•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

3 millions amassés par la Croix-Rouge pour les sinistrés des inondations au Québec

L'eau a envahi la rue Jacques-Cartier.
Le secteur de la rue Jacques-Cartier, dans Pointe-Gatineau, a été touché par les inondations (29 avril). Photo: Radio-Canada / David Richard
Radio-Canada

Les Québécois dont la résidence principale a été lourdement endommagée par la crue printanière pourront recevoir dès la semaine prochaine un coup de pouce de 600 $ de la Croix-Rouge.

L'organisme humanitaire sans but lucratif a annoncé vendredi qu'il avait amassé 3 millions de dollars dans le fonds d'urgence qu'il a créé pour répondre aux besoins des sinistrés.

Cette somme comprend un million de dollars versés par le gouvernement du Québec, le reste provenant de citoyens ou d'entreprises.

« Je veux souligner l'immense générosité que ça représente », a commenté le porte-parole de la Croix-Rouge, Pascal Mathieu, lors d'un point de presse, vendredi.

De son côté, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a annoncé vendredi une contribution financière de 2,5 millions de dollars à la Croix-Rouge.

« Le soutien donné par le gouvernement du Canada aujourd’hui aidera à répondre aux besoins urgents des personnes touchées par les inondations dévastatrices. Nous encourageons tous les ménages touchés en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick de s’enregistrer avec la Croix-Rouge canadienne afin de recevoir de l’aide », a-t-il déclaré par communiqué.

Le reportage de Marie-Eve Cousineau

Le porte-parole de la Croix-Rouge a précisé que l'aide serait versée aux familles « les plus durement touchées », soit celles dont la résidence principale a subi des « dommages majeurs ».

C'est une excellente nouvelle pour les familles. Le but, c’est de leur donner un répit à travers toutes les difficultés qu’elles vivent depuis déjà un moment.

Pascal Mathieu, porte-parole de la Croix-Rouge

Comment obtenir l'aide de la Croix-Rouge?

Les personnes qui souhaitent recevoir une aide de la Croix-Rouge doivent s'inscrire auprès de l'organisme, même si elles ont déjà obtenu de l'aide dans un centre d'accueil.

Le moyen le plus rapide de le faire est de se rendre sur le site www.croixrouge.ca/inondationsquebec (Nouvelle fenêtre), mais il est aussi possible d'appeler au 1 800 863-6582.

Les demandeurs recevront par la suite un questionnaire qui leur permettra de faire connaître leurs besoins.

La Croix-Rouge vérifiera l'identité des personnes inscrites et s'assurera que la résidence touchée se trouve bien dans une zone qui a été inondée.

Pascal Mathieu souligne par ailleurs que la collecte de fonds de la Croix-Rouge n'est pas terminée, et il invite la population à continuer d'être généreuse.

On encourage les gens à donner, il y a toujours des besoins immenses qui restent. Plus la population sera généreuse, plus on aura la chance d’annoncer de l’aide additionnelle.

Pascal Mathieu, porte-parole de la Croix-Rouge

Depuis le début de la crue printanière, la Croix-Rouge est venue en aide à 3319 personnes dans l'un ou l'autre des 24 centres d'accueil et d'information établis dans diverses municipalités.

Environ 350 bénévoles ont été mobilisés pour ces opérations.

Plus de 5000 résidences inondées et 10 000 personnes évacuées

Un homme marche seul dans une rue avec de l'eau qui lui monte jusqu'à la taille. Les résidents de la région allant de Saint-André-d'Argenteuil jusqu'à Oka sont sévèrement affectés par la crue printanière, qui force certains d’entre eux à quitter leur domicile. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon les chiffres publiés à 17 h vendredi par la Sécurité civile du Québec, 5383 résidences sont toujours inondées au Québec, 3784 autres sont isolées, et 10 498 personnes sont évacuées.

Les régions de l'Outaouais et des Laurentides sont actuellement les plus touchées, mais de nombreuses résidences de la région de Montréal, de la Mauricie et de la Beauce ont aussi été inondées.

À Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où plus de 832 résidences demeurent inondées et 5506 citoyens, évacués, la mairesse Sonia Paulus a rappelé vendredi que l'état d'urgence demeurait en vigueur.

De nouvelles pompes ont été installées entre les 6e et 23e avenues au cours des dernières heures, afin de poursuivre le pompage dans le secteur inondé, mais il « faudra encore patienter avant de constater une baisse significative de l'eau », a-t-elle dit.

Une troisième digue, qui doit permettre d'accéder plus facilement à la digue qui a cédé la semaine dernière, est toujours en construction, mais l'opération de colmatage de la brèche ne commencera vraisemblablement pas avant la semaine prochaine.

Les sinistrés qui n'ont pu réintégrer leur domicile peuvent entre-temps aller y chercher des effets personnels en compagnie de pompiers ou de policiers.

La mairesse Paulus invite par ailleurs les citoyens qui ne sont pas inondés à éviter d'ajouter de l'eau à celle qui circule dans l'égout pluvial surchargé. Elle a déploré avoir vu un citoyen laver sa voiture, et un autre vider sa piscine au cours des dernières heures, ce qui n'a « pas de sens » dans les circonstances.

Les autorités rappellent par ailleurs des consignes de sécurité de base, dont celle de faire bouillir l'eau pendant une minute avant de la consommer.

Le maire de Gatineau se réjouit « prudemment »

Une borne-fontaine à proximité de résidence est immergée aux deux tiers.Des rues dans le district du Lac-Beauchamp, dans le secteur de Gatineau, sont touchées par les inondations. Photo : Radio-Canada / David Richard

À Gatineau, où 919 résidences sont inondées et 1932 personnes, évacuées, le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'est réjoui vendredi que le niveau de l'eau de la rivière des Outaouais ait quelque peu baissé au cours des dernières heures.

« C’est une excellente nouvelle parce que ce n’est pas ce qui était prévu. [...] Disons qu’on se réjouit prudemment », a-t-il commenté, en raison de l'incertitude entourant les précipitations à venir.

C’est un sentiment un peu bizarre, parce qu’on est un peu en attente de voir si la baisse va se concrétiser.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

La situation s'est d'ailleurs stabilisée au point que la production de sacs de sable destinés à protéger des résidences a pratiquement cessé.

« Quelques bénévoles ont continué à en produire, mais le travail qui devait être fait autour des infrastructures municipales, des maisons, a pas mal été fait », a indiqué M. Pedneaud-Jobin.

À l'heure actuelle, « le plus grand risque, c’est l’usure sur le moral des gens », a-t-il poursuivi. « Quand ils se battent depuis 15 jours pour leur maison, souvent, ils sont isolés. C’est difficile. [...] Le temps fini par faire son œuvre. »

« Les gens qui doivent alimenter leur pompe toute la nuit, ça aussi c'est difficile, parce qu'ils n’ont pas de grandes heures de sommeil. Pour moi, c’est ça la menace. »

Le maire précise que des intervenants psychosociaux sont disponibles en tout temps pour les gens qui en ressentiraient le besoin.

« On fait plusieurs centaines d’appels par jour à tout le monde qui sont dans leur maison, pour procéder à des évacuations s’ils n’en peuvent plus », a-t-il précisé.

État d'urgence prolongé à Montréal

À Montréal, le conseil municipal et le conseil d'agglomération a officiellement prolongé vendredi après-midi l'état d'urgence décrété il y a près d'une semaine en raison des inondations.

L’état d’urgence a été déclaré vendredi dernier à titre préventif afin de venir en aide plus rapidement aux sinistrés des inondations sur l’île de Montréal.

« La situation est stable, mais les niveaux d’eau ne baissent pas », a commenté jeudi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, pour expliquer cette décision.

En Mauricie, les autorités demeurent sur le qui-vive, de crainte que la pluie et la fonte des neiges fassent monter le lac Saint-Pierre au niveau de 2017, soit à près de 3,54 mètres.

En Beauce, première région frappée par la crue des eaux, 75 maisons demeurent toujours inondées à Sainte-Marie.

Société