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L’église Saint-Cœur-de-Marie n’est plus sécuritaire

Une clôture métallique entoure une église en pierre.

Un périmètre de sécurité a été établi autour de l’église Saint-Cœur-de-Marie.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

Louis Gagné

Le promoteur immobilier Louis Lessard somme la Ville de Québec de démolir immédiatement l'église Saint-Cœur-de-Marie, à défaut de quoi il exécutera lui-même les travaux de démolition, et ce, aux frais de la municipalité.

Le propriétaire de l’église située sur la Grande Allée affirme que la sécurité de la structure a été grandement compromise à la suite d’une inondation au sous-sol qu’aurait provoquée la Ville de Québec.

L’événement est survenu en mars dernier lors de travaux effectués dans le secteur. Des employés municipaux auraient rétabli par mégarde l’alimentation en eau de l’immeuble, qui est désaffecté depuis de nombreuses années.

Le bris d’une canalisation à l’intérieur de l’église aurait ensuite provoqué l’inondation du sous-sol. Une quantité importe glace s’est formée lorsque la température a refroidi.

S’appuyant sur un rapport d’expertise produit par la firme Douglas Consultants inc., Louis Lessard soutient que la glace a exercé une pression sur certains murs périphériques, causant d’importants dommages à la structure.

Des amas de glace dans le sous-sol d’une église

La glace qui s’est accumulée au sous-sol de l’église aurait fragilisé sa structure.

Photo : Douglas Consultants inc.

Démolition inévitable?

L’église Saint-Cœur-de-Marie est à ce point fragilisée « que les seules options à considérer sont la démolition complète ou le démontage complet » de l’édifice, écrivent les auteurs du rapport d’expertise.

Peu importe l’option retenue, une méthode de travail approuvée par un ingénieur devra être préparée, et la démolition/démontage devra se faire immédiatement vu l’impossibilité de déclarer la structure stable et sécuritaire.

Extrait du rapport d’expertise produit par la firme Douglas Consultants inc.

Puisque les dommages à l’église résultent à son avis d’une opération effectuée par des employés municipaux, Louis Lessard estime qu’il incombe à la Ville de Québec de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité du public.

Ces mesures incluent la démolition de l’édifice et l’érection d’un périmètre de sécurité au-delà des limites du terrain dont il est le propriétaire.

Plan rapproché d’un mur de pierre

Selon le rapport d’expertise, c’est à cet endroit que la glace a exercé une pression sur le mur comprimé. « La pierre a été déplacée et l’hypothèse de la poussée venant de l’intérieur semble la plus plausible », écrivent ses auteurs.

Photo : Douglas Consultants inc.

Ultimatum

Par la voix de ses avocats, l’entreprise de M. Lessard, la société 9222-9293 Québec inc., a prévenu la Ville qu’elle se dégageait « de toutes responsabilités pour tous dommages physiques et matériels » qui pourraient être causés par l'immeuble.

« À défaut par la Ville de Québec d'effectuer immédiatement la démolition, et ce, à ses frais, notre cliente le fera et chargera les coûts afférents à cette démolition à la Ville de Québec », ont écrit les avocats de Louis Lessard dans une lettre acheminée jeudi aux autorités municipales.

Le promoteur avait sommé la Ville lui confirmer avant vendredi midi qu’elle entreprendrait immédiatement et à ses frais les « gestes nécessaires », sans quoi il enclencherait les démarches en vue de démolir l’église.

En fin de journée vendredi, Louis Lessard attendait toujours la réponse officielle des autorités municipales. Son fils Loïk, qui occupe le poste directeur des opérations de sa société, a indiqué qu’aucune action ne serait entreprise avant que la Ville n’ait fait part de ses intentions.

Il a ajouté que la société ne souhaitait pas déroger aux règlements municipaux, mais tenait néanmoins à ce que la Ville réalise qu’il y a « urgence d’agir ».

Plan rapproché d’une fenêtre en ogive

Les inspecteurs mentionnent que les dommages subis par la structure ont affecté l’étanchéité des ouvertures de fenêtres.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

« Unique responsabilité du propriétaire »

Puisque des démarches judiciaires sont en cours, la municipalité n’a pas voulu commenter le dossier. Dans une lettre envoyée aux procureurs de la société de Louis Lessard le 26 mars, le Service des affaires juridiques a tenu à rappeler « qu’il est de l’unique responsabilité du propriétaire d’un immeuble d’en assurer la sécurité ».

« À cet égard, la sécurisation et la stabilisation relèvent de votre cliente qui ne saurait s’y soustraire par l’unique envoi d’un "avis d’action" », a écrit l’avocat de la Ville de Québec, Me Benoit Lussier.

Louis Lessard et la Ville de Québec sont à couteaux tirés depuis quelques années. Le promoteur reproche à la municipalité d’avoir contrecarré son projet de construction d’une tour d’habitation de 18 étages à l’angle de la Grande Allée et de la rue de l’Amérique-Française.

Le projet est bloqué depuis que la Ville a annoncé son désir de préserver l’église Saint-Cœur-de-Marie. À la suite de cette décision qu’il qualifie de « volte-face », le promoteur a intenté une poursuite de 17 millions de dollars contre la municipalité.

Avec les informations d’Olivier Lemieux

Québec

Immobilier