ont presque doublé au cours des dix dernières années au pays, révèlent des données de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).

Les chiffres sont frappants : les hospitalisations ont augmenté de 65 % et les visites à l'urgence des hôpitaux de 75 %. Pendant ce temps, le nombre d'hospitalisations pour d'autres problèmes médicaux a diminué de 24 %.

Parmi ces jeunes de 5 à 24 ans, le groupe dont les membres ont été le plus souvent hospitalisés ces dernières années a été celui des 15 à 17 ans. Mais il y a eu des augmentations des taux d'hospitalisation dans les autres groupes d'âge (les 10-14 ans et les 18-24 ans), mais pas pour les 5 à 9 ans, où il est resté assez stable.

Ces chiffres comparent les taux de la période 2006-2007 aux plus récents datant de 2017-2018. Ils ont augmenté chaque année durant cette période.

Or, le nombre de jeunes Canadiens ayant reçu un diagnostic de trouble mental est demeuré stable depuis trois décennies, rappelle l'ICIS.

Selon Christina Lawand, chercheuse principale, analyse du système de santé et de questions émergentes au sein de l'ICIS, cela signifie potentiellement deux choses.

D'abord, on peut penser qu'il y a moins de stigmatisation associée aux maladies mentales et que les jeunes vont chercher de l'aide quand ils en ont besoin. « C'est peut-être la bonne nouvelle », dit-elle.

Mais elle craint toutefois que le nombre de visites à l'urgence et les hospitalisations ne cachent une autre réalité : une lacune dans les soins, qui font que les jeunes qui souffrent de tels problèmes ne reçoivent pas d'aide en première ligne et qu'ils se retrouvent à l'hôpital en situation de crise.

« On n'est pas surpris, mais on aurait aimé voir un ralentissement de la croissance de ces taux parce que l'on sait qu'il y a beaucoup d'efforts qui se déploient pour améliorer l'offre de services de santé mentale dans la collectivité. Or, on voit que plus de jeunes se retrouvent en état de crise et doivent se rendre à l'urgence et même être hospitalisés pour des troubles de santé mentale. »

Sous la moyenne canadienne

Le taux d'hospitalisation au Québec pour des troubles de santé mentale chez les jeunes est un peu inférieur à la moyenne du pays. On parle de 412 hospitalisations par tranche de 100 000 habitants au Québec, contre 495 en moyenne au Canada. Le taux d'hospitalisation au Québec en 2006-2007 était de 299 par 100 000 habitants, le même taux que celui du Canada cette année-là.

Une autre différence entre le Québec et le Canada concerne les régions les plus touchées. L'an dernier, pour la première fois, les taux d'hospitalisation en santé mentale au pays ont été plus élevés en régions urbaines que rurales, indique Mme Lawand. Mais pas au Québec : Montréal avait des taux plus bas que certaines régions éloignées, comme la Côte-Nord ou le Nunavik.

L'une des explications de cette situation peut être la façon dont les soins sont assurés, a-t-elle poursuivi.

Les données de l'ICIS révèlent aussi que le nombre de jeunes Canadiens ayant reçu un antipsychotique ou un médicament pour un trouble anxieux ou de l'humeur a connu une hausse sur cette période d'environ 10 ans. Un jeune sur 11 s'est vu prescrire un médicament en 2017-2018.

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