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Fillette morte à Granby : « on a le devoir de respecter le choix parental », affirme la commission scolaire

Des peluches, une affiche et des lampions déposés devant une résidence.

Des peluches, des fleurs et des messages d'amour ont été déposés devant la maison où a été découverte la fillette de Granby lundi dans un état critique.

Photo : Radio-Canada

Commentant pour la première fois la mort de la fillette de Granby vendredi et le retrait de l'école de cette dernière peu avant le drame, la Commission scolaire du Val-des-Cerfs a affirmé que tous les services ont été offerts pour assurer la scolarisation de la jeune fille et que les services sociaux étaient régulièrement informés.

Ce que je peux dire, c’est qu’au niveau de la Commission scolaire, les services étaient offerts, ils étaient dispensés, ils étaient disponibles et on prenait contact avec la partie parentale sur une base régulière pour voir où en était le processus décisionnel, mais il y a eu des refus, explique le directeur général de Val-des-Cerfs, Éric Racine.

Éric Racine a réfuté le fait que c'est la Commission scolaire du Val-des-Cerfs qui avait décidé qu'elle serait scolarisée à la maison, précisant qu'une rencontre entre la direction scolaire et le « responsable parental » a eu lieu pour aborder les « difficultés graves au niveau de la scolarisation à l'école » de la jeune fille. Deux options, soit une scolarisation à temps partiel à l'école ou une scolarisation à domicile par des professionnels de la commission scolaire, ont été proposées à la partie parentale avant d'être intialement refusées par cette dernière.

Tout au long de la démarche, nos partenaires de la santé et des services sociaux étaient partie prenante de la démarche. Dès les heures qui ont suivi cette rencontre-là, des signalements ont été faits et nos partenaires en ont été informés

On a le devoir de respecter le choix parental, par contre, on avait l’obligation de soumettre aux intervenants de la Protection de la jeunesse, entre autres, la situation pour qu’ils puissent prendre le relai à ce moment-là.

Éric Racine, directeur général de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs

Le père avait par la suite accepté que sa fille soit scolarisée à domicile. Sa première journée d'école à la maison devait avoir lieu le 6 mai.

Le directeur général de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs souhaitait du même coup clarifier les propos du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, qui laissait entendre jeudi que c'est la commission scolaire qui avait retiré la fillette en raison « des difficultés avec la scolarisation à l'école ».

Des options remises en question

Jean-François Roberge a néanmoins rappelé que l’enfant aurait dû être prise en charge par les services sociaux. Tous les adultes qui étaient autour de cette enfant et de cette famille doivent se questionner. Après coup, c’est facile de dire qu’on aurait dû faire ci, faire ça, mais je vais laisser les enquêtes faire leur travail.

Je m'interroge à savoir que dès lors qu'une école envoie un signalement à la DPJ, comment peut-on accepter que l'enfant soit retirée du dernier rempart qui peut la protéger face à ses parents?, a demandé la porte-parole libérale en matière d'éducation, Marwah Rizqy, à Par ici l'info.

Pour la députée de Saint-Laurent, il ne fait aucun doute que l'école doit rester dans l'environnement des enfants pour qui des signalements ont été faits. La procédure idéale serait de ne pas retirer l'enfant de l'école dès qu'il y a un signalement. Si on retire l'enfant, on ne peut plus vérifier ce qu'il en est de sa santé physique et mentale. À l'école, il y a plusieurs adultes significatifs qui peuvent le protéger et dire qu'on ne peut même plus le retourner à la maison. C'est important que ce soit fait rapidement. Dans ce cas précis, l'information que je reçois du ministère de l'Éducation, c'est que ce n'est pas la meilleure façon d'agir. Ça nous prend un protocole.

Si l'école nous dit qu'elle arrive presque jamais coiffée, qu'elle doit voler les lunchs de ses camarades de classe, qu'elle est déshydratée : c'est tellement des signaux clairs et évidents que ses parents ne s'occupaient pas de l'enfant qu'on doit intervenir. On ne peut pas tolérer que l'enfant soit retiré. L'enfant doit rester à l'école. Si on doit aller le chercher à la maison, allons-y.

Marwah Rizqy, porte-parole libérale en matière d'éducation

Mme Rizqy soutient qu'il y a urgence d'agir rapidement. On ne veut pas se réveiller un autre matin avec une nouvelle aussi triste qui a secoué le Québec en entier.

« Comment on peut prendre une décision comme ça? »

Son homologue à Québec solidaire, Christine Labrie, a abondé dans le même sens. Je suis stupéfaite de lire ça. On a entendu la Commission scolaire dire qu'il y avait eu plusieurs signalements. Dans la mesure où on savait qu'il y avait des problèmes à la maison, je m'explique mal comment on a pu décider de retirer cet enfant du milieu scolaire pour l'envoyer dans un milieu qu'on sait dysfonctionnel. Je ne comprends pas comment cette décision a pu être prise

Je ne comprends pas comment on a pu penser que c'était une bonne idée de retirer l'enfant du milieu scolaire au lieu de lui offrir du soutien du milieu scolaire.

Christine Labrie, porte-parole de Québec Solidaire en matière d'éducation

Le syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska s'est dit quant à lui ébranlé vendredi à la suite de la mort de la fillette de 7 ans. La présidente du SÉHY, Sophie Veilleux, cherche à comprendre de quelle façon sont appliqués les protocoles pour la scolarisation des enfants à la maison comme ce devait être le cas pour la fillette.

Moi, je suis au courant, parce que j'ai été enseignante, qu'il y a des élèves de scolarisés à la maison pour différentes raisons et moi-même j'ai fait de la scolarisation à la maison pour certains élèves. Dans les cas que j'ai vécus, il n'y avait pas de protocoles en particulier ou, s'il y en avait, on ne m'en avait pas avisé, mentionne Mme Veilleux.

Cette dernière souligne qu'aucune rencontre précise n'est prévue pour discuter de ce cas avec la direction de la commission scolaire.

Les funérailles de la fillette auront lieu jeudi, à 11h, dans une église de Granby.

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