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Un guide pour expliquer Holocauste et génocides aux élèves canadiens

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Le Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Comment aborder en classe des sujets aussi difficiles que l'Holocauste et le génocide? Un nouveau guide destiné aux enseignants canadiens permet de faciliter cet exercice et aide les élèves à mieux comprendre des questions historiques et contemporaines relatives aux droits de la personne.

Le guide, qui s'intitule Nous contre eux : la création de l'Autre, est une création du Musée de l'Holocauste de Montréal et du Musée canadien pour les droits de la personne.

Il est destiné aux élèves de la 9e à la 12e année et veut leur permettre de mieux saisir les schémas qui mènent aux violations des droits de la personne et au processus génocidaire.

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Mireille Lamontagne, gestionnaire des programmes avancés et professionnels au Musée canadien pour les droits de la personne.

Photo : Radio-Canada

« C'est très important parce qu'ils sont à une période de leur vie où ils sont très influencés par ce qu'ils voient à la télévision, dans les médias sociaux et les films », affirme Mireille Lamontagne, gestionnaire des programmes avancés et professionnels au Musée canadien pour les droits de la personne.

Selon elle, l'idée, c'est d'aider les élèves à comprendre que les phases, les motifs et les schémas qui se reproduisent au cours de l'histoire quant au traitement des minorités, suivent « un modèle qui se répète un peu partout dans les cas de génocide et de violation quotidienne des droits de la personne ».

Le guide donne par exemple un aperçu historique de l'Holocauste, mais aussi de crimes contre l'humanité plus récents comme le génocide des Rohingyas au Myanmar.

« Avec l'exemple des Rohingyas, les jeunes peuvent voir que c'est quelque chose qui se produit encore tous les jours et qu'on doit être vigilant », souligne Mireille Lamontagne.

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Des réfugiés rohingyas près des rizières, après avoir fui le Myanmar et s'être dirigés vers Palang Khali, près de Cox's Bazar, au Bangladesh.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

Le document comporte les témoignages de survivants de l'Holocause et aussi de Yasmin Ullah, qui vit actuellement à Winnipeg. Sa famille a dû quitter le Myanmar en raison de la montée de la haine et des persécutions à l'encontre des Rohingyas.

Maireille Lamontage affirme que le but de ces témoignages est de susciter l'empathie chez les élèves. « Lorsqu'ils entendent ces histoires, ça leur ouvre le coeur et c'est à ce moment-là qu'ils seront prêts à explorer plus profondément le sujet, parce qu'ils se demandent comment de telles choses ont pu se produire », dit-elle.

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Audrey Licop, responsable de la programmation et des communications au Musée de l'Holocauste de Montréal.

Photo : Audrey Licop

Selon Audrey Licop, chef de la programmation et des communications du Musée de l'Holocauste, à Montréal, le guide met en exergue la notion de l'altérité, c'est-à-dire le fait d'être différent.

« On explique aux jeunes comment on fabrique l'autre, comment on en fait une personne à l'extérieur de notre groupe, puis on le déshumanise. C'est un processus qui se fait par étapes. Des étapes qui peuvent conduire à un génocide », explique-t-elle.

Dans le cas de l'Holocauste, le guide retrace de façon chronologique les événements ayant conduit au massacre de millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce processus va du boycottage d'un jour des commerces juifs en Allemagne en avril 1933, à l'interdiction pour les médecins juifs de traiter des patients « aryens », en juillet 1938, puis à l'ouverture du camp de concentration d'Auschwitz, le 20 mai 1940, où environ 1 million de juifs ont été assassinés.

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L'entrée de l'ancien camp de concentration nazi d'Auschwitz.

Photo : La Presse canadienne / Alik Keplicz

« On pense qu'il va y avoir un grand événement qui va tout changer, mais ce n'est pas comme ça que les génocides et les grands crimes contre l'humanité se déroulent. Ça commence toujours par des actes mineurs », fait remarquer Mireille Lamontagne.

Elle précise que c'est l'accumulation de plusieurs petites choses qui mène à des situations où il devient « acceptable » de déshumaniser l'autre.

Pour élaborer le guide, les deux musées ont travaillé avec des représentants de commissions scolaires et des historiens, ainsi qu'avec des enseignants, dont Graham Lowes, un éducateur en résidence du Musée canadien des droits de la personne.

Offert en français et en anglais, le guide est accessible en ligne sur le site du Musée (Nouvelle fenêtre) de l'Holocauste de Montréal. Mireille Lamontagne précise qu'on le trouvera aussi prochainement sur le site Internet du Musée canadien pour les droits de la personne.

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