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Une nouvelle chirurgie pour le cancer du poumon développée au CHUM

La nouvelle procédure requiert l'utilisation de caméra vidéo.

Photo : Radio-Canada

Olivier Bachand

Une équipe de chercheurs du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) a mis au point une nouvelle procédure chirurgicale pour retirer les tumeurs cancéreuses pulmonaires. La technique, qui permet aux patients de se remettre sur pied beaucoup plus rapidement, a fait ses preuves selon les résultats d'une vaste étude clinique.

Après six ans de travail, c'est mission accomplie pour l'équipe du CHUM menée par le chirurgien thoracique Moishe Liberman. Elle vient de dévoiler les résultats de ses recherches sur une nouvelle procédure qui pourrait changer la vie de nombreux patients atteints du cancer du poumon.

À l'heure actuelle, la grande majorité des tumeurs pulmonaires sont retirées en pratiquant une incision d'environ 25 centimètres au thorax et en fracturant les côtes du patient, ce qui entraîne un séjour à l'hôpital de plusieurs jours et une convalescence qui peut s'étirer sur de nombreuses semaines.

La nouvelle technique mise au point par l'équipe du Dr Liberman, qui combine l'utilisation de la vidéo et d'un pistolet à ultrasons, change la donne.

On fait la même opération, sauf que la plupart des patients quittent l'hôpital le lendemain et retournent à leur vie normale une à deux semaines plus tard, ce qui est complètement révolutionnaire comparativement à la technique traditionnelle.

Le Dr Moishe Liberman, chirurgien thoracique

Le procédé consiste d'abord à faire de petites incisions sous l'aisselle du patient, pour ensuite passer une caméra afin de voir la tumeur et la retirer.

« On utilise une caméra pour faire la même opération, sans une grosse incision et sans beaucoup de douleur pour le patient », précise le Dr Liberman.

À l'échelle mondiale, seules 15 % des lobectomies sont effectuées avec l'assistance vidéo. Les médecins sont plus réticents à utiliser cette méthode, craignant une hémorragie au cours de l'opération.

« On n'a pas la même habileté à arrêter un saignement que lorsque le patient est complètement ouvert. Quand ça saigne, la caméra devient souillée avec le sang, et ça peut devenir très dangereux pour le patient », dit le Dr Liberman.

Son équipe a donc trouvé une solution à ce problème. L'utilisation d'un pistolet à ultrasons, qui permet de sceller les vaisseaux sanguins, et ainsi d'éviter les saignements.

« Avec cette technique, on peut couper, fusionner ou disséquer les vaisseaux qui sont très petits, très minces, explique-t-il. C'est ça qu'on a développé ici au CHUM. »

Les résultats sont probants

Pour vérifier l'efficacité de cette nouvelle technique, des essais cliniques ont été menés sur 150 patients au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

« La technique est très sécuritaire, équivalente à la technique traditionnelle. Il n'y a pas plus de saignements avec cette nouvelle technique. Donc on peut vraiment offrir quelque chose de moins invasif pour le patient, avec une récupération beaucoup plus rapide », dit le Dr Liberman.

Les patients qui ont bénéficié de cette nouvelle procédure chirurgicale semblent aussi très satisfaits. Diane Coursol, une résidente de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, a été opérée par le Dr Liberman à la mi-mars.

Elle a pu obtenir son congé de l'hôpital le lendemain de sa chirurgie.

« La fin de semaine suivante, on est allés souper chez des amis, ce que je n’aurais probablement pas fait si j'avais eu l'opération traditionnelle », raconte-t-elle.

La femme d'une soixantaine d'années a pu recommencer à effectuer certaines tâches ménagères dans les jours suivant sa chirurgie, en y allant tranquillement.

« Je trouve que la convalescence, avec cette méthode-là, nous permet d'être beaucoup plus actifs après, de reprendre nos activités », estime-t-elle.

Si tout va bien, elle pourra reprendre son emploi dans une usine d'embouteillage en juillet prochain.

Rencontrée par hasard lors de notre passage au CHUM, une autre patiente pleurait littéralement de joie. Jocelyne Landry, qui a participé aux essais cliniques du Dr Liberman, venait d'apprendre qu'elle n'aura pas besoin de traitements de chimiothérapie à la suite de son opération.

« Ils ont enlevé tout ce qu'il y avait comme trace de cancer, tout est parti, tout est disparu, c'est de l'histoire ancienne, puis on continue », confie-t-elle en s'esclaffant d'un rire de soulagement.

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