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Une maison en construction en zone inondable

La crue du fleuve Saint-Jean sur un terrain de Grand Bay-Westfield.

Les eaux ont encerclé, ce printemps, la fondation où un couple de Grand Bay-Westfield construit la maison de ses rêves, près de Saint-Jean.

Photo : CBC/Connell Smith

Radio-Canada

Les inondations de ce printemps ont encore une fois mis en lumière le risque d'habiter trop près du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Malgré tout, un couple fait actuellement construire la maison de ses rêves dans une zone inondable à Grand Bay-Westfield, près de Saint-Jean.

Les propriétaires, Stella Taillefer et John Balemans, ont obtenu un permis avant les inondations auprès du ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux, en dépit du fait que la municipalité avait refusé le projet.

La décision de la Ville avait toutefois été renversée par la Commission d’appel en matière d’évaluation et d’urbanisme et par la Cour du Banc de la Reine.

La décision de la commission est tombée pendant les inondations dévastatrices de 2018, qui ont fait beaucoup de dommages dans la région de Grand-Bay-Westfield, l’une des localités les plus touchées l’an dernier, tout comme cette année.

La propriété où le couple Taillefer-Balemans construit sa maison, chemin Brandy Point, a été inondée quatre fois depuis 1973. D’autres maisons dans le quartier se trouvent sur des terrains plus bas, mais elles ont été construites il y a plusieurs décennies.

Maisons inondées et débris à Grand Bay-Westfield le 28 avril 2019.

Grand Bay-Westfield a été le théâtre d'inondations majeures ces dernières semaines, pour la deuxième année de suite.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Blaine Higgs : « Un endroit où on ne devrait pas construire »

Ce nouveau chantier a attiré l’attention récemment du premier ministre Blaine Higgs qui s’est dit stupéfait que les travaux se poursuivent, compte tenu de l’expérience des deux dernières années.

C’est évident que c’est un endroit où on ne devrait pas construire, a-t-il affirmé la semaine dernière. Nous devrons réexaminer notre réglementation, celle qui touche les terres humides et les plaines inondables, et faire des changements. Les temps ont changé, [des inondations] deux années de suite sont le signal clair que nous devons faire les choses différemment. 

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, en point de presse.

Blaine Higgs a déclaré récemment que la maison en chantier à Grand Bay-Westfield était l'exemple de ce qu'il ne fallait plus faire.

Photo : Radio-Canada

Pour l’instant, seule la fondation de la nouvelle maison émerge de terre. Ces dernières semaines, les eaux du fleuve Saint-Jean ont complètement encerclé le site. Elles n’ont toutefois pas atteint la fondation, construite sur une parcelle de terrain remblayée.

Un projet lancé en 2007

Stella Taillefer a livré la version du couple, son mari ne voulant pas s’adresser aux médias puisqu’il est conseiller de la municipalité avec laquelle le couple a eu maille à partir.

Selon Mme Taillefer, son mari et elle ont acheté la propriété en 2007. L’année suivante a été marquée par le type d’inondation qui ne devait survenir qu’une fois tous les 100 ans, selon les experts de l’époque.

Le couple a persévéré. Nous avons consacré tellement de temps et d’argent à ce projet. Nous adorions ce site. Nous planifions la maison de nos rêves depuis des années. Nous avions bon espoir qu’en construisant à 6,3 mètres (au-dessus du niveau de la mer), nous n’aurions pas de problème. 

Un croquis de la maison en construction.

Voici la maison dont rêvent Stella Taillefer et John Balemans depuis des années.

Photo : Stella Taillefer

Une maison encerclée par les eaux

Cette année, la crue s’est arrêtée à 5,5 mètres dans la région de Saint-Jean. L’an dernier, les eaux avaient monté à 5,76 mètres.

Par mesure de précaution, le couple a l’intention d’ajouter de la terre de remplissage sur son terrain, entre la fondation et le chemin Brandy Point.

Mme Taillefer affirme que son mari et elle ont travaillé de près avec le ministère de l’Environnement pour fixer l’élévation à laquelle sa future maison serait à l’abri d’inondations futures. Ils ont dépensé, dit-elle, des dizaines de milliers de dollars pour faire remblayer leur terrain et ont ensuite demandé, en 2017, une dérogation au zonage en vigueur pour pouvoir lancer la construction.

Le comité consultatif sur la planification de Grand Bay-Westfield a rejeté leur demande en décembre de cette même année.

C’est alors que le couple s’est adressé à la commission d'appel en matière d'évaluation et d'urbanisme, qui leur a donné raison. La commission a conclu que la ville de Grand Bay-Westfield n’avait pas établi de norme concernant l’élévation minimale d’une maison et qu’elle prenait donc des décisions arbitraires sur le risque d’inondation des terrains.

Elle a également noté que le terrain où le couple Taillefer-Balemans érige sa maison n’a pas été désigné comme faisant partie d’une plaine inondable.

La Ville a fait appel de la décision à la Cour du Banc de la Reine qui a également donné raison au couple. Le juge Darrell Stephenson écrit dans sa décision que Mme Taillefer et M. Balemans avaient pris toutes les précautions auxquelles on pouvait s’attendre de constructeurs prudents et qu’on leur avait causé un préjudice déraisonnable en leur refusant un permis.

Avec les informations de Connell Smith, CBC

Nouveau-Brunswick

Environnement