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Le président des États-Unis Donald Trump.

Le procureur général des États-Unis, William Barr, a conclu que rien dans le rapport Mueller ne lui permettait de poursuivre criminellement le président Donald Trump.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Christian Latreille

Les démocrates en ont rêvé jour et nuit durant près de deux ans. Les anti-Trump voyaient dans le rapport Mueller la voie royale vers la destitution du président. Mais ça ne s'est pas passé ainsi. L'impatience et l'agressivité des sénateurs démocrates, mercredi, face au procureur général traduisaient leur impuissance. Ces derniers avaient des airs de boxeurs encore sonnés.

Robert Mueller avait tous les pouvoirs en main pour accuser Donald Trump d’entraves à la justice. Il ne l’a pas fait. Pourtant, dans son rapport de 448 pages, le procureur spécial décrit avec force et détails une dizaine de scénarios où le chef de la Maison-Blanche a posé des gestes dans le but de mettre fin à l’enquête.

Mueller a préféré laisser la décision finale entre les mains de son bon ami William Barr, procureur général des États-Unis. Barr a conclu que rien dans ce rapport ne lui permettait de poursuivre criminellement Donald Trump. Les démocrates y voient un manque de courage; les républicains, la preuve que leur président est innocent.

Sur le plan politique, les suites du rapport Mueller ne font qu'alimenter la colère et la frustration des élus démocrates qui ont perdu leur principal cheval de bataille. Ils ont beau tourner le rapport dans tous les sens, ses conclusions, ou l’absence de conclusion, les privent de munitions. Pire, les derniers sondages révèlent qu’une majorité d’Américains s’opposent à une tentative de destitution du président Trump.

Le rapport du procureur spécial doit-il pour autant être enterré? La leader démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a indiqué à plusieurs reprises que les Américains en avaient assez d’entendre parler du rapport Mueller. Elle s’oppose, pour l’instant, à toute tentative « d’impeachment » qui, sans l’appui des républicains, risque d’être un coup d’épée dans l’eau.

Mme Pelosi se dit plutôt prête à travailler avec le président Trump sur un projet de réfection des infrastructures aux États-Unis. Son sourire et son enthousiasme à la sortie de la Maison-Blanche, mardi, après une rencontre sur le sujet avec Donald Trump, ont dû exaspérer certains de ses collègues toujours en guerre contre le président.

Le rapport du procureur spécial risque donc de terminer ses jours sur une tablette au département de la Justice. Si après 22 mois d’enquête Robert Mueller n’a pu conclure fermement que Donald Trump avait entravé la justice, à quoi bon pour les démocrates de s’y référer constamment. Ce qui devrait être leur arme de destruction massive est devenu un pétard mouillé.

Cependant, les problèmes juridiques de Donald Trump ne sont pas terminés pour autant. Robert Mueller a transmis 14 enquêtes à différentes instances judiciaires. Sans compter les nombreuses assignations à produire des éléments de preuve demandées par les différents comités de la Chambre pour en savoir plus sur les affaires et finances personnelles du président.

Les démocrates devront choisir leurs batailles contre ce président téflon, et celles de la collusion avec les Russes et d’entrave à la justice ne mènent nulle part.

Le rapport Mueller les aura donc fait rêver durant de longs mois, mais la réalité les a rattrapés. Le président Trump en ressort innocenté par le procureur général William Barr. Les démocrates semblent tout simplement encore incapables d’y croire. Ils devront pourtant, un jour, oublier ce mauvais rêve.

Christian Latreille est correspondant à Washington pour Radio-Canada

Donald Trump, président des États-Unis

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