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Manifestants identitaires et contre-manifestants s’opposent à Montréal

Des policiers en tenue antiémeute sont debout devant plusieurs manifestants brandissant des drapeaux du Québec dans une rue de Montréal.
Quelques centaines de personnes ont manifesté à Montréal. Photo: Radio-Canada / Vincent Champagne
La Presse canadienne

Quelques centaines de personnes ont sorti leurs drapeaux et revêtu toutes sortes d'accessoires aux couleurs du fleurdelisé samedi après-midi, à Montréal, dans le but, disent-ils, de réclamer « une constitution citoyenne », mais principalement afin d'appuyer le projet de loi 21 concernant la laïcité de l'État.

Les manifestants se sont donné rendez-vous à l'angle des rues de Champlain et Lafontaine. Le rassemblement surnommé « La Vague bleue » avait toutefois lieu devant les bureaux de la station de télévision TVA, sur le boulevard de Maisonneuve.

Parmi les partisans du projet de loi 21, Sylvie – qui a refusé de donner son nom de famille – dit avoir senti le besoin de sortir dans la rue « pour protéger nos acquis », dit-elle. La dame craint que des intégristes infiltrent le pouvoir insidieusement, sans une loi comme celle sur la laïcité de l'État.

Si un autre manifestant, Richard, qui préférait lui aussi l'anonymat, reconnaît d'emblée qu'il n'y a « jamais eu de problème avec les immigrants qu'on accueille », il est cependant essentiel, selon lui, que la religion reste une affaire privée. « La religion, ça se passe dans les mosquées, les temples, les églises. Si tu veux t'afficher, c'est ton droit, on demande juste de ne pas le faire si t'occupes un poste d'autorité, c'est tout », affirme-t-il.

Des manifestants brandissent des drapeaux québécois et un autre brandit une pancarte s'adressant aux «Canadiens-Français».Les manifestants sont en faveur de la laïcité et du projet de loi 21. Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Des contre-manifestants ont décidé de s'opposer au message véhiculé par cette « vague bleue » qui, selon eux, est associée à plusieurs groupuscules nationalistes aux positions d'extrême droite.

Dans la manifestation, on pouvait effectivement observer facilement des gens en tenue paramilitaire, et d'autres affichant des logos de Storm Alliance et même le « 81 » des Hells Angels.

Autour de 13h 30, la « vague » s'est installée face aux locaux de la station TVA. Les manifestants ont écouté et chanté des œuvres du répertoire de la chanson québécoise et fait flotter leurs drapeaux.

Chat et souris

Les contre-manifestants antifascistes ont bien tenté de rejoindre la « vague », mais les policiers du SPVM ont réussi à maintenir les groupes à distance.

Les militants antiracistes s'étaient réunis un peu après midi pour barrer le chemin à la manifestation. Ils ont commencé à marcher un peu avant 13 h pour aller à la rencontre de la « vague », sans succès.

Au terme de l'événement, vers 17 h, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a rapporté deux arrestations. Un homme de 39 ans a été arrêté pour agression armée sur un policier et un adolescent de 16 ans a été interpellé pour un graffiti sur un véhicule de police.

La porte-parole du SPVM, Caroline Chèvrefils, n'était pas en mesure de préciser à quel groupe appartenaient les suspects arrêtés. Par ailleurs, neuf méfaits de graffitis ont été recensés par le SPVM, les huit autres ayant été commis sur des immeubles.

Le projet de loi 21, en résumé

Le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État prévoit que toutes les institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires doivent respecter les principes de la séparation de l’État et des religions, de la neutralité religieuse de l’État, de l’égalité de tous les citoyens et des libertés de conscience et de religion. Il prévoit l’interdiction du port de signes religieux chez les employés de l’État en position de coercition (juges, policiers, procureurs, gardiens de prison) et d’autres employés de l’État, essentiellement les enseignants des écoles primaires et secondaires du réseau public et les directeurs d’école.

Le projet de loi 21 est assorti d’une clause protégeant les droits acquis des employés touchés qui portent déjà un signe religieux, à condition qu’ils conservent la même fonction dans une même organisation. Il y en aurait « probablement quelques centaines », selon le ministre responsable, Simon Jolin-Barrette.

Il comprend aussi des dispositions de dérogation pour soustraire la loi à des articles des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. La Charte québécoise sera en outre modifiée afin qu’elle stipule « que les libertés et droits fondamentaux doivent s’exercer dans le respect de la laïcité de l’État ». Le projet de loi prévoit également que tous les services gouvernementaux devront être offerts à visage découvert. Ils devront aussi être reçus à visage découvert lorsque cela est nécessaire à des fins d’identification ou pour des motifs de sécurité.

Aucun accommodement raisonnable ne pourra être demandé pour contourner cette obligation, est-il précisé. Il n’inclut aucune sanction pénale ou monétaire pour les contrevenants.

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