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Paul-Chanel Malenfant : quand la mort fait naître la poésie

L'écrivain Paul-Chanel Malenfant devant sa bibliothèque

L'écrivain Paul-Chanel Malenfant

Photo : Radio-Canada

Julie Tremblay

« Je ne savais rien de la mort/ avant la tienne », écrit l'écrivain Paul-Chanel Malenfant dans son plus récent recueil, Il n'y a plus d'après. Dans ce livre, le prolifique poète, qui a déjà plus d'une vingtaine de recueils à son actif, s'est intéressé à nouveau au deuil et au troublant passage des êtres vers « l'inimaginable éternité ».

Le deuil, malheureusement, fait partie de l'existence, dit M. Malenfant. Au fur et à mesure qu'on voit le temps s'épuiser dans le sablier, on est pris d'un vertige et on assiste au vertige de l'autre qui va disparaître, affirme le poète.

Il n'y a plus d'après décrit avec justesse ce vertige ressenti lors de l'accompagnement d'un proche vers la mort, avec tout l'amour et le désarroi qu'un tel accompagnement comporte.

Tu étais encore parfaitement présent/ quand j'ai commencé à penser/à toi au passé

Extrait d' « Il n'y a plus d'après », de Paul-Chanel Malenfant

Cependant, vient avec la venue prochaine de la mort l'occasion de se rappeler sa vie. On assiste ainsi dans Il n'y a plus d'après à l'éveil sexuel d'un jeune adulte, à l'effervescence des voyages, aux désastres de la guerre et au grand feu de Rimouski à travers des réminiscences qui replongent dans un autre temps.

Ces évocations historiques sont pour moi l'occasion d'inscrire ce que j'appellerais les drames personnels, les chagrins singuliers, individuels avec des drames plus vastes que nos petites tragédies humaines, explique l'auteur.

Toutefois, même si à la longue, les mourants se mettent à parler dans une langue empruntée au poète Gauvreau, dans un langage qui n'est plus de ce monde, Paul-Chanel Malenfant se réjouit que la poésie, elle, demeure aussi vive.

Je suis très optimiste quant à l'avenir de la poésie. [...] La poésie a toujours survécu, contre vents et marées, contre vents et malheurs. Ce n'est peut-être pas le genre le plus bruyant, mais il occupe de plus en plus d'espaces, précise-t-il.

À preuve, au sein même d'Il n'y a plus d'après, les mots de grands poètes comme Paul Celan, Lamartine et Anne Hébert se fondent dans ceux de Paul-Chanel Malenfant. Une belle façon, pour l'auteur, de faire revivre les paroles de ceux qui ne parlent plus et, ainsi, de faire un pied de nez à la mort.

Avec la collaboration de Nadia Ross

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