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Puigdemont déterminé à venir au Québec, cette fois en juin

L’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, affiche un air sévère et a levé l'index qu'il pointe d'une façon accusatrice.

L’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, devait initialement venir en visite au Québec du 2 au 4 avril 2019.

Photo : Associated Press / Francisco Seco

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a soumis une seconde demande au gouvernement canadien pour obtenir le droit d'effectuer une visite au pays au cours des prochaines semaines. Ottawa serait disposé à réévaluer sa demande. Sa requête précédente a connu des ratés en raison du recours à un consultant qui a failli à la tâche.

Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), Maxime Laporte, en a fait l’annonce ce matin lors d’une conférence de presse.

« À la suite de la grande démonstration de solidarité dont ont fait preuve les Québécois cette semaine à l’égard de M. Puigdemont, celui-ci a décidé de revenir à la charge ce matin en soumettant une nouvelle demande de visa électronique au gouvernement canadien en vue d’une visite au Québec qui aurait lieu du 10 au 14 juin prochain », a-t-il dit.

Maxime Laporte promet de suivre le dossier de très près. « La balle est de nouveau dans le camp d’Ottawa. Nous allons donc voir dans ce dossier le véritable visage du Canada et, bien sûr, nous l’aurons à l’œil », a-t-il déclaré.

Carles Puigdemont avait utilisé un intermédiaire pour remplir sa première demande afin d’obtenir une Autorisation de voyage électronique (AVE), document nécessaire pour pouvoir entrer au pays en arrivant de l'Europe.

Il s’était tourné vers une entreprise privée qui facture ses services à grands frais, au lieu de se rendre directement sur le site du gouvernement fédéral et de remplir le formulaire en ne déboursant que 7 $ pour l’opération.

Une suspension

Contrairement à ce qui a circulé, le ministère de l’Immigration n’aurait pas révoqué de façon définitive la demande de Carles Puigdemont, qui, rappelons-le, avait d’abord été acceptée.

Le ministère a fait parvenir à l’agence qui s’occupait du dossier de M. Puigdemont une missive l'avisant que son client devait fournir davantage d’informations, et qu’en attendant la réception de ces renseignements, sa demande était suspendue.

Cependant, Carles Puigdemont a été informé par son représentant, quelques heures avant la date initialement prévue de son départ pour le Canada, que sa requête était révoquée, et non suspendue.

L'ex-président catalan devait venir au Québec du 2 au 4 avril dernier à l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal pour parler du référendum de 2017 sur l'indépendance de la Catalogne. Des démarches en ce sens ont été entreprises à l’automne 2018.

À la suite de son interdiction d'entrer au Canada, Carles Puigdemont a engagé l’avocat Stéphane Handfield pour le représenter. Celui-ci a déposé une requête en justice afin de contester l’annulation de l’AVE.

L'interdiction de séjour visant le politicien indépendantiste a créé la polémique au Québec.

« On a gagné la première bataille »

Me Stéphane Handfield a affirmé ce matin en point de presse qu’Ottawa était ouvert à analyser de nouveau sa demande.

« On a obtenu hier l’information du ministère qu’ils sont disposés à réévaluer le dossier de M. Puigdemont. Ils sont disposés à lui permettre de fournir des informations et la documentation pertinente le cas échéant. Ils sont également engagés à nous divulguer la lettre du 29 mars et celle du 1er avril, ce qui signifie en fait qu’on peut conclure qu’on a gagné la première bataille », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que le dossier de son client serait transmis au bureau de Paris, en France : « On va s’assurer que tout se déroule dans les règles de l’art. Si tout va bien, dans les prochaines journées, on se désistera de notre recours devant la cour fédérale ».

Me Stéphane Handfield est demeuré sceptique à l'égard des services fournis par l’entreprise avec laquelle son client a fait affaire. « Maintenant, on parle ici d’une firme à l’étranger qui semble être un peu une firme fantôme, cela semble être un peu particulier comme processus. [...] Il semble imiter ou à tout le moins confondre le client avec un site officiel du gouvernement canadien », a-t-il affirmé.

Il a souligné que le gouvernement fédéral étudiait un projet de loi afin de modifier la législation concernant les consultants en droit de l’immigration au Canada.

« Peut-être que le gouvernement pourrait justement prendre exemple sur ce qui s’est passé dans le dossier de M. Puigdemont et régler la situation une fois pour toutes. Parce que des problèmes comme celui-là […], ce n’est pas la première fois que des clients se sentent floués par des agences de consultants en immigration qui sont basées à l’extérieur du Canada », a-t-il dit.

Il a bon espoir que son client recevra son Autorisation de voyage électronique, bien qu’il fasse face à des accusations en Espagne.

« Je vois mal comment on pourrait dans ce cas-ci dire que quelqu’un qui a organisé un référendum sur la sécession du peuple catalan est un criminel au sens de la loi sur l’immigration, donc qu’il devrait être interdit de territoire pour grande criminalité au Canada sur cette base. Écoutez, si c’est la décision, éventuellement, du gouvernement fédéral dans ce dossier, on retournera devant la cour fédérale », a-t-il assuré.

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