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Sept-Îles, toujours au sommet des villes où il faut gagner plus pour vivre décemment

L'hôtel de ville de Sept-Îles en hiver

L'hôtel de ville de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada

Encore cette année, Sept-Îles se retrouve au sommet des villes où il est le plus difficile de vivre de manière décente avec un petit revenu, selon une étude rendue publique aujourd'hui par l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).

Pour arriver à ce résultat, l’IRIS utilise l’indicateur de revenu viable, qu’il collige depuis 2015, dans sept grandes municipalités de la province : Montréal, Québec, Sept-Îles, Trois-Rivières, Saguenay, Gatineau et Sherbrooke.

Celui-ci cherche à évaluer les revenus nécessaires pour qu’une personne ait les moyens de faire une sortie effective de la pauvreté.

Philippe Hurteau, l’auteur principal de l’étude, croit que d’autres villes qui ne sont pas analysées dans l'étude pourraient être dans des situations similaires, notamment en Abitibi ou ailleurs sur la Côte-Nord.

Ce n’est pas la première année où Sept-Îles se classe première dans la liste. Chaque année, Sept-Îles est l’endroit où les gens ont besoin du plus de ressources pour se sortir de la pauvreté, explique-t-il.

Le coût du transport

Philippe Hurteau montre principalement du doigt le transport pour expliquer la place de Sept-Îles dans ce palmarès du coût de la vie.

Une personne qui habite dans les quartiers centraux à Montréal, Québec ou Trois-Rivières peut se déplacer en autobus, en métro, en transport collectif de manière efficace, explique M. Hurteau. Ainsi, le coût de son transport pour l’année pourrait être estimé à environ 1000 $.

À Sept-Îles, on est assez dépendant de l’automobile. Donc pour être capable de se déplacer de manière convenable et efficace, les gens doivent acquérir une automobile, compare l’auteur de la version 2019 du rapport, qui estime que ce mode de transport coûte en moyenne 6000 $ par année.

L’alimentation coûte également plus cher, mais M. Hurteau insiste sur le fait que c’est le transport qui explique la part du lion de la différence entre Sept-Îles et les autres villes.

Et y a-t-il un lien entre les grands salaires que touchent beaucoup de travailleurs à Sept-Îles et la difficulté que peuvent avoir les familles plus pauvres?

M. Hurteau suggère que le fait que de nombreux citoyens ont les moyens de se déplacer uniquement en voiture pourrait vouloir dire que moins de pression est exercée sur les autorités pour que se développe un système de transport moins dispendieux.

Ce genre de réalité là a un impact sur les politiques qui souvent répondent à la pression et aux demandes qui viennent de leurs différents électeurs, explique le chercheur.

Sortir de la pauvreté plutôt que de vivre sur son seuil

L’IRIS utilise l’indicateur de revenu viable plutôt qu’un autre, comme la mesure du panier de consommation (MPC), pour évaluer les revenus nécessaires pour une sortie effective de la pauvreté.

La MPC calcule uniquement les besoins de base, combien ça coûte se payer le minimum. Mais quand on se paye uniquement le minimum et l’essentiel, on n’est pas nécessairement sorti de la pauvreté, explique Philippe Hurteau.

Pour le chercheur, le principal chercheur de l’étude, cette sortie effective de la pauvreté se résume assez simplement : C’est le moment à partir duquel les gens ont une marge de manœuvre pour pouvoir faire des choix.

Concrètement, ça peut vouloir dire pouvoir aller au restaurant une fois par mois entre amis, ou la capacité d’aller quelques jours en camping en vacance en famille.

Une citation de Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS

Pour M. Hurteau, il faut aussi pouvoir rembourser ses dettes et idéalement pouvoir épargner. Si j’ai un revenu qui me permet de vivre relativement décemment, mais que je suis incapable de mettre de l’argent de côté pour ma retraite, je sais que ce qui m’attend dans 30 ans, c’est la pauvreté, dit-il.

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