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Le puissant cyclone Fani frappe l'est de l'Inde

Trois hommes marchent le long d'une route sous la pluie en transportant quelques biens.

Des villageois se dépêchaient de se mettre à l'abri en banlieue de Puri, vendredi, à l'approche du cyclone Fani.

Photo : La Presse canadienne / AP

Agence France-Presse

Au moins trois personnes ont péri lorsque le cyclone Fani, le plus puissant dans l'océan Indien depuis des années, a frappé vendredi l'est de l'Inde et le Bangladesh, arrachant les arbres et coupant l'eau, l'électricité et les communications.

Le monstre météorologique a atteint l'est de l'Inde vers 8 h locales dans l'État de l'Odisha, au sud de Calcutta, avec des vents dépassant les 200 km/h.

En prévision de son arrivée, les autorités de l'Odisha, où 10 000 personnes avaient été tuées en 1999 par un cyclone, avaient fait évacuer plus d'un million de personnes, craignant une montée des eaux pouvant atteindre jusqu'à un mètre et demi.

Un homme est mort d'une crise cardiaque dans un des milliers de refuges aménagés pour l'occasion et un autre a été tué par la chute d'un arbre, selon les autorités indiennes. Les médias locaux ont évoqué jusqu'à six morts, ce que les autorités n'ont pas confirmé.

Une foule se presse autour de chariots près du temple.

Le temple de Jagannath (en arrière-plan), à Puri, est l'un des plus sacrés de l'hindouisme. Des centaines de milliers de pèlerins s'y pressent chaque année.

Photo : Reuters / Jayanta Shaw

Des milliers de personnes évacuées

Au Bangladesh, plus au nord, où 400 000 personnes ont été évacuées de villages côtiers vers des abris en dur, les autorités ont annoncé la mort d'une femme, également tuée par un arbre. Quatorze villages ont été inondés lorsque des digues se sont rompues à cause de la montée des eaux, selon les mêmes sources.

Fani a touché terre à Puri, ville indienne côtière de 200 000 habitants, célèbre pour son temple de Shree Jagannath, l'un des plus sacrés de l'hindouisme et qui accueille des millions de pèlerins chaque année.

L'électricité et l'eau ont été coupées dans la plupart des quartiers, des centaines d'arbres déracinés. « Tout est devenu noir d'un coup et soudain on n'y voyait plus à cinq mètres », a témoigné un homme réfugié dans un hôtel.

Les stands de nourriture et les enseignes se sont envolés. Le vent est assourdissant.

Homme réfugié dans un hôtel

Le cyclone devrait traverser des zones peuplées de plus de 100 millions d'habitants, se dirigeant vers le nord-ouest depuis l'Odisha pour traverser le Bengale-Occidental, où la capitale Calcutta pourrait être touchée samedi, avant d'atteindre le Bangladesh en s'affaiblissant progressivement.

Une dizaine de personnes sont entassées dans une pièce. Ils dorment sur des tapis installés au sol.

Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées à l'approche de Fani. Nombreux sont ceux qui ont dormi dans des refuges dans la nuit de jeudi à vendredi.

Photo : Getty Images / DIBYANGSHU SARKAR

À Puri et Bhubaneswar, capitale de l'Odisha, les autorités peinaient à rétablir les communications et dégager les arbres tombés sur les routes.

Au Bengale occidental, des équipes spéciales sont passées dans les villages de vacances en demandant aux touristes de se mettre à l'abri et des milliers de personnes ont été évacuées de villages côtiers.

Des mesures de précaution ont également été prises dans les États côtiers de l'Andhra Pradesh, au sud de l'Odisha, et du Tamil Nadu, où vivent respectivement 50 et 70 millions de personnes.

Les services indiens de la protection civile ont diffusé des images d'arbres déracinés le long du littoral de l'Andhra Pradesh.

Les vents violents ont été ressentis jusqu'au massif de l'Everest, où des tentes ont été arrachées au Camp 2 situé à 6400 mètres d'altitude. Les autorités népalaises ont déconseillé aux hélicoptères de prendre l'air.

Les transports paralysés

Les principaux aéroports ont été fermés au moins jusqu'à samedi dans l'Odisha et le Bengale-Occidental. Quasiment tous les trains sont à l'arrêt.

Trois trains spéciaux ont néanmoins effectué des trajets vers Puri pour évacuer pèlerins et touristes.

Les ports ont été fermés, mais la marine indienne a envoyé six navires dans la zone. Le principal producteur de pétrole et de gaz indien, ONGC, a évacué quelque 500 employés de plateformes en mer.

Les services météorologiques indiens ont averti du risque de « destruction totale » pour les maisons aux toits de chaume, ainsi que d'inondations et de dommages pour les récoltes.

Plus de 3000 centres d'accueil ont été mis en place dans des écoles et bâtiments publics. Les autorités se tiennent prêtes à larguer plus de 100 000 paquets de nourriture déshydratée si nécessaire.

Au Bangladesh plus de 4000 abris anticycloniques ont été ouverts, selon un responsable des secours, Mohammad Hashim.

Des dizaines de personnes soulèvent une barque pour l'éloigner de la rive.

Des pêcheurs de Puri déplaçaient encore leurs bateaux jeudi, quelques heures avant que Fani ne frappe la côte.

Photo : Getty Images / AFP/DIBYANGSHU SARKAR

Des résidents ignorent les ordres d'évacuation

Dans la ville indienne de Puri, quelques milliers d'habitants ont ignoré les ordres d'évacuation. Certains sont allés s'abriter dans des écoles ou des hôtels.

Nous allons juste rester pour la journée, jusqu'à ce que le cyclone soit passé.

Krishna Chandra Sahu, 43 ans, installé dans un hôtel avec sept membres de sa famille

L'est et le sud-est de l'Inde sont régulièrement balayés par des tempêtes tropicales entre avril et décembre.

En octobre, environ 300 000 personnes avaient été évacuées dans les districts côtiers de l'Odisha frappés par le cyclone Titli, qui avait fait au moins deux morts.

En 2017, quelque 250 personnes avaient été tuées et plus de 600 avaient disparu au moment du passage du cyclone Ockhi dans le Tamil Nadu et le Kerala.

Outre les 10 000 personnes tuées, le cyclone de 1999 avait provoqué des dommages évalués à 4,5 milliards de dollars.

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