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Frustration, larmes, entraide : les inondations de Bracebridge en 4 témoignages poignants

Une femme répond au micro de Radio-Canada devant les crues et les sacs de sable.

Sandy McCurdy tente depuis une semaine de protéger sa maison de l'eau qui la menace.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cottin

Radio-Canada

Alors que la situation se stabilise à peine, les habitants de Bracebridge continuent leur combat contre les crues printanières records ayant forcé la Ville à déclarer l'état d'urgence. Malgré l'inquiétude, les pertes matérielles et l'isolement, c'est la solidarité qui marque le plus les sinistrés. Témoignages.


Isolement pesant

Une jeune femme se tient debout, portant bottes et combinaison, devant un zodiac.

Stéphanie Cloutier a choisi de rester dans sa maison, en partie pour pouvoir venir en aide à ses voisins sexagénaires.

Photo : Radio-Canada / Haydn Watters

Stéphanie Cloutier se sent chanceuse. Sa maison, située dans le quartier de Sherwood Forest, n’a pas été envahie par les eaux, et a même l’électricité. Elle a donc choisi de ne pas partir, mais la seule route permettant de rejoindre la communauté, elle, a été submergée et rend ses déplacements très difficiles.

J’ai mes voisins qui sont dans la soixantaine et qui ne veulent pas se déplacer, explique-t-elle. C’est donc en bottes et en combinaison qu’elle est partie vendredi se réapprovisionner et en a profité pour acheter des vivres pour les sexagénaires qui occupent la demeure d’à côté. L’entraide, c’est la seule façon dont tu peux vivre ici, confie-t-elle.

Je veux juste voir du monde

Stéphanie Cloutier

Pour elle, qui a déjà vécu cela en 2017 et s’attendait à ce type de situation, c’est surtout l’isolement qui est dur à vivre. J’ai hâte de voir du monde, il n’y a pas beaucoup de monde qui est resté, confie-t-elle.


Impuissance et frustration

Une femme et un homme se tienne devant une maison inondée.

Frida Ardal et Allan Turnbull ne savent pas encore s’ils pourront retourner dans leur maison prochainement.

Photo : Radio-Canada / Makda Ghebreslassie

Non loin de là, à Bala, dans la communauté de Muskoka Lakes, Frida Ardal et Allan Turnbull tentent de sauver leur maison complètement inondée.

Jeudi, nous avons soupé chez nous, dans notre salon, avec des amis, comme nous le faisons souvent, et dès vendredi l’eau a commencé à s’infiltrer dans la maison. Samedi, nous avions 30  cm d’eau dans toute notre habitation, a raconté Mme Ardal avec émotion.

Initialement, on pensait que ça allait seulement submerger un peu le plancher, nous avons mis en hauteur les tapis, mais ça a continué de monter, ajoute Allan.

Durant les crues records, il y a six ans, ça n’a jamais dépassé notre plancher, donc je ne m’attendais pas à ce que ça atteigne 30 à 45 cm. Nous avons été évacués du bâtiment, car il a été évalué que c’était dangereux de rester, poursuit-il.

C’est désolant, et je me sens impuissante. C’est très frustrant.

Frida Ardal

On a mis des centaines de sacs de sables, principalement à l’extérieur pour garder l’eau loin des portes, mais aussi à l’intérieur, car on avait peur que la maison soit emportée par les eaux, raconte Allan aux côtés de sa femme.

Tous d’eux s’inquiètent de perdre l’intégralité de leur habitation. Ce serait le pire des scénarios. Ils vont réévaluer [la situation] une fois que le niveau de l’eau aura baissé, ce qui pourrait ne pas être avant un mois, explique-t-il.

Et qu’est-ce qu’on va faire après? Reconstruire ou réparer ce qui a été détruit? On ne sait pas, renchérit Frida. Pourtant, le couple garde le sourire, épaté par la générosité des riverains, venus leur prêter main-forte. On a eu tellement d’offres d’aide, on ne pouvait pas même tout accepter, ça a été fabuleux, a souligné Allan.


Larmes et manque de sommeil

Une femme répond au micro de Radio-Canada devant les crues et les sacs de sable.

Sandy McCurdy tente depuis une semaine de sauver sa maison des crues.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cottin

Sandy McCurdy vit à côté de la rivière Muskoka, qui est totalement sortie de son lit et déborde sur les routes avoisinantes.

Cela fait plus d’une semaine qu’elle dort à peine pour s’assurer que les pompes continuent de retirer l’eau de sa demeure. Nous contrôlons la situation jusqu’à maintenant. Nous avons une équipe extraordinaire qui vient ici et surveille la montée des eaux 24 h sur 24, explique-t-elle.

Nous devons sauver notre maison, c’est ce que nous allons faire.

Sandy McCurdy

Sa maison est complètement entourée d’eau. À un point tel, que les sacs de sable autour de sa maison forment un bol dans lequel, au centre, se trouve la maison.

Elle aussi souligne toutefois l’entraide générale manifestée à Bracebridge. Si nous n’avions pas d’amis, nous serions sous l’eau, a-t-elle lâché, les larmes aux yeux.


Effondrement devenu symbole

Photo d'une maison à moitié submergée par les eaux.

Les inondations à Bracebridge donnent lieu à des situations extraordinaires comme celle-ci.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La maison de Dave Coon est devenue le symbole de ces inondations. Avec le courant, ses piliers se sont affaissés pour laisser place à une scène aussi incongrue que dramatique, où l’on voit l’habitation totalement effondrée dans l'eau.

On l’a faite pour les parents de ma femme, qui sont décédés depuis.

Dave Coon

M. Coon dit ne pas encore savoir ce qu’il va advenir de sa demeure. C’est la Ville qui en prendra possession. Ils vont décider si on peut récupérer quelque chose ou si elle devra être détruite avant d’être emportée par les eaux, ce qui poserait un vrai problème de sécurité.

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