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  • Jean Vanier : une vie consacrée aux déficients intellectuels

    Aujourd'hui, 1967
    Radio-Canada

    Le 7 mai 2019 est décédé Jean Vanier, le père des communautés de L'Arche. Jean Vanier a passé la majeure partie de sa vie à favoriser l'inclusion des personnes marginalisées par leur handicap. Durant sa longue carrière, il a fait l'objet de plusieurs reportages de nos journalistes. Portrait de ce grand humaniste.

    D’origine canadienne, Jean Vanier est le fils de Georges Vanier, ex-gouverneur général du Canada. Il a effectué son service militaire en Grande-Bretagne et au Canada. Titulaire d’un doctorat en philosophie, il a enseigné cette discipline à l’Université de Toronto.

    Apprendre des déficients intellectuels

    En 1967, Jean Vanier accorde une entrevue dans le cadre de l’émission Aujourd’hui. Il explique pourquoi il s’est intéressé au sort des déficients intellectuels.

    Après son service militaire, il découvre la situation dramatique des pauvres et des handicapés.

    Dans les années 60, les personnes nées avec un handicap intellectuel sont parfois enfermées pour la vie dans des hospices. C’est cette profonde injustice des institutions qui amène Jean Vanier à créer les communautés de L’Arche.

    J’ai vu de ces hospices où il y avait parfois des centaines de déficients mentaux qui ne faisaient rien de toute la journée dans une sorte de tristesse [...] Et puis, la découverte en même temps qu’il pouvait y avoir des capacités extraordinaires de joie.

    Jean Vanier, fondateur des communautés de L’Arche

    Il souhaite que les gens aux prises avec des handicaps puissent participer à la vie communautaire et s’épanouir dans un environnement sécuritaire. Il aspire à créer des lieux de vie chaleureux.

    Jean Vanier a profondément contribué à changer le regard que nous portons sur les déficients intellectuels. En parlant des handicapés, le fondateur de L’Arche déclare :

    On voit chez eux toutes sortes de qualités que nous n’avons pas. Dans notre société, on devient très sérieux. Étant sans soucis, ils peuvent vivre la vie. Ils vivent d’une façon profonde l’instant présent. [...] Nous apprenons beaucoup d’eux.

    Jean Vanier, fondateur des communautés de L’Arche

    Sortir les handicapés intellectuels des institutions

    Téléjournal, 1er mai 2018

    En 2018, alors âgé de 89 ans, Jean Vanier reçoit chez lui le journaliste Maxence Bilodeau. Dans un reportage du Téléjournal contenant de nombreuses images d’archives, le reporter décrit le parcours du père de L’Arche.

    L’aventure commence à Trosly-Breuil, en France, en 1964. Jean Vanier y achète une maison très modeste et décide d’y habiter avec deux hommes atteints de déficience, Raphaël et Philippe. Il baptise la maison « L’Arche ». Très rapidement, l’aide arrive de tout le village de Trosly-Breuil, qui accepte en ses terres les nouveaux venus.

    L’idée de départ est d’intégrer des handicapés, qui n’avaient que pour tout destin l’asile, à des villages existants.

    Il existe aujourd’hui quelque 150 communautés de L’Arche, réparties dans 37 pays. Le Canada en compte près de 30.

    Ardent catholique, Jean Vanier confie à Maxence Bilodeau qu’il n’est pas inquiet devant la mort, puisqu’il a le sentiment profond d’être aimé de Dieu. Philosophe, il termine l’entrevue en disant : Pourquoi s’inquiéter? De toute façon, on y va, qu’on s’inquiète ou qu’on ne s’inquiète pas.

    Par son désir intense de justice, il a contribué à la fermeture de nombreuses institutions psychiatriques où des handicapés étaient enfermés en France, au Canada et ailleurs dans le monde. Durant les 50 dernières années, des milliers d’adultes handicapés intellectuels ont pu vivre une vie dans la dignité grâce à l’œuvre de Jean Vanier.

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