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L’héritage de Victor-Lévy Beaulieu

Victor-Lévy Beaulieu dans un studio de Radio-Canada, le 1er septembre 1977

L'œuvre de Victor-Lévy Beaulieu a beaucoup inspiré l'univers romanesque de la télévision de Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

Victor-Lévy Beaulieu, qui célèbre ses 75 ans cette semaine, est l'un des écrivains les plus prolifiques du Québec. Son écriture et sa conception de l'écriture ont donné à la télévision de Radio-Canada des téléromans parmi les plus prisés de son histoire.

Mon grand maître a été Jacques Ferron qui disait "qu’écrire, être écrivain, c’est d’abord l’exercice d’un droit de parole".

Victor-Lévy Beaulieu

Une œuvre féconde

Victor-Lévy Beaulieu est un écrivain et un éditeur québécois. Il est aussi l'un des auteurs dont l’œuvre portée à la télévision a fait vibrer plus d’un téléspectateur au Québec.

L’acte d’écrire est au cœur de ses préoccupations dans ses romans et à la télévision.

Dans le monde de la critique, il est particulièrement apprécié pour l’originalité de ses essais qui analysent l’œuvre de certains géants de la littérature occidentale.

Parmi les écrivains et les philosophes sur lesquels il s’est penché, mentionnons Victor Hugo, Léon Tolstoï, Voltaire, Friedrich Nietzsche, James Joyce, Jack Kerouac ou encore Jacques Ferron.

L’œuvre de Victor-Lévy Beaulieu s’étend aussi au monde du roman. Dans ses livres, il amène des éléments comme l’utilisation du calembour ou l’allusion à l’actualité.

Il intègre également l’acte d’écriture comme moteur qui fait avancer l’intrigue ou ses personnages. Cette considération est une nouveauté à la télévision québécoise.

C’est le cas, par exemple, dans le téléroman Race de monde tiré du roman du même nom que Victor-Lévy Beaulieu publie en 1969.

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Race de monde, 20 juin 1981

Le roman a été porté à la télévision de Radio-Canada et diffusé en 103 épisodes de 1978 à 1981.

Dans le roman, on rencontre la famille Beauchemin qui affronte la vie et la misère sociale dans le « Morial mort ».

Dans un extrait de l’épisode du 20 juin 1981, on voit Charles Beauchemin, le chef de famille, joué par Paul Hébert, tenter de tirer les vers du nez de son fils Abel, joué par Jean-Luc Montmigny, sur ses projets.

Va-t-il finalement retourner dans la ville de Trois-Pistoles pour y écrire un nouveau livre?

Pour Charles Beauchemin, ce retour du fils dans le Bas-Saint-Laurent, que sa famille a quitté depuis si longtemps, pourrait provoquer la rupture d’une malédiction.

La malchance et la misère s’acharnent en effet sur les Beauchemin depuis qu’ils se sont installés à Montréal.

L’héritage

Le travail de l’écrivain, c’est de rendre plausible et vraisemblable n’importe quel excès.

Victor-Lévy Beaulieu

Cette phrase est extraite d’une entrevue accordée par Victor-Lévy Beaulieu aux animateurs Nathalie Petrowski et Daniel Pinard dans le cadre de l’émission La grande visite du 11 octobre 1987.

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Image de Victor-Lévy Beaulieu en 1987

La grande visite, 11 octobre 1987

Photo : Radio-Canada

Depuis deux semaines, les téléspectateurs de Radio-Canada suivent un nouveau téléroman inspiré de l’œuvre de Victor-Lévy Beaulieu et intitulé L’héritage.

Excès : le mot s’applique à ce téléroman présenté en 86 épisodes entre le 30 septembre 1987 et le 27 mars 1990.

Les téléspectateurs de Radio-Canada sont assis au bout de leurs fauteuils et réagissent fortement aux répliques des personnages.

Dans l’entrevue accordée à Daniel Pinard et à Nathalie Petrowsky, Victor-Lévy Beaulieu confie qu’il a demandé à des serveuses de restaurants de Montréal-Nord de lire les textes des 13 premiers épisodes de L’héritage.

Il faut le dire : dans ce téléroman, plusieurs personnages sont excessifs. À commencer par le patriarche de la famille Galarneau, Xavier.

C’est un homme dur, implacable même. Tout son comportement est influencé par un terrible secret qu’il partage avec sa fille aînée Myriam.

Cette dureté est très bien représentée dans un extrait de l’épisode du 20 janvier 1988.

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L'Héritage, 20 janvier 1988

On y voit une scène dans laquelle Julie, la cadette de la famille Galarneau, jouée par Sylvie Léonard, se fait vivement rabrouer par son père Xavier, joué par Gilles Pelletier.

La raison? Elle a commencé à pleurer.

Les excès de la famille Galarneau sont contrebalancés dans l’intrigue de L’héritage par deux personnages qui trouvent leur salut dans l’écriture.

Ce sont Albertine, la belle-sœur de Xavier, jouée par Amulette Garneau, et Philippe Couture, son amoureux, interprété par Jean-Louis Millette.

Victor-Lévy Beaulieu intègre, grâce à ces deux personnages, beaucoup de références littéraires dans le téléroman associées, entre autres, à l'écrivain Marcel Proust et au poète Gaston Miron.

Cette entrée de la littérature dans l’univers du téléroman est une préoccupation qu’exprime d’ailleurs l’auteur dans son entrevue aux animateurs de La grande visite.

Quant à savoir si ses personnages sont crédibles, plusieurs personnes auraient affirmé à Victor-Lévy Beaulieu qu’ils connaissaient des gens qui ressemblaient à Xavier Galarneau.

Cette confirmation de l'authenticité de ses personnages a fait plaisir à un auteur dont l’œuvre, tant romanesque que télévisuelle, cherche à raconter la réalité et l’imaginaire de son pays.

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