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La police d’Edmonton s’excuse auprès de la communauté LGBT

Dale McFee s'adresse à la presse devant un décor où on voit le logo du Service de police d'Edmonton.

Le chef de la police d'Edmonton, Dale McFee, a présenté des excuses officielles à la communauté LGBT.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Soyons clairs : ceci n'est pas derrière nous, et il y a beaucoup de travail à faire », a déclaré le chef du Service de police d'Edmonton (EPS), Dale McFee, en présentant des excuses officielles à la communauté LGBT pour la discrimination et l'oppression systémiques que la police lui a fait subir.

En conférence de presse, vendredi matin, Dale McFee n’a pas fait preuve de la même hésitation que son prédécesseur pour présenter ses excuses officielles à la communauté LGBT, deux mois après son entrée en fonction.

« Au nom du Service de police d’Edmonton, j'affirme que je suis désolé. Nous sommes désolés », a-t-il dit, en prenant soin de préciser qu’il s’adressait à tous les membres du public et du service de police d'identité gaie, lesbienne, bisexuelle, transgenre, queer et deux esprits.

« Nous ne nous cacherons pas derrière l’excuse du contexte historique. Ce qui était permis à une époque ne doit plus être accepté », a-t-il affirmé.

Les descentes que la police avait l'habitude de faire dans les saunas fréquentés par les hommes gais dans les années 80 ont dû venir à l’esprit de plus d’une personne. Le chef de la police a cependant souligné que les traitements discriminatoires et l’indifférence subis pendant des années marquent encore aujourd’hui les relations entre la police et la communauté.

« Ces actions font mal, érodent la confiance et créent de la peur. Elles font que des personnes parmi la population et le service de police se sentent en danger dans la rue, à leur travail, et parfois, dans leur propre maison. »

— Une citation de  Dale McFee, chef du Service de police d’Edmonton

« Les excuses, c’est important, mais ce n’est pas suffisant », a ajouté M. McFee.

Des consultations prévues

Il a du même coup annoncé le démarrage d’un processus de « consultation et réconciliation » au cours duquel les personnes LGBT seront invitées à parler de ce qu'elles ont vécu et à donner leur point de vue au service de police.

Le Service de police d'Edmonton invite le public à se prononcer sur la forme que devrait prendre cette consultation sur son site Internet (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Une longue histoire à réparer

Les services de police de Toronto, de Montréal et de Calgary ont tous fait des excuses officielles aux membres de la communauté LGBT ces dernières années.

En août, CBC a mis la main sur une note de service du Service de police d'Edmonton qui montrait que son chef de l’époque, Rod Knecht, hésitait à suivre leur exemple. « Alors que certains voudraient des excuses, d’autres sont passés à une autre étape, et des excuses représenteraient en fait un pas en arrière » écrit-il dans le document.

La descente au Spa Pisces, en 1981, qui s’est soldée par l’arrestation d’une cinquantaine de personnes, est toujours un souvenir douloureux pour beaucoup de membres de la communauté LGBT. À l’époque, le Service de police d'Edmonton avait pour habitude de révéler le nom des personnes arrêtées dans les saunas aux journalistes, ce qui en forçait plusieurs à sortir du placard contre leur gré.

Le service de police dit cependant travailler fort depuis plusieurs années pour améliorer ses relations avec la communauté LGBT. C’est dans cet esprit qu’il s’est doté d’un comité de liaison avec les minorités sexuelles en 1992.

Dale McFee a annoncé qu’il avait l’intention de travailler personnellement avec ce comité dès aujourd’hui.

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