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Crise des opioïdes : un haut dirigeant d'une société pharmaceutique coupable de complot

John Kapoor quitte le tribunal fédéral à Boston.
Sur cette photo du 30 janvier 2019, John Kapoor, fondateur d'Insys Therapeutics, quitte le tribunal fédéral à Boston. Le 2 mai 2019, John Kapoor a été reconnu coupable de corruption de médecins afin de stimuler les ventes d'un vaporisateur au fentanyl. Photo: Associated Press / Steven Senne
Radio-Canada

Le fondateur de la société pharmaceutique américaine Insys Therapeutics est devenu le plus haut dirigeant du secteur pharmaceutique à être condamné dans une affaire liée à la crise des opioïdes aux États-Unis. Il est reconnu coupable d'avoir participé à un stratagème visant à soudoyer des médecins afin qu'ils prescrivent à leurs patients un puissant opioïde contenant du fentanyl.

L'homme de 76 ans serait parvenu à manipuler les médecins en invitant des conférenciers lors d’évènements fictifs dans des restaurants qui visaient prétendument à éduquer les pharmaciens au sujet du vaporisateur de fentanyl Subsys.

Les procureurs fédéraux de Boston ont conclu que John Kapoor et ses collègues impliqués, qui comprennent d’anciens dirigeants d’Insys, étaient aussi coupables de complot pour avoir induit en erreur les assureurs qui étaient réticents à l'idée de payer le médicament.

Ils risquent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. Pour le moment, John Kapoor nie avoir commis des actes répréhensibles, et son avocate a fait part de son intention d’aller en appel.

 Le docteur Kapoor est déçu du verdict, tout comme nous .

Beth Wilkinson, avocate de John Kapoor

La Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) a approuvé Subsys en 2012 uniquement pour des traitements de douleurs cancéreuses aiguës.

Les procureurs prétendent que les médicaments prescrits aux patients non cancéreux ont permis d’augmenter les ventes de la société pharmaceutique basée en Arizona.

Le médicament au cœur du litige est le Subsys, un vaporisateur analgésique que les patients souffrant d’un cancer appliquent sous la langue pour apaiser leurs douleurs. Il est essentiellement composé de fentanyl, un puissant opioïde 100 fois plus fort que la morphine.

Quelques mois plus tôt, l’avocate de John Kapoor a dit aux jurés que son client n’était pas au courant des ententes conclues entre les médecins.

Elle a mentionné que l’ancien vice-président des ventes d’Insys, Alec Burlakoff, avait maintenu John Kapoor dans l’ignorance.

Alec Burlakoff et l’ancien directeur général de la compagnie, Michael Babich, ont témoigné contre John Kapoor après avoir plaidé coupables.

Des techniques de vente remises en question

Durant le procès, les juges ont regardé une vidéo de rap produite par Insys utilisée pour décrire ses stratégies de ventes à de futurs acheteurs. Elle met en vedette Alec Burlakoff déguisé en bouteille de Subsys dansante.

Ses anciens collègues ont mentionné qu’Insys avait recruté des vendeurs « faciles à regarder », parce que les médecins ne voulaient pas d’« une personne peu attirante ».

Les États-Unis sont plongés dans une crise des opioïdes. En 2017, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies faisaient état de 47 600 morts par surdose.

Avec les informations de Reuters, et Associated Press

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