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Les Palestiniens annoncent un cessez-le-feu à Gaza

Un homme est assis sur des débris à Gaza.

Plus de 600 roquettes et missiles ont été tirés depuis vendredi par les groupes palestiniens en direction de villes et villages en Israël, qui a riposté en frappant 350 cibles à Gaza.

Photo : Reuters / Mohammed Salem

Agence France-Presse

Le calme est revenu lundi dans la bande de Gaza à la faveur d'un cessez-le-feu annoncé par les Palestiniens après le plus grave accès de violences avec Israël depuis des années, mais sans aucun règlement à long terme en vue.

En ce début de ramadan, les Palestiniens ont accepté un cessez-le-feu entré en vigueur avant le lever du jour, ont indiqué trois responsables palestiniens et égyptiens sous le couvert de l'anonymat.

Aucune confirmation n'a été obtenue du côté israélien, qui se garde généralement de corroborer de telles trêves.

Mais, après deux jours d'une escalade ayant tué 23 civils et combattants dans la bande de Gaza et 4 civils en Israël, les tirs de roquettes de l'enclave palestinienne sous blocus et les représailles israéliennes ont effectivement cessé à l'heure du cessez-le-feu indiquée par les responsables.

Dans un signe d'accalmie, l'armée israélienne a annoncé la levée de toutes les restrictions imposées aux populations civiles israéliennes voisines de Gaza. Elle n'a pas fourni plus de précision, mais ces mesures comprennent généralement la fermeture des écoles ou des limites fixées aux rassemblements publics.

La bande de Gaza, coincée entre Israël, l'Égypte et la Méditerranée, ainsi que les villes israéliennes voisines ont été le théâtre pendant deux jours de la plus grave flambée de violences depuis la guerre de 2014. Cela fait redouter un quatrième conflit entre les parties depuis 2008. Des centaines de roquettes tirées par le Hamas et le Djihad islamique se sont abattues sur Israël, qui a riposté par des centaines de frappes contre des objectifs ainsi que des combattants des deux groupes.

Des Palestiniens se rassemblent autour d'un bâtiment détruit par des bombardements israéliens.

Les ripostes israéliennes ont détruit plusieurs bâtiments dans la bande de Gaza, tuant également une vingtaine de personnes.

Photo : Reuters / Ibraheem Abu Mustafa

Cet accès de fièvre a aussi donné lieu à une vigoureuse mise en garde des États-Unis à l'Iran, accusé par Israël de soutenir les groupes armés de Gaza.

L'accord trouvé dans la nuit prévoit des mesures quant aux zones de pêche gazaouies en Méditerranée et une amélioration de l'approvisionnement en électricité et en combustible dans l'étroite enclave de deux millions de personnes durement éprouvée par les guerres, la pauvreté et le blocus imposé par Israël depuis plus de 10 ans pour contenir le Hamas, a dit le responsable du Djihad islamique.

Le plus grave accès de violence en cinq ans

Quelque 690 roquettes ont été tirées depuis samedi de Gaza, dont plus de 500 ont atteint le territoire israélien, et au moins 35 sont tombées dans des zones urbaines, selon un décompte de l'armée israélienne.

Les civils israéliens tués au cours du week-end sont les premiers à mourir sous les roquettes palestiniennes depuis la guerre de 2014, selon au moins deux officiels israéliens. Fait extrêmement rare, l'un d'eux a été tué quand un missile antichar de type Kornet tiré de la bande Gaza a atteint son véhicule, selon l'armée israélienne.

La femme, tenant son sac à main, est assise sur une civière.

Du personnel d'urgence palestinien évacuent une femme blessée par une attaque de roquette dans la ville israélienne d'Ashdod.

Photo : AFP/Getty Images / Ahmad Gharabli

L'aviation et l'artillerie israéliennes ont en retour frappé plus de 350 objectifs du Hamas et du Djihad islamique à travers la bande de Gaza. Ils ont visé des combattants des groupes armés, des ateliers de fabrication de roquettes, des entrepôts d'armes, des positions et des bases militaires ainsi qu'un tunnel du Djihad islamique débouchant en Israël ou encore des immeubles abritant des bureaux du Hamas.

Sur les 19 Palestiniens tués au cours de la seule journée de dimanche, 9 ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Djihad islamique.

Parmi eux figure Hamad al-Khodori, 34 ans, présenté par la branche armée du Hamas comme un de ses commandants et par l'armée israélienne comme un responsable des transferts d'argent iranien à destination du Hamas et du Djihad islamique. L'armée israélienne a ouvertement revendiqué son élimination ciblée.

Deux Palestiniennes enceintes et deux bébés comptent aussi au nombre des tués, selon les informations du ministère gazaoui de la Santé relevant du Hamas.

Tensions toujours présentes

« Nous soutenons Israël à 100 % dans la défense de ses citoyens », a tweeté dimanche soir le président américain Donald Trump.

Peu après, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, annonçait le déploiement au Moyen-Orient du porte-avions et groupe aéronaval USS Abraham Lincoln et d'une force de bombardiers, sans établir de rapport direct avec l'escalade à Gaza, mais en mettant en garde l'Iran contre toute atteinte aux intérêts des États-Unis et de ses alliés.

La bande de Gaza est en proie aux poussées de fièvre répétées, en l'absence de toute reconnaissance d'Israël par le Hamas et de tout horizon politique pour un règlement du conflit israélo-palestinien. Depuis des mois, l'Égypte et l'ONU s'emploient régulièrement à éteindre les incendies.

La dernière flambée de violences en date remettait en cause un accord conclu fin mars.

Des tonnes de gravats recouvrent le sol et les meubles.

Un Palestinien marche à travers les débris d'un édifice endommagé pendant les frappes aériennes israéliennes.

Photo : AFP/Getty Images / Mahmud Hams

Les organisations palestiniennes de Gaza sont frustrées de la non-application par Israël de cet accord, disent-elles, et de précédents sur un allègement du blocus et l'entrée de fonds qataris dans l'enclave.

Pour Israël, les évènements des derniers jours sont une agression contre les civils israéliens de la part d'organisations se servant, selon l'État hébreu, de civils palestiniens comme boucliers humains.

Ils sont survenus à un moment délicat pour le premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou, avant la journée de la Mémoire mercredi, la fête nationale jeudi, et le concours de l'Eurovision à Tel-Aviv du 14 au 18 mai.

M. Nétanyahou, vainqueur des législatives d'avril, est par ailleurs engagé dans les négociations en vue du prochain gouvernement. Et le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, a récemment promis de dévoiler son plan de règlement du conflit israélo-palestinien après le ramadan, qui s'achève début juin.

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