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Le ministre de l'Éducation ordonne le rétablissement du rugby scolaire en Nouvelle-Écosse

Joueuse de rugby agenouillée devant le ballon.
Le ministre de l'Éducation a ordonné à la Fédération du sport scolaire de la Nouvelle-Écosse de renverser sa décision d'annuler le rugby. Photo: Claire Avery
Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation de la Nouvelle-Écosse ordonne à la Fédération du sport scolaire de la province d'annuler la décision prise la veille d'annuler tous les matchs de rugby de la saison.

La Fédération du sport scolaire de la Nouvelle-Écosse (NSSAF) avait sonné jeudi la fin du rugby dans les écoles de la province, au lendemain d’une blessure subie par un joueur de l’école Sydney Academy pendant un match au Cap-Breton.

Selon le directeur général de la fédération, Stephen Gallant, la décision a été prise par le conseil d’administration en raison du nombre de joueurs qui se blessaient.

Dans un communiqué vendredi, le ministre de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse, Zach Churchill, écrit qu’il demande à la NSSAF de rétablir immédiatement le rugby dans toutes les écoles secondaires, pour toute la saison.

Zach Churchill donne sa version des faits dans les couloirs de Province House le 27 mars 2019.Le député libéral de Yarmouth et ministre de l'Éducation, Zach Churchill. Photo : Radio-Canada / CBC

Le ministre se range derrière l’avis du médecin hygiéniste en chef de la province qui, avec plusieurs autres médecins réputés, ont exprimé de forts doutes sur cette décision, les appuyant sur des données pancanadiennes.

M. Churchill indique de plus que la NSSAF a outrepassé ses droits en annonçant une telle décision sans en informer le ministère de l’Éducation, et critique la fédération pour ne pas avoir consulté le milieu scolaire.

La nouvelle de l’annulation de tous les matchs de rugby scolaire avait pris de court les jeunes athlètes et leurs parents. Environ 200 joueurs ont manifesté vendredi devant le Centre des congrès d’Halifax, où la NSSAF était réunie.

Plusieurs joueuses de rugby scolaire tiennent des affiches où est écrit « Laissez-nous jouer » et « Ramenez le rugby », le 3 mai 2019 au centre-ville d'Halifax.Agrandir l’image« Laissez-nous jouer », demandaient ces joueuses de rugby qui manifestaient vendredi à Halifax. Photo : Radio-Canada / CBC / David Burke

Les motifs invoqués par la fédération quant à la dangerosité du rugby, comparativement aux autres sports, ont été remis en question par des professionnels de la santé au courant de la journée de vendredi.

La fédération soutient que 149 blessures à la tête survenues durant la pratique du rugby dans les écoles de la province ont été signalées au programme d’assurances scolaire de la Nouvelle-Écosse, comparativement à 33 blessures du genre au hockey, 32 au football et 26 au soccer.

Des manifestants rassemblée devant le centre des congrès d'Halifax.Des jouers de rugby manifestent au centre-ville d'Halifax le 3 mai 2019. Photo : CBC/David Burke

Natalie Randall Price, une thérapeute agréée du sport basée à Dartmouth, met en doute les données invoquées par la fédération pour justifier sa décision et les juge absolument inexactes.

Il est statistiquement impossible qu’il n’y ait eu qu’une seule commotion au hockey dans toutes les écoles secondaires de la Nouvelle-Écosse l’an dernier, dit Mme Randall Price, qui a fait du sujet des commotions cérébrales chez les sportifs sa thèse de maîtrise.

La spécialiste indique que, selon les professionnels de la santé, le rugby se distingue en tant que chef de file pour ses efforts à répertorier adéquatement et à rapporter les blessures. On ne peut en dire autant des autres sports, affirme-t-elle.

Selon Natalie Randall Price, la NSSAF punit une association sportive qui a été transparente et honnête en répertoriant adéquatement le nombre de blessures subies par les jeunes joueurs. Ce n’est pas le message que l’on devrait envoyer, que si vous êtes honnêtes et transparents, votre sport sera annulé, dit-elle.

Geno Carew, président de Rugby Nouvelle-Écosse.Geno Carew, président de Rugby Nouvelle-Écosse. Photo : Radio-Canada / CBC

Le président de Rugby Nouvelle-Écosse, Geno Carew, reconnaît que, depuis quelques années, il y a une volonté qui s’affiche de plus en plus, à l’échelle internationale, pour prévenir autant que possible les commotions cérébrales chez les joueurs de rugby.

Il ne croit toutefois pas que le rugby soit intrinsèquement plus dangereux que d’autres sports de contact. Il faut simplement évaluer les risques et tenter de les limiter dans la mesure du possible, dit-il.

Le Dr Rob Green, directeur médical provincial de Traumatismes Nouvelle-Écosse (Trauma Nova Scotia), attire quant à lui l’attention sur une étude réalisée sur 12 ans et a examiné les cas de 107 jeunes âgés de 3 à 18 ans ayant subi une blessure traumatique majeure dans la pratique d’un sport. Plusieurs sports, dont le rugby, ont été analysés.

Le cyclisme était, de loin, la plus grande cause de traumatismes majeurs au sein de la population pédiatrique, et le rugby n’en était pas une : ses chiffres étaient même trop peu élevés pour être dignes de mention, dit le Dr Green.

Une jeune joueuse de rugby qui s'élance sur le terrain.Le rugby est un sport en pleine expansion au Canada, en particulier chez les jeunes femmes. Photo : Larry Peyton Photography

Jeudi soir, dans un message Twitter, le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le Dr Robert Strang, s’est invité dans le débat en demandant que la fédération du sport scolaire revienne sur sa décision.

NSSAF : ramenez le rugby dans les écoles de la Nouvelle-Écosse, a écrit le Dr Strang, en partageant un lien vers une pétition demandant la même chose.

Moi-même joueur de rugby à l’école secondaire, je comprends l’importance de la sécurité dans le sport étudiant, a écrit vendredi sur Twitter le député fédéral d’Halifax, Andy Fillmore. Il a demandé lui aussi à ce que la fédération fasse marche arrière, et décide de la marche à suivre après avoir consulté les parents, les joueurs, les entraîneurs et les spécialistes de la santé.

Vendredi, avant l’annonce faite par le gouvernement, ordonnant le retour du rugby scolaire, le président de la Fédération du sport scolaire, Stephen MacNeil, soutenait qu’il n’était pas question de reculer. Ce serait très difficile de nous rassurer quant à la sécurité dans ce sport, disait-il alors.

Avec les informations de CBC

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