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Diminution inquiétante des producteurs agricoles en Abitibi-Témiscamingue

Un bâtiment de ferme laitière.

Les installations de la ferme Léonet sont encore aptes à recevoir des animaux, mais elles sont laissées vides, faute de relève.

Photo : Radio-Canada / Camille Lalancette

Radio-Canada

Des statistiques de l'UPA en Abitibi-Témiscamingue font état d'une diminution de 37 % du nombre de producteurs agricoles entre 2006 et 2016. Un chiffre qui est six fois plus élevé que dans le reste de la province. La région comptait 785 producteurs agricoles en 2006, contre 559 aujourd'hui.

Les producteurs agricoles s'entendent pour dire que l’accaparement des terres agricoles, la chute du prix des bovins, la laborieuse prise en main de l’entreprise par la relève et les horaires atypiques qui aboutissent à un maigre salaire sont quelques-uns des nombreux facteurs pour lesquels l’agriculture témiscabitibienne vit une crise.

L’agriculteur Simon Simard, aujourd’hui retraité, a décidé de vendre son entreprise en production laitière au printemps 2018. La nouvelle négociation de l’ALÉNA a directement influencé la décision de M. Simard, anciennement propriétaire de la Ferme Léonet de St-Mathieu-d'Harricana. Cette négociation cède une part de marché aux producteurs laitiers étrangers.

Le prix payé aux producteurs était vraiment en diminution. Ce qui fait que quand on additionne tout ça et qu’on est sur le bord de la retraite, et puis qu’on regarde ça, à partir de ce moment-là, il faut gérer ça un peu comme un placement en bourse. En faisant l'évaluation, [je dois me demander] est-ce que j’ai encore quelque chose à faire avec ça ou sinon je suis à risque, se désole M. Simard en regardant l’instabilité du marché.

Un homme pose pour la caméra dans son bureau.

Pascal Rheault, président de l'UPA en Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Camille Lalancette

Le président de l’UPA régionale, Pascal Reault, explique que les autorités ont leur part à faire pour préserver les agriculteurs en place.

Un moment donné, si les gouvernements ne nous donnent pas un appui [pour réacquérir notre taux de confiance] et pour nous dire que oui c’est possible de faire de l’agriculture... Nous avons besoin des appuis de nos instances. Puis avoir de nouvelles fermes qui vont s’implanter, lance-t-il. Parce que souvent, je dis à mes copains de par en bas "je ne veux pas acheter mon voisin, je veux ravoir un voisin".

Pistes de solutions

L’UPA régionale explore la solution d’une fiducie, gérée à même leur organisme, afin de venir en aide aux futurs entrepreneurs.

On pourrait saisir des opportunités d’acquérir des terres au nom de cette fiducie-là, puis que le producteur pourrait s’en servir pendant 20 ans ou 30 ans. Il n’est peut-être pas obligé d’être propriétaire. Mais pourvu qu’il puisse s’en servir sur une très longue période. Puis de dégager des marges. Alors je pense que ce serait une affaire pour [limiter] l'accaparement des terres.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et responsable des dossiers agriculture, de pêcherie et d’alimentation pour le parti Québec solidaire, Émilise Lessard-Therrien, souhaite redonner les lettres de noblesse au travail des agriculteurs et abonde dans le même sens que l’UPA avec un projet de fiducie.

Émilise Lessard-Therrien de Québec solidaire, au lendemain de sa victoire aux élections provinciales.

Émilise Lessard-Therrien de Québec solidaire, au lendemain de sa victoire aux élections provinciales.

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

Revaloriser cette profession-là, mettre en place du soutien financier pour les entreprises. Quand on parle de relève, mettre en place les fiducies foncières pour donner un coup de main aux gens qui veulent vendre les terres, mais aussi pour les acquéreurs de terre. Donc, que le gouvernement puisse agir à titre d’intermédiaire à ce niveau-là.

L’UPA se donne le mandat d’augmenter le nombre de fermes en Abitibi-Témiscamingue à partir de l’année 2020.

- Avec les informations de Camille Lalancette

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Abitibi–Témiscamingue

Agriculture