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Aînés : quitter son chez-soi à contrecoeur

Quitter son chez-soi à contrecoeur quand on est âgé
Pierre Verrière

Vieillir chez soi au sein de sa communauté est un luxe qui n'est pas à la portée de tous, surtout dans les zones rurales. Richard et Laurence Dorge ont vécu presque toute leur vie à Sainte-Agathe et, pourtant, ils doivent se résoudre à quitter leur maison pour un lieu plus adapté. Le couple confie que la recherche d'un tel logement s'avère beaucoup plus difficile que prévu lorsqu'on est francophone.

Cinq jours par semaine, à raison de sept heures par jour, Laurence Dorge assure des cours de soutien aux élèves à l'école de Sainte-Agathe, un village situé à 38 kilomètres au sud de Winnipeg. À 76 ans, Laurence est une retraitée active, mais son mari, Richard, et elle s'apprêtent à vivre un changement de vie profond.

Ils quitteront bientôt Sainte-Agathe où ils ont toujours vécu, pour un lieu plus adapté à leurs besoins.

À 82 ans, Richard n'a qu’une mobilité très réduite et a besoin d’un déambulateur pour se déplacer.

« Je ne suis plus capable de travailler comme avant. Je ne suis plus capable de rien faire. Il faut que j'aille là où il y a moins ou pas d'ouvrage », explique-t-il.

Aujourd'hui, le couple n'est plus en mesure d'entretenir une propriété qui compte un grand jardin et une piscine couverte.

« La maison fait presque 185 mètres carrés. Pour deux, c'est bien trop grand, ça n'a pas d'allure », souligne Richard.

Richard et Laurence Dorge se sont mis à la recherche d'une résidence pour retraités de 55 ans et plus. Mais, pour cela, il leur faudra quitter à regret leur village, car il n'existe pas à Sainte-Agathe de résidence correspondant à leurs attentes.

« On est tellement bien à Sainte-Agathe qu'on voulait rester à Sainte-Agathe. On pensait que c'est ça qui arriverait dans notre futur, mais ce n’est pas ça qui s'en vient en ce moment », indique Laurence.

Le couple dit déjà avoir visité plusieurs résidences, mais n’en a pas encore trouvé une à son goût. Certaines sont trop loin de Sainte-Agathe, d’autres ne correspondent pas à ses envies ou à ses besoins.

« Il y a des places où ils te préparent ta nourriture, mais c’est plus cher et je ne me sens pas prête à ça, car je suis encore active. Je ne peux pas aller dans un endroit où je n’ai rien à faire, car ce ne serait pas moi », explique Laurence.

Pour son mari, Richard, le critère premier est que l’environnement soit francophone et qu’il puisse côtoyer des gens de sa génération.

Beaucoup de listes d'attente

Laurence et Richard envisagent de déménager à Winnipeg où ils n'ont jamais vécu pour trouver cet équilibre. Il reste que de tels endroits ne sont pas faciles à trouver.

« Même si vous allez en ville comme à Saint-Boniface, par exemple, parce que c'est francophone il y a beaucoup de listes d'attente », souligne Laurence.

« Je sais qu'il y a du monde que je connais qui ont fait ça. Ils ont mis deux à trois ans avant de trouver un endroit où vivre. »

Selon le couple, plusieurs résidents âgés du village ont déjà quitté la communauté de Sainte-Agathe, faute de logements adéquats.

Laurence et Richard attendent maintenant patiemment que leur tour vienne. En espérant que cela soit le plus rapidement possible.

« On espère qu'on va avoir une place. Il va falloir aller parce que, quand on n'est plus capable, on n'est plus capable », conclut Richard Dorge.

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