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Le taux de diplomation influencera le financement postsecondaire en Ontario

Des étudiants qui marchent dans un corridor.
Des étudiants à l'Université Laurentienne, une université bilingue en Ontario. Photo: Radio-Canada / CBC/Erik White
Radio-Canada

Selon des informations obtenues par CBC, la performance des collèges et universités déterminera leur financement provincial en se basant sur dix critères, notamment le taux de diplomation et la proportion de diplômés qui ont un emploi à temps plein dans un domaine lié à celui de leurs études.

Dans son premier budget déposé le mois dernier, le gouvernement Ford a indiqué que 60 % du financement des institutions postsecondaires sera lié à leur performance, sans toutefois donner de détails sur les critères employés pour déterminer le succès de ces établissements.

Cependant, un document confidentiel du ministère de la Formation et des Collèges et Universités, dont CBC a obtenu copie, révèle plus d'information à ce sujet.

Ce document fait état de dix critères, qui incluent notamment le taux d'obtention des diplômes, la proportion de diplômés qui ont obtenu un emploi à temps plein dans un domaine lié à celui de leurs études, les autres sources de financement et la proportion d'étudiants en fonction de la population générale.

Critères liés aux compétences et aux résultats en matière d'emploi :

  • Salaire des diplômés
  • Nombre et proportion de diplômés dans les programmes d'apprentissage par l'expérience
  • Aptitudes et compétences
  • Proportion de diplômés employés à temps plein dans un domaine connexe ou partiellement connexe
  • Proportion d'élèves dans une zone identifiée
  • Taux d'obtention de diplôme

Les quatre autres paramètres sont liés à ce que le gouvernement appelle l'impact économique et communautaire.

Sur ces derniers, il y a une certaine variation entre les mesures pour les collèges et les universités. Les deux seront évalués en fonction du financement reçu de sources externes, de l'impact communautaire et local, et une mesure basée sur la proportion de la population étudiante vis-à-vis la population générale d’une localité.

Les universités seront aussi évaluées en fonction du financement fédéral de la recherche provenant d'organismes comme le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Couverture du budget de l'Ontario 2019, présenté par le gouvernement Ford, s'intitule : « Protéger l'essentiel ».Budget de l'Ontario 2019 : Protéger l'essentiel Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Par ailleurs, les collèges seront évalués à l'aide d'une mesure liée à l'apprentissage qui reste à déterminer.

Chaque collège et université aura sa propre mesure de l'impact économique propre à l'établissement. Le document du ministère n'explique toutefois pas la manière dont les mesures seront calculées.

La mesure des aptitudes et des compétences reste encore à déterminer, selon le document.

Merrilee Fullerton, la ministre de la Formation et des Collèges et Universités, affirme que ces changements permettront aux institutions de miser sur leurs forces.

Notre objectif est de faire en sorte que tous les établissements postsecondaires réussissent, dit-elle.

La députée libérale Nathalie Desrosiers croit pour sa part qu'il s'agit d'un jeu dangereux.

On ne veut pas que les universités perdent la capacité de faire ce qu'elles pensent être nécessaire pour l'intérêt public et pour l'avancement du savoir.

La cheffe de l'opposition officielle, Andrea Horwath, déplore elle aussi ces changements et le manque d'information à ce sujet.

Le but est de couper. Il ne s'agit pas de rendre les établissements postsecondaires plus compétitifs ou meilleurs, ni de les développer, affirme Mme Horwath.

Un changement de mentalité important

Ian Roberge, vice-recteur par intérim du Collège universitaire Glendon à Toronto, estime que ces nouvelles mesures désignent un changement de mentalité « important ».

La formule de financement des universités en Ontario était généralement basée sur les inscriptions, mais là on passe à des mesures de performance, s'inquiète-t-il.

M. Roberge craint d’ailleurs que ces mesures de performance ne soient pas adaptées pour les établissements postsecondaires qui offrent des cours de sciences humaines et sociales.

Le vice-recteur intérimaire note néanmoins que ces nouveaux critères sont clairs et permettent aux collèges et universités de savoir exactement à quoi s’attendre.

Ce que l’on gagne en clarté, on le perd en nuance. Certaines de ces mesures sont assez approximatives et parfois ça peut générer une inquiétude.

Ian Roberge, vice-recteur par intérim du Collège universitaire Glendon

Le recteur par intérim de l’Université Laurentienne, Pierre Zundel, ne se dit pas surpris par les critères de financement du gouvernement. Celui-ci n’estime pas que ces nouveaux critères nuiront au financement de son institution.

Ça se cadre dans notre orientation stratégique, souligne-t-il.

M. Zundel ne craint pas qu'un système basé sur le salaire des diplômés ampute le budget de son établissement.

Pierre Zundel Pierre Zundel est recteur intérimaire de l’Université Laurentienne jusqu’en juin 2019. Photo : Radio-Canada / Caroline Bourdua

Pour sa part, Luc Bussières, recteur à l'Université de Hearst, a certaines craintes par rapport aux changements proposés par le gouvernement.

Chaque fois qu'on change les formules de financement, c'est toujours un peu stressant, parce qu'on se demande quel impact ça va avoir, affirme-t-il.

Il salue toutefois le fait que le gouvernement tienne à reconnaître la notion de différenciation.

Les critères de rendement vont s'appliquer sur l'institution elle-même, au lieu de comparer les institutions entre elles, explique-t-il.

L'Université de Hearst ne peut pas être comparée à d'autres institutions et vice versa. Chacune a sa réalité. Autant pour les institutions bilingues, francophones ou anglophones.

Luc Bussières, recteur à l'Université de Hearst
Luc Bussières, recteur à l'Université de HearstLuc Bussières, recteur à l'Université de Hearst, a certaines craintes par rapport aux changements apportés au financement des institutions postsecondaires Photo : Radio-Canada

De cette façon, il croit que l'Université de Hearst pourra tirer son épingle du jeu.

Actuellement, moins de 1,5 % du financement des collèges et universités est lié à la performance.

Selon le document obtenu par CBC, ce pourcentage passera à 25 % en 2020-21, et augmentera ensuite de 10 % par année jusqu'en 2024-25, où il plafonnera à 60 %.

Toronto

Politique provinciale