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La Russie créera son propre Internet indépendant

Le président russe, les mains posées sur une table, regarde devant lui en s'afdressant aux journalistes.

Le président russe Vladimir Poutine, lors de sa conférence de presse annuelle, jeudi, à Moscou.

Photo : La Presse canadienne / AP/Alexander Zemlianichenko

Radio-Canada

La Russie a officiellement adopté cette semaine une loi visant à créer un Internet russe indépendant du reste du monde. Cette initiative visant à protéger la souveraineté russe fait craindre pour la liberté d'expression dans le pays.

Le président Vladimir Poutine a apposé sa signature sur le texte précédemment adopté par le parlement, donnant force de loi au document qui prendra effet au mois de novembre, selon l’agence de presse d’État RIA-Novosti.

La loi prévoit la création d’un réseau capable de fonctionner de façon entièrement indépendante de l’Internet mondial.

Peu de détails techniques ont été divulgués jusqu’ici, mais le document indique qu’un centre de gestion et de surveillance du futur réseau chapeauté par l’agence de télécommunications russe Roskomnadzor sera créé.

Ce centre devra s’assurer de maintenir la disponibilité des communications dans le pays en cas de circonstances extraordinaires, telles qu’une invasion militaire. Lors de telles situations, le centre aurait l’autorité pour couper les liens entre l’Internet russe et l’Internet mondial, créant ainsi un réseau parallèle.

Craintes de censure

La nouvelle loi vise selon le Kremlin à protéger la Russie d’acteurs extérieurs. En effet, le DNS, sorte d’annuaire du net chargé de connecter les ordinateurs entre eux, repose sur 13 « serveurs racine » dont aucun n’est contrôlé par Russie. Ces serveurs sont en fait majoritairement contrôlés par les États-Unis et leurs alliés, avec qui la Russie a historiquement eu maille à partir d’un point de vue diplomatique.

En cas de crise diplomatique ou militaire, la Russie craint donc que son accès à Internet soit restreint ou coupé.

Cette explication n’arrive toutefois pas à convaincre les groupes militant pour garantir la liberté d’expression sur le web russe. Ceux-ci craignent qu’en contrôlant tout le trafic Internet russe, les autorités soient tentées de mettre en place un système de censure comparable à celui existant en Chine.

Ces inquiétudes sont alimentées par d’autres lois russes adoptées au cours des dernières années. En mars dernier, le gouvernement a mis en place des mesures interdisant d’insulter les dirigeants du pays ou de distribuer des fausses nouvelles, sous peine d’emprisonnement.

L’application de messagerie chiffrée Telegram a par ailleurs été bloquée l’an dernier. Le gouvernement avait alors indiqué que cette interdiction visait à mieux surveiller les groupes terroristes, mais les observateurs y avaient aussi vu une façon de décourager la dissidence.

Avec les informations de CNN, et Forbes

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