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La pêche au homard commence et des usines manquent de main-d’oeuvre

Des pêcheurs de homard d'Escuminac au Nouveau-Brunswick ont entrepris leur saison vendredi matin.

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

Radio-Canada

Tandis que des pêcheurs de homard prennent la mer pour entamer leur saison de pêche dans le sud du golfe du Saint-Laurent, de nouvelles exigences d'Immigration Canada compliquent l'embauche de travailleurs étrangers dans les usines des Maritimes.

Après la traditionnelle bénédiction des bateaux, vendredi matin, les homardiers de la zone 23 D (de Neguac à Escuminac) se sont élancés pour aller déposer leurs casiers au fond de l'eau. Ceux de Dalhousie à Petit Shippagan pourront prendre la mer samedi matin et le reste des pêcheurs de la zone 23 (de Miscou à Tabusintac), dimanche matin.

Le début de la pêche dans plusieurs zones des Maritimes a été retardé à cause de l'abondance des glaces dans les ports et en mer, ainsi que les forts vents en début de semaine. Le ministère des Pêches et des Océans prévient les pêcheurs que les glaces abondantes peuvent avoir retardé l'installation d'aides à la navigation et qu'ils doivent donc naviguer avec précaution.

Deux pêcheurs déposent des casiers de pêche au homard sur le pont d'un bateau.

Des pêcheurs chargent leurs casiers à bord d'un bateau à Escuminac, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Pierre A. Richard

Cette année encore, les pêcheurs s'attendent à des prises abondantes.

Ils débarqueront leurs premières prises dans les prochains jours. Certains homards seront vendus vivants, mais la plupart prendront la direction des usines de transformation.

Des travailleurs étrangers bloqués

Les usines sont fin prêtes à démarrer leurs activités, mais un problème imprévu complique les choses cette année.

Des travailleuses dans une usine décortique du homard

Les usines de transformation de produits marins dans les Maritimes emploient des milliers de personnes, pour la majorité des Acadiens.

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

Le gouvernement fédéral met des bâtons dans les roues des usines et complique l'arrivée des travailleurs étrangers, selon le propriétaire de l’entreprise North Nova Seafoods, Paul Logan, en Nouvelle-Écosse.

Des dizaines de travailleurs étrangers n'ont toujours pas obtenu leur permis pour être présents en ce début de la pêche printanière. Et au moins une douzaine de demandes ont été refusées.

La raison? Immigration Canada a mis en place depuis janvier un nouveau système d'informations biométriques partagées avec les États-Unis pour les demandeurs de permis de visite, de travail ou de résidence permanente.

Selon des documents obtenus par CBC, des candidats ayant omis de déclarer que les États-Unis leur avaient refusé un visa dans le passé se sont vu interdire l'accès au Canada pour manque d'honnêteté. Le phénomène touche des candidats d'origine mexicaine, mais non exclusivement.

Et ces retards et complications surviennent au pire moment possible. « C'est loin d'être idéal d'entamer comme ça le [sommet] de la production, qui est la saison de pêche de printemps, avec des effectifs réduits », affirme le gestionnaire de l’entreprise Pêcheries Westmorland, Nathanaël Richard, qui est membre de l'Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.

Quand on est en début de saison et que les débarquements sont à leur plus fort, si plutôt que d'avoir 400 ou 300 personnes vous en avez 50 de moins, c'est sûr que c'est très compliqué, souligne M. Richard.

Si certains de ces travailleurs-là nous arrivent en plein coeur de l'été, ils auront manqué la pêche du printemps. C'est pour ça que la situation est aussi urgente qu'elle l'est en ce moment.

Nathanaël Richard, gestionnaire de l’entreprise Pêcheries Westmorland

Et les conséquences sont importantes, ajoute-t-il.

C'est sûr que ça peut dans certains cas réduire la capacité de transformation d'une usine. Ça peut nous forcer à choisir des productions plus simples, selon la sévérité du problème. Je ne veux pas laisser entendre que ça met à risque la production, mais c'est sûr que c'est extrêmement embêtant, explique Nathanaël Richard.

Nathanaël Richard en entrevue devant des bateaux de pêche

Les nouvelles exigences d'Immigration Canada en matière d'embauche de travailleurs étrangers temporaires compliquent le fonctionnement des transformateurs de produits marins, explique Nathanaël Richard, des Pêcheries Westmorland.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

De plus, le manque de personnel met davantage de pression sur les travailleurs en place. Ça vient s’ajouter à des pénuries chroniques qu'on a dans le secteur de la transformation, déplore M. Richard.

L'apport des travailleurs étrangers est de plus en plus indispensable au secteur de la transformation. Ces derniers constituent jusqu'à 50 % de la main-d'oeuvre de ces usines.

Sans les travailleurs étrangers temporaires, explique Paul Logan, il n'y aurait tout simplement pas de travail pour les travailleurs locaux, parce qu'ils ne sont pas assez nombreux pour faire fonctionner l'usine.

L’une des usines de l'entreprise Aquashell en Nouvelle-Écosse n'a tout simplement pas pu produire en avril parce que 11 de ses 30 travailleurs étrangers mexicains n'avaient pas obtenu leur permis de travail.

Avec des renseignements de Fannie Bussières McNicoll et de Paul Withers, de CBC

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches