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Direction du Parti libéral du Québec : Gaétan Barrette en réflexion

Plan rapproché de Gaétan Barrette en point de presse.

Le style de gestion autoritaire de Gaétan Barrette a marqué l'imaginaire.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Martine Biron

Même s'il a dit publiquement que ce n'était pas dans ses plans, l'ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette réfléchit à la possibilité de se lancer dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), selon ce qu'a appris Radio-Canada.

La décision du député libéral André Fortin de ne pas se présenter à la direction du PLQ a complètement brouillé les cartes. Les nombreux députés qui l’appuyaient au sein du caucus, et qui sont devenus instantanément orphelins, se sont retournés vers l’ex-ministre Pierre Moreau, qui continue de cultiver l’ambiguïté. Mais s’il décidait de ne pas se présenter à la succession de Philippe Couillard, l’ex-ministre Barrette pourrait tenter sa chance.

C’est un secret de polichinelle que Gaétan Barrette s’ennuie depuis qu’il est dans l’opposition. Il sait qu’il n’est pas le candidat de l’establishment libéral, mais il sait aussi que les nouvelles règles du parti pour cette course à la chefferie, qui donnent plus de pouvoir aux simples militants, pourraient favoriser une candidature comme la sienne.

M. Barrette est né à La Tuque, il a longtemps travaillé à Sherbrooke et sa belle-famille est installée à Duparquet, en Abitibi-Témiscamingue; certains pensent donc que ses accointances avec les régions lui permettraient de relever le défi de rallier l’électorat francophone.

Selon nos sources, au moins deux députés qui souhaitent la candidature de Pierre Moreau affirment que Gaétan Barrette serait leur deuxième choix. Selon l’un d’eux, le député de La Pinière sait galvaniser les foules. Il est populaire, c’est un bon communicateur et il a un bon sens de l’humour. Lors d’assemblées partisanes, c’est généralement le dernier à partir: il parle à tout le monde.

Mais Gaétan Barrette traîne aussi avec lui des casseroles. Son style de gestion autoritaire a marqué l’imaginaire. La perception générale est qu’il est arrogant et intransigeant.

Certains libéraux lui imputent d’ailleurs une part de responsabilité dans la défaite du parti en octobre dernier. C’est d’ailleurs ce qui refroidit plusieurs membres du caucus, qui reconnaissent tout de même son intelligence et sa pugnacité.

Des proches précisent que, s’il décide de se présenter à la chefferie, le candidat Barrette devra nécessairement recadrer son image. Le gouvernement de la CAQ, indique-t-on en coulisse, n’a pas changé une virgule dans les réformes de l’ancien ministre libéral, ce qui est un bon point pour lui. Mais en revanche, son attitude dictatoriale lui nuit et il devra s’atteler sérieusement à changer les perceptions.

Le nom de Gaétan Barrette émerge à un moment où le parti peine à recruter des candidatures de prestige. À 62 ans, l’énergique député a envie de faire la tournée des petits bleds du Québec et d’en découdre avec le très populaire François Legault. S’il ne réussissait pas en 2022 et que la CAQ obtenait un deuxième mandat, il pourrait facilement laisser sa place à un plus jeune. Il aurait alors 66 ans, à peine un an de plus que le premier ministre Legault.

La décision de Moreau : la clé

Pour que Gaétan Barrette fasse le saut, il faudrait que Pierre Moreau se désiste de nouveau. Pour l’instant, l’ancien ministre étoile du gouvernement Couillard, qui ne siège pas à l’Assemblée nationale, n’a pas fermé la porte. Il est d’ailleurs intensément courtisé par les bonzes du parti pour qu’il revienne sur sa décision.

Les discussions de corridor lors du conseil général du PLQ, qui aura lieu ce week-end à Drummondville, devraient donner le ton pour la suite des choses. D'autant que d’autres candidats sont sur la ligne de départ.

L’ex-ministre de l’Économie Dominique Anglade veut briguer la direction du parti et a déjà mis sur pied une petite équipe de campagne. Au sein du parti, on lui reconnaît ses contacts dans le milieu des affaires de la métropole, mais plusieurs ont des réserves sur ses capacités à rassembler en région.

On peut aussi penser que la jeune et ambitieuse députée Marwah Rizqy tentera également sa chance, ce qui lui permettrait surtout de se faire connaître.

Mais ultimement, c’est la décision de Pierre Moreau que les libéraux attendent ce week-end, car elle aura un impact sur l’avenir de tous les prétendants au trône. Et même sur le parti, qui rêve d’un candidat sauveur.

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