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La ville de Bracebridge sous les inondations.

L’avertissement de pluie a finalement été levé mercredi soir.

Photo : Radio-Canada / Camille Feireisen

Camille Feireisen

La situation semble se stabiliser à Bracebridge, où a été décrété l'état d'urgence il y a une semaine, à la suite d'inondations records. Mais la ville demeure en état d'alerte et les résidents devront encore s'armer de patience au cours des prochains jours.

Le maire de Bracebridge, Graydon Smith a tenu un point de presse jeudi à 11 h 30 à l’hôtel de ville. La situation s’améliore, mais s’en remettre prendra certainement plus de temps que l’événement lui-même, a-t-il annoncé d’entrée de jeu.

Photo d'un homme portant un chandail gris se tenant debout devant un micro

Le maire de Bracebridge, Graydon Smith

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Alors qu’Environnement Canada prévoyait le pire, avec des prévisions jusqu’à 40 mm de pluies dans certaines régions d’ici jeudi matin, l’avertissement de pluie a finalement été levé mercredi vers 20 h.

Le bras nord de la rivière Muskoka poursuit sa progression vers le bras sud, mais les niveaux des eaux se sont stabilisés, a précisé le maire. Le niveau du lac Muskoka a également arrêté de croître. Pour revenir à la normale, cela prendra cependant au moins une semaine supplémentaire.

Les zones inondées risquent aussi de le rester encore un certain temps, a rappelé le maire Smith, ajoutant que les autorités continuent de contrôler le débit de l’eau sur le bras nord de la rivière Muskoka.

Je rappelle qu’il est interdit de naviguer dans ces zones inondées, sauf pour les résidents qui doivent se rendre à leur propriété et ceux qui travaillent

Graydon Smith, maire de Bracebridge

L’unité marine et la Police provinciale de l’Ontario continuent d’ailleurs de patrouiller. Au total, 15 routes sont encore fermées, cinq sont inondées et 14 ont rouvert.

Mercredi soir, une centaine de soldats et réservistes a quitté la région pour se rendre du côté d’Ottawa, également en prise avec des crues printanières. Il reste encore 119 soldats à Bracebridge, qui maintient son état d’urgence, contrairement à Huntsville qui l’a levé mercredi et fin d’après-midi. Les militaires évaluent les rivages et les maisons qui ont été touchés par les inondations, a précisé le maire.

Des inondations à répétition

À 74 ans, Claude Bélanger vit sa cinquième inondation dans la région, depuis qu’il a acheté sa maison sur la route Moose en 2003. Mais selon lui, celle-ci est la pire. Je n’avais jamais vu l’eau monter si vite, à certains endroits c’était dix pouces en très peu de temps, raconte-t-il.

Le Québécois d’origine s’est fait amputer d’une jambe l’automne dernier et se déplace depuis en fauteuil roulant. Il a donc fini par appeler le 9-1-1 samedi dernier, afin que les pompiers viennent le chercher, craignant de ne plus être capable de sortir de sa maison au fur et à mesure que l’eau montait aux alentours.

La Croix-Rouge le loge depuis dans un hôtel des environs et son assurance devra ensuite prendre le relais si c’est nécessaire. Il ne craint pas trop pour ses biens, comme sa maison se trouve en hauteur, mais dans son secteur il n’y a plus d’électricité et il est impossible de se déplacer.

J’ai appelé mon ami Jean-Guy qui vit près de chez moi, il m’a dit qu’il avait dû tout jeter à la poubelle, que ça puait chez lui, à cause du frigidaire qui a été débranché

Claude Bélanger, habitant de Bracebridge

Sauver sa maison, coûte que coûte

Pour d’autres, c’est la course contre la montre afin de retirer l’eau. Sandy McCurdy vit à côté de la rivière Muskoka, qui est totalement sortie de son lit et déborde sur les routes avoisinantes. Cela fait plus d’une semaine qu’elle dort à peine pour s’assurer que les pompes continuent de retirer l’eau de sa demeure.

Une femme répond au micro de Radio-Canada devant les crues et les sacs de sable.

Sandy McCurdy tente depuis une semaine de sauver sa maison des crues.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cottin

Sa maison est complètement entourée d’eau. À un point tel, que les sacs de sable autour de sa maison forment un bol dans lequel, au centre, se trouve la maison.

Nous devons sauver notre maison, c’est ce que nous allons faire.

Sandy McCurdy, habitante de

Nous contrôlons la situation jusqu’à maintenant. Nous avons une équipe extraordinaire qui vient ici et surveille la montée des eaux 24 h sur 24. Si nous n’avions pas d’amis, nous serions sous l’eau, dit-elle, les larmes aux yeux.

Des inondations prévisibles?

Le maire de Muskoka Lakes, Phil Harding, est aussi touchéepar les inondations. Il estime que c’est le moment pour les autorités provinciales d’agir sur la durée et de prendre en compte les changements climatiques. Il pense que le gouvernement devrait revoir sa méthode de gestion des bassins versants. Selon lui, le plan de gestion du bassin versant de Muskoka n’a pas été mis à jour depuis 2006.

Ça devient quelque chose d’habituel alors faisons quelque chose, trouver une stratégie. Je demande au premier ministre de me rencontrer cette semaine, je sais que M. Ford sera là à Muskoka cette semaine pour une conférence et je veux le rencontrer pour qu’on s’assoie ensemble et qu’on trouve une solution pour que ça ne se reproduise plus, dit-il.

Le maire de Bracebridge Graydon Smith a, pour sa part, dit qu’il avait parlé avec Doug Ford mercredi, et que celui-ci s’est enquis de la situation sur place. Pour le moment, notre urgence est ici, nous aurons le temps de parler à la province plus tard sur ce qui pourra être fait, a-t-il dit en point de presse jeudi.

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