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Phénix : une entente pour dédommager près de la moitié des fonctionnaires fédéraux

Au moins 75 % des employés fédéraux auraient été surpayés, selon de nouveaux chiffres.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une entente de principe entre le gouvernement fédéral et certains syndicats permettra à 146 000 fonctionnaires d'être dédommagés pour les problèmes causés par le système de paye Phénix. Toutefois, l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui représente la majorité des employés fédéraux, a toutefois rejeté ce qu'elle qualifie de « maigre » offre.

Le gouvernement offre une compensation générale de 1,25 jour de congé payé par an, pendant quatre ans, aux employés actuels et anciens qui pourraient avoir été touchés par le système de paye Phénix.

Une indemnité supplémentaire, évaluée au cas par cas, serait versée aux personnes qui ont raté des occasions de toucher des intérêts dans des comptes d’épargne ou dans le cadre d’autres investissements financiers ou de capitaux, qui ont payé des intérêts sur des prêts ou des dettes en raison de retards dans le versement d’indemnités de départ ou de prestations de pension, ou qui ont connu de graves difficultés personnelles ou financières en raison de problèmes de paye liés à Phénix, a précisé le Secrétariat du Conseil du Trésor dans un communiqué vendredi.

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), l'Association des juristes de justice et l'Association canadienne des agents financiers ont adhéré à cette entente.

Le président de l'association canadienne des agents financiers, Dany Richard, s'est réjoui de constater que ces membres auront droit à une compensation pour les dommages subis au cours des dernières années.

Après deux ans de négociations, on trouve que l'entente est raisonnable.

Dany Richard,président de l'association canadienne des agents financiers

M. Richard a d'ailleurs expliqué que le fait de recevoir des journées de congé permettrait d'éviter de passer par le système de paye Phénix, qui est actuellement débordé de transactions et peu fiable.

Dany Richard, en entrevue à l'extérieur.

Dany Richard a indiqué que 83 % de ses membres étaient touchés par les problèmes du système de paye Phénix.

Photo : Radio-Canada

De son côté, le vice-président de l'Institut professionnel de la fonction publique, Stéphane Aubry, a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une énorme compensation, mais que c'était tout de même un moyen de faire avancer les choses. C'est la reconnaissance du gouvernement du tort qu'il a eu vis-à-vis des employés.

Pour moi, c'est vraiment important de consulter les membres, parce qu'ils sont les personnes qui souffrent pendant les quatre dernières années et pour moi, c'est eux qui doivent décider si c'est une bonne entente ou non, a quant à lui indiqué Greg Phillips, président de l'ACEP.

Plus de la moitié des fonctionnaires exclus de la solution

L'AFPC, qui représente quelque 180 000 travailleurs, rejette cette offre. Le président du syndicat, Chris Aylward, a parlé d'une maigre proposition, et déclaré que le syndicat n'accepterait pas un règlement qui ne compenserait pas de manière adéquate le terrible fardeau que Phénix a eu sur la vie des travailleurs et celle de leurs familles.

Le syndicat affirme que plus de 270 000 travailleurs ont été touchés par l'adoption désastreuse du système de rémunération Phénix, qui les a laissés sous-payés, surpayés ou sans aucune rémunération.

Selon l'AFPC, le fiasco a notamment forcé de nombreux fonctionnaires à retarder un avancement professionnel, annuler un congé parental ou réduire le soutien qu'ils apportaient à leur famille, et a entraîné une grande anxiété.

La vice-présidente nationale exécutive de l'AFPC, Magali Picard, a ajouté que les membres étaient insultés par cette proposition et que plusieurs d'entre eux préféraient ne rien avoir.

Pour nos gens, les cinq jours de congé, c'est insultant! Surtout qu'on en a encore pour cinq ou dix ans.

Magali Picard,vice-présidente nationale exécutive de l'AFPC

Le syndicat soutient qu'un arriéré de 240 000 cas n'est toujours pas résolu et que plus de 100 000 travailleurs attendent toujours la mise en œuvre de leurs dernières conventions collectives.

M. Aylward a déclaré que l'AFPC avait également jugé inacceptables d'autres éléments de la proposition du gouvernement, comme le fait d'empêcher des membres de prendre un paiement en espèces au lieu des congés payés proposés.

Le gouvernement s'est dit disposé à poursuivre le dialogue avec l'AFPC.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Avec les informations de Radio-Canada avec La Presse canadienne

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale