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David Milgaard demande la création d’un organe indépendant pour les convictions injustifiées

David Milgaard le jour de sa libération, le 16 avril 1992

David Milgaard a été libéré le 16 avril 1992, après avoir passé 23 ans en prison pour un crime qu'il n'a pas commis.

Photo : Radio-Canada / Archives

Radio-Canada

David Milgaard, un Manitobain qui a passé 23 ans derrière les barreaux pour un meurtre qu'il n'a pas commis, exige la création d'un organe indépendant chargé d'examiner les cas de condamnations injustifiées.

Il sera à Winnipeg le 5 mai pour parler de ce qu'il a vécu et de sa vision de la justice canadienne.

« On est condamné à tort de la pire des façons et, ensuite, un système à l’intérieur du système qui nous a condamné est censé nous faire sortir. Et encore faut-il qu'on puisse produire quelque chose qui prouve son innocence », explique-t-il.

David Milgaard, qui a été condamné à l’âge de 17 ans, en 1970, estime que la justice avait tous les éléments pour déterminer la culpabilité de Larry Fisher, lequel a finalement été reconnu coupable, en 1999, du meurtre de Gail Miller.

La justice avait les informations. J’aurais pu être libéré à l’âge de 17 ans.

David Milgaard

Sa visite survient alors que l’affaire d'un autre Manitobain, Kyle Unger, acquitté à la suite d’une conviction injustifiée, a récemment refait surface. Après avoir passé, à tort, 14 ans derrière les barreaux pour meurtre, Unger concluait une entente à l'amiable avec le gouvernement du Manitoba lundi.

Celui qui inquiète David Milgaard et plusieurs avocats, c’est le procureur de la Couronne qui travaillait sur le dossier de Kyle Unger : George Dangerfield. Ce dernier s'était également penché sur les dossiers de trois autres Manitobains qui ont passé des années en prison et dont les condamnations ont ensuite été annulées.

Des erreurs judiciaires

Parmi eux figure Frank Ostrowski. L'an dernier, après 23 ans derrière les barreaux, sa condamnation pour homicide a été annulée. Il entend maintenant poursuivre, comme Kyle Unger, le gouvernement manitobain pour obtenir une réparation financière.

C'est pour éviter d'autres cas comme ceux de Frank Ostrowski, de Kyle Unger et le sien que David Milgaard souhaite qu'une commission permanente fédérale soit mise en place pour réviser les allégations de condamnation injustifiées.

« Il faut sortir ces enquêtes des mains des employés du système judiciaire. Pendant 30 ans, nous avons eu enquête sur enquête », affirme-t-il.

« Elles ne mènent à rien. Il faut que de nombreux juges demandent un véritable organe indépendant de révision », ajoute-t-il.

Il espère qu’un tel organisme ferait davantage preuve « d’indépendance, d'intégrité, de professionnalisme, de responsabilité et de transparence » que le système judiciaire actuel auquel il avoue ne plus faire totalement confiance.

Il n'a pas été possible d'obtenir la version du procureur à la retraite George Dangerfield pour cette affaire.

Avec des informations de Patrick Foucault

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