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Petite souris devenue courageuse

Une souris de laboratoire.
Dans les tests d’interactions sociales, les souris génétiquement modifiées étaient nettement plus sociables que celles du groupe témoin. Photo: iStock / sidsnapper
Alain Labelle

Une mutation génétique récemment découverte par des scientifiques finlandais réduit la peur et l'anxiété, et accroît l'interaction sociale chez la souris.

Le généticien Heikki Tanila et ses collègues de l’Université de l'est de la Finlande ont utilisé une technique de manipulation génétique pour retirer le gène P4h-tm du génome de rongeurs et ont observé un changement inattendu dans leurs comportements.

Qu’est-ce qu’une mutation génétique?

C’est une modification (accidentelle ou provoquée) de l'information de la séquence d'ADN d'un gène dans le génome d’un animal.

Comportements revus et corrigés

Les souris auxquelles on avait enlevé le P4h-tm ont fait preuve d'un plus grand courage et n’ont pas montré d’impuissance apprise, contrairement à leurs congénères dont ce gène était demeuré fonctionnel. L’impuissance apprise est un sentiment d'impuissance permanente et générale qui résulte du vécu d'un animal.

L’équipe de recherche a d’abord évalué les souris au moyen d'une batterie de tests comportementaux qui comprenait un nouveau type d’expérience mesurant leur réaction de panique.

Les rongeurs ont été placés dans une boîte hermétique qui a d'abord été remplie d'air ambiant, puis de gaz carbonique à 10 %.

Une concentration élevée de gaz carbonique induit une réaction innée qui ressemble à une sensation de suffocation chez les animaux (les humains aussi) et peut mener à des crises de panique.

Dans l’expérience, les souris auxquelles le gène P4h-tm avait été soustrait se figeaient beaucoup moins que les souris témoins en réponse à l'exposition au gaz.

Dans les tests d’interactions sociales, les souris génétiquement modifiées étaient nettement plus sociables que celles du groupe témoin.

De plus, ces travaux ont montré un lien entre l'anatomie du cerveau et un phénotype comportemental : l'expression du gène P4h-tm est particulièrement élevée dans l'amygdale, une structure cérébrale qui joue un rôle clé dans le contrôle des réactions émotionnelles, notamment la peur et l'anxiété.

Le saviez-vous?

  • Environ 12 % des Canadiens sont atteints de troubles anxieux.
  • Les femmes ont deux fois plus de risques d'en être atteintes que les hommes.
  • L’Organisation mondiale de la santé estime que 300 millions d’humains souffrent de troubles anxieux, et autant souffrent de dépression.

Chez l’humain

Si l'effet du gène P4h-tm sur les réactions émotionnelles des souris est maintenant observé, une application thérapeutique chez l’humain n’est pas pour demain.

Ces travaux pourraient quand même conduire à la découverte de mécanismes neurochimiques qui régulent les émotions chez l’humain, et éventuellement permettre de mettre au point de nouveaux antidépresseurs et anxiolytiques.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Neuropharmacology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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Génétique

Science