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Radio-Canada mise sur le rayonnement international

Catherine Tait, présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada

La présidente de Radio-Canada/CBC, Catherine Tait, a révélé que la société d'État entend se consacrer au rayonnement des productions canadiennes sur les grandes plateformes numériques mondiales.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

À l'heure où l'industrie culturelle canadienne doit composer avec la concurrence féroce des géants de la diffusion numérique comme Netflix, Apple ou Amazon, Radio-Canada compte miser sur le rayonnement international des productions d'ici pour assurer la survie et l'épanouissement de la culture canadienne.

Cet objectif ambitieux constituera le fer de lance du prochain plan stratégique que s’apprête à déposer la présidente de Radio-Canada/CBC, Catherine Tait, qui en a fait l’annonce vendredi midi lors d’un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Expliquant que cette année seulement, les géants de la diffusion en continu investiront 18 milliards de dollars dans leurs contenus, Catherine Tait a souligné que c’est 90 fois plus que ce que pourra consacrer cette année Radio-Canada/CBC à ses productions.

Même les grandes compagnies canadiennes comme Bell, Rogers ou Québecor ne peuvent concurrencer les moyens dont disposent ces géants du numérique qui gagnent de plus en plus de terrain chaque année auprès des auditoires d’ici, accaparant au passage une part croissante des revenus publicitaires.

Nous vivons à une époque charnière pour le secteur médiatique, alors que le virage numérique s’accélère. Au point qu’on doive se préparer à entrer, d’ici quelques années, dans un univers 100 % numérique.

Catherine Tait, présidente de Radio-Canada/CBC

Or, les géants du numérique comme Netflix, Amazon, Google, Facebook ou Apple ne diffusent qu’une fraction infime de contenus d’origine canadienne, ce qui représente un sérieux défi pour la pérennité de la culture télévisuelle et radiophonique canadienne.

La souveraineté culturelle menacée

Selon une étude réalisée par l’UQAM, Netflix Canada n’a offert à ses abonnés que sept films et cinq séries d’origine québécoise, soit 0,3 % de son offre disponible.

En plus de la mainmise qu’étendent ces géants numériques étrangers sur l’industrie culturelle canadienne, leurs plateformes numériques leur permettent de recueillir des quantités phénoménales de données sur les Canadiens et leurs habitudes télévisuelles, s’inquiète Mme Tait, qui voit dans cette pratique « la plus grande menace à notre souveraineté culturelle ».

Reconnaissant toutefois que les grandes plateformes numériques mondiales deviennent des acteurs incontournables, Mme Tait juge essentiel que les médias canadiens prennent acte de cette nouvelle réalité et « adaptent leurs plans pour en faire partie ».

Prenant pour exemple le Danemark, dont le diffuseur public a connu un succès planétaire sur des plateformes comme Netflix en présentant des séries comme Borgen, The Killing ou The Bridge, Catherine Tait ne voit pas pourquoi des productions canadiennes ne pourraient pas faire de même.

Soulignant que l’an dernier, la filiale britannique BBC Studios a versé l’équivalent de 370 millions de dollars à la BBC, tirés de revenus perçus sur la vente de tels contenus, Catherine Tait croit qu’il y a moyen de rentabiliser les productions d’ici sur les grandes plateformes internationales.

Et c’est exactement ce à quoi la société d’État s’attellera dans son prochain plan stratégique, qui sera ouvert à la collaboration de tous les producteurs de contenus du pays, qu’ils soient publics ou privés.

Pour que nos histoires et nos créateurs se distinguent aussi sur le marché mondial, nous devons investir collectivement dans notre culture.

Catherine Tait, présidente de Radio-Canada/CBC

Qu’il s’agisse de films, de séries, d’émissions pour enfants ou de baladodiffusions, Radio-Canada n’hésitera pas à s’allier à des partenaires nationaux et étrangers pour faire rayonner la culture canadienne à travers des productions canadiennes originales et de qualité, a assuré Mme Tait.

Des informations dévoilées ultérieurement

Plus tôt cette semaine, Québecor a mentionné que Radio-Canada manquait de transparence concernant les montants utilisés pour la construction de son nouveau quartier général à Montréal.

La présidente de Radio-Canada/CBC a cependant affirmé jeudi matin, sur les ondes d’ICI Première, que la nouvelle qui circule concernant l’achat de nouveaux équipements avec un montant de 144 millions de dollars était fausse.

On a bien regardé les coûts pour restaurer l’ancienne maison, et ça dépassait les 170 millions de dollars et les 20 millions pour l’entretenir.

Catherine Tait, présidente de Radio-Canada/CBC

Elle a tenu à rappeler que tous les chiffres entourant le projet allaient être dévoilés dès que la construction de la nouvelle maison allait être terminée.

« On en train d’avoir des appels d’offres des fournisseurs, et pour négocier des prix intéressants, il faut garder le processus confidentiel. Dès que ça va être terminé, d’ici quelques mois, tout va être dévoilé », a-t-elle soutenu.

La nouvelle maison est construite au coût de 100 millions de dollars par un entrepreneur privé, Broccolini, qui en sera le propriétaire. Radio-Canada sera locataire durant 30 ans et aura un loyer fixé à 20 millions de dollars par année.

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