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DPJ : des délais de traitement en forte hausse au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord

Des jouets dans un bac à sable pour illustrer la maltraitance envers les enfants

Plusieurs plaident pour une réforme de la Direction de la protection de la jeunesse

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que les centres jeunesse de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine affichent un temps moyen d'attente à l'évaluation très bas comparativement au reste de la province, les temps d'attente moyens au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, eux, sont en nette hausse depuis quelques années, selon les chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Depuis trois ans, le délai moyen à l’évaluation en protection de la jeunesse est passé d’environ 13 jours à 21 jours au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord.

En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, les statistiques sont beaucoup plus positives : la moyenne est passée de 17 jours en 2016-2017 à 8 jours en 2018-2019.

Il s'agit de la meilleure moyenne parmi les régions du Québec.

La moyenne provinciale est passée de 17 jours à 26 jours dans les dernières années, alors que la cible du ministère de la Santé et des Services Sociaux est de 12 jours d’attente.

Cela dit, les équipes en place pour l’évaluation assurent pouvoir répondre à toutes les situations demandant une intervention immédiate.

Dès [que la situation d'un enfant] est retenue au signalement et qu’on doit intervenir dans les 24 ou 48 heures, l’intervention est faite.

Une citation de : Marlene Gallagher, directrice de la Protection de la jeunesse et directrice provinciale pour la région de la Côte-Nord
Marlene Gallagher, directrice de la Protection de la jeunesse et directrice provinciale pour la région de la Côte-Nord

Marlene Gallagher, directrice de la Protection de la jeunesse et directrice provinciale pour la région de la Côte-Nord

Photo : Radio-Canada

Quand on parle d’enfants qui sont en liste d’attente, ce sont des enfants qu’on nomme dans une catégorie d’une cote trois, et qu’on devrait aller voir plus rapidement, mais compte tenu des listes d’attente, il est difficile de respecter ce délai-là , déplore-t-elle toutefois.

Plus de signalements, manque de personnel

Au Bas-Saint-Laurent tout comme sur la Côte-Nord, la DPJ explique la hausse du délai d’attente pour l’évaluation des enfants qui ont fait l’objet de signalements par le manque de personnel, mais aussi par la hausse du nombre de signalements reçus.

Selon des données provisoires, Anne Duret, à la DPJ du Bas-Saint-Laurent, estime que 460 signalements de plus ont déjà été comptabilisés cette année, par rapport aux années précédentes.

De son côté, Marlene Gallagher rappelle que l’an dernier, le nombre de signalements était en hausse de 12 % sur la Côte-Nord.

Chaque jour, on a dix situations d’enfants qui nous ont été signalées, indique-t-elle.

Dans le secteur de l’évaluation et de l’orientation des signalements à la DPJ de la Côte-Nord, 60 % de postes auraient été non pourvus ou non remplacés dans les derniers mois, depuis le mois de novembre. Une situation surtout vécue dans le secteur de Sept-Îles.

Des jouets dans les tiroirs d'un meuble.

Des jouets dans les tiroirs d'un meuble.

Photo : iStock / Image Source

Bien que le défi de recrutement soit constant, Marlene Gallagher se réjouit de l’arrivée de relèves, avec la fin de la session universitaire. D’anciens stagiaires ont notamment été engagés, comblant de nombreux besoins.

Les directions de la Protection de la jeunesse du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord disent avoir ajouté des ressources surnuméraires, et saluent également l’entraide très présente entre les différents services de la province pour accélérer le traitement des signalements moins urgents.

Des employés bouleversés

La mort d'une fillette de sept ans à Granby, qui était connue des services de la DPJ, a beaucoup ébranlé les travailleurs de la Protection de la jeunesse, estiment les directrices de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent.

Anne Duret se dit très préoccupée par l’état de son personnel actuellement :

C’est un drame pour toute la population, imaginez-vous comment ça peut être un drame aussi pour le personnel qui, quotidiennement, est dans les services de protection à la jeunesse, fait valoir Anne Duret.

Anne Duret, directrice de la Protection de la jeunesse du Bas-Saint-Laurent

Anne Duret, directrice de la Protection de la jeunesse du Bas-Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada

Ça nous ramène à notre grande responsabilité, à la gestion du risque auquel on fait face.

Une citation de : Anne Duret, directrice de la Protection jeunesse et du Programme jeunesse au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Les deux directrices estiment qu’il y a toujours place à l'amélioration dans les services offerts aux enfants et se disent ouvertes à travailler avec le gouvernement dans l’éventualité où une réforme de la DPJ aurait lieu.

Anne Duret croit toutefois que l’ensemble du tissu social est important à évaluer pour protéger les enfants, et que l’ensemble des services de première ligne, la détection et le dépistage de situations problématiques, par exemple, devraient être renforcés.

On ne peut pas simplement juste parler d’une réforme de la DPJ, mais il faut avoir une vision beaucoup plus large parce que les enfants reçoivent des services depuis tout petits, […] à mon avis ça prend une vision un peu plus transversale, estime Mme Duret.

La classe politique aussi ébranlée

Le chef par intérim du Parti québécois et député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, demande aux autorités de trouver rapidement des moyens pour corriger la faille dans le système qui n’a pas permis de protéger la fillette.

Nous ne réussissons pas à protéger les enfants vulnérables de notre nation. Il faudra aller beaucoup plus loin, a-t-il dit à ses collègues de l’Assemblée nationale.

Le premier ministre François Legault assure qu'une enquête publique sera ouverte pour déterminer la cause du décès de la petite fille à Granby et rappelle que le directeur général de la DPJ de l'Estrie a été suspendu.

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