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Trop de temps d'écran chez un ado, c'est combien?

Un jeune avec un cellulaire à l'école

Photo : iStock

Olivier Lefebvre

Les effets néfastes de l'utilisation d'écrans, comme le temps consacré aux jeux vidéos ou passé en ligne à partir d'un ordinateur, sur le bien-être des adolescents sont plus prononcés chez ceux dont l'usage surpasse quatre ou cinq heures par jour, conclut une grande étude publiée par une chercheuse de l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.

Pour en arriver à ce constat, l'équipe de recherche de la professeure de psychologie Caroline Fitzpatrick s'est basée sur un impressionnant échantillon de 40 000 adolescents de partout au pays.

On avait plusieurs jeunes qui passent plus de cinq heures par jour devant des écrans et c'est probablement là qu'on commence à remarquer des effets négatifs un petit peu plus marqués sur leur bien-être, explique-t-elle.

Parmi les effets négatifs, elle note des résultats scolaires plus faibles, une mauvaise estime de soi ou encore de moins bonnes habitudes alimentaires.

Selon les résultats, les adolescents canadiens fréquentant l'école secondaire passent en moyenne cinq heures par jour devant un écran.

L'étude exclut le temps passé sur un téléphone intelligent et une tablette électronique. Si l'on ajoutait cette durée, la moyenne augmenterait à sept heures par jour, indique Caroline Fitzpatrick en faisant référence à d'autres études.

Le temps passé en ligne pour des travaux scolaires n'est également pas pris en compte dans l'étude.

Sans vouloir démoniser les écrans, la chercheuse est d'avis que leur saine utilisation être prise au sérieux au même titre qu'un régime alimentaire, par exemple.

Je pense que ces résultats-là appuient l'idée que le temps d'écran devrait être considéré comme une question de santé publique.

Caroline Fitzpatrick, professeure de psychologie, Université Sainte-Anne

La Société canadienne de physiologie de l'exercice recommande moins de deux heures de temps d'écran par jour pour les enfants et adolescents âgés de 5 à 17 ans.

La psychologue Sophie Godbout-Beaulieu n'est pas du tout surprise des résultats de cette nouvelle étude.

La psychologue Sophie Godbout-Beaulieu n'est pas du tout surprise des résultats de cette nouvelle étude.

Photo : Radio-Canada

L'anxiété là-dedans?

Combien d'heures passez-vous les yeux rivés sur un écran? C'est une des premières questions que la psychologue Sophie Godbout-Beaulieu pose à ses patients.

Dès qu'ils prennent plus conscience de combien de temps ils passent sur leur téléphone que déjà là, ça peut amener à une réduction du temps d'écran, puis de là, une diminution des symptômes d'anxiété, explique-t-elle.

Il faut faire attention, ajoute la psychologue. Tout n'est pas noir ou blanc. Les écrans, rappelle-t-elle, peuvent avoir des bienfaits sur le bien-être des adolescents. Ces derniers peuvent, par exemple, facilement profiter de l'écoute et du réconfort de leurs amis pendant des moments difficiles, illustre-t-elle.

La clé, c'est de trouver un équilibre parce que lorsque qu'on passe la majorité de notre temps devant un écran, dit-elle, ça veut dire qu'on est sédentaire, qu'on ne fait pas autre chose, donc on ne prend peut-être pas la peine de se faire de bons repas ou de participer aux repas de famille.

Se rassembler autour des écrans

En partageant les résultats de son étude, Caroline Fitzpatrick veut rappeler aux parents qu'ils sont des modèles pour leurs enfants en matière de saine utilisation d'écrans.

À partir du moment où il peut y avoir des interactions familiales autour de l'usage des écrans, ça devient déjà beaucoup plus bénéfique pour le bien-être des adolescents, dit-elle.

C'est justement ce que Christine Chantegreil, mère de deux adolescents, essaie de faire à la maison.

Mère de deux adolescents, Christine Chantegreil met en place à la maison des stratégies pour réduire le temps qu'ils passent chaque jour les yeux rivés à un écran.

Mère de deux adolescents, Christine Chantegreil met en place à la maison des stratégies pour réduire le temps qu'ils passent chaque jour les yeux rivés à un écran.

Photo : Radio-Canada

Si on trouve une vidéo intéressante, on essaie de mettre ça sur notre écran dans notre salon en utilisant notre Apple TV, là nous sommes tous les quatre, on regarde la même chose, explique Christine Chantegreil. On en parle, on rit ensemble, on parle ensemble, c'est une discussion.

Mère d'un garçon de 13 ans et d'une fille de 15 ans, elle craint surtout de perdre le contact social avec ses enfants. Elle veut garder les canaux de communication ouverts.

La psychologue Sophie Godbout-Beaulieu recommande d'ailleurs aux parents d'établir des règles d'utilisation des écrans à la maison et de les respecter. Comme ça, tout le monde est dans le même bateau.

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