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Infrastructures scolaires insuffisantes : enjeu électoral pour les francophones

Pancarte du Conseil scolaire francophone provincial.

Trois des écoles du Conseil scolaire francophone provincial ont besoin de majeures améliorations d'infrastructures.

Photo : Gracieuseté

Patrick Butler

L'amélioration des infrastructures scolaires est un enjeu électoral chez les francophones à Terre-Neuve-et-Labrador. Selon le Conseil scolaire francophone provincial (CSFP), la moitié des écoles francophones de la province ne répondent pas aux besoins des élèves.

Une école francophone sur la côte ouest a été fermée pour des raisons de sécurité. Une autre, au Labrador, n’a pas de gymnase. Une troisième à Saint-Jean n’a pas son propre édifice et a déménagé temporairement dans une ancienne école anglophone.

Radio-Canada a demandé aux candidats dans les trois circonscriptions où se trouvent ces écoles ce qu’ils espèrent faire pour améliorer les infrastructures scolaires francophones dans leur région.

Stephenville - Port-au-Port : une école fermée pour des problèmes structurels

Portraits de John Finn et Tony Wakeham.

Le candidat libéral pour Stephenville - Port au Port, John Finn (à gauche), et son adversaire progressiste-conservateur, Tony Wakeham.

Photo : Radio-Canada

En février dernier, l’École Notre-Dame-du-Cap, à Cap Saint-Georges, a fermé ses portes pour des raisons de sécurité. Une évaluation effectuée par la firme d’ingénierie Wood a révélé que l’édifice (une structure temporaire érigée en 1976) s’enfonce et a recommandé que le bâtiment soit fermé.

Ses 40 élèves ont déménagé dans le sous-sol de l’école anglophone de la communauté. Il s'agit d'une solution temporaire , selon le CSFP. Mais certains craignent que cette situation ne mène à l’assimilation (Nouvelle fenêtre) des élèves francophones si elle dure trop longtemps.

L'École Notre-Dame-du-Cap désaffectée.

L'école École Notre-Dame-du-Cap est fermée depuis mars dernier à cause de problèmes de structure.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Le candidat libéral pour la circonscription de Stephenville - Port-au-Port, John Finn, indique que son parti assurera que les élèves de Cap Saint-Georges aient un espace uniquement consacré à l’éducation en français.

Les résidents me disent haut et fort qu’ils ne veulent pas voir leurs enfants assimilés dans le système anglophone.

John Finn, candidat libéral

M. Finn ne voulait cependant pas préciser si un gouvernement libéral construirait une nouvelle école à Cap Saint-Georges ou si l’édifice actuel sera rénové. Il préfère attendre les résultats des prochaines évaluations structurelles du bâtiment. Ces examens seront effectués ce printemps, après le dégel du sol.

Carte de Stephenville - Port au Port

L'École Notre-Dame-du-Cap se trouve à Cap Saint-Georges, dans la circonscription de Stephenville - Port au Port.

Photo : Radio-Canada / Kristel Mallet

Le candidat progressiste-conservateur, Tony Wakeham, estime que l’édifice est une perte totale qui a besoin d’être remplacé, pas évalué.

Au lieu de gaspiller des milliers de dollars à examiner un édifice qui a plus de 40 ans, comme fait le gouvernement Ball, cet argent devrait immédiatement être utilisé pour [...] commencer la planification d’une nouvelle école, indique M. Wakeham. Cet enjeu sera une priorité pour moi si je suis élu.

Lake Melville : une école sans gymnase

Portraits de Shannon Tobin, Perry Trimper et Jim Learning.

Les trois candidats dans la circonscription de Stephenville - Port au Port (de gauche à droite) : le candidat progressiste-conservateur, Shannon Tobin; le candidat libéral, Perry Trimper; et le candidat indépendant, Jim Learning.

Photo : Radio-Canada

L’École Boréale, à Happy Valley-Goose Bay, n’a pas de gymnase. Ses 32 élèves suivent leurs cours d’éducation physique au centre récréatif municipal. L’année prochaine, les élèves partageront le gymnase d’une école anglophone dans le secteur.

Il y a deux ans, le CSFP a soumis une demande de 12 millions $ au gouvernement provincial pour agrandir l’édifice, mais il n’a jamais reçu de réponse.

Shannon Tobin, le candidat progressiste-conservateur dans la circonscription de Lake Melville, affirme qu’il était bouleversé d’entendre qu’ils ont attendu deux ans sans avoir de réponse. C’est ridicule.

Portrait de l'École Boréale.

L'École Boréale n'a pas de gymnase et ses élèves suivent des cours d'éducation physique au centre récréatif de Happy Valley-Goose Bay.

Photo : Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador

Ils veulent préserver leur langue. Je pense que c’est admirable. Il faut qu’on s’assure qu’ils ont assez de soutien, estime M. Tobin.

M. Tobin dit qu’il travaillera fort pour trouver de l’argent pour la construction du gymnase. Il estime que le manque de financement pour un nouveau gymnase dans le dernier budget démontre que ce projet n'est pas une priorité pour les libéraux.

Perry Trimper, ancien président de l’Assemblée législative et le candidat libéral pour Lake Melville, confirme que son parti ne s’engage pas à construire ce nouveau gymnase pour le moment. Il espère pourtant que les libéraux puissent réaliser le projet un jour.

Carte de Lake Melville.

L'École Boréale se trouve à Happy Valley-Goose Bay, dans la circonscription de Lake Melville.

Photo : Radio-Canada / Kristel Mallet

Je comprends l’importance d’avoir un espace [où les gens parlent] français tout le temps. C’est important, note-t-il. Mais il faut [trouver l’équilibre] entre l’importance d’avoir quelque chose comme ça et d’autres demandes.

L’ancien ministre responsable des Affaires francophones explique qu’il y a beaucoup de besoins d’infrastructures à Happy Valley-Goose Bay. Il soutient que la solution actuelle de partager le gymnase de l’école anglophone est à la fois pratique et économique.

Il est difficile de trouver une façon de convaincre les autres [gens à Lake Melville] que c’est une bonne façon de dépenser l’argent pour un autre gymnase dans l’École [Boréale] quand il y a une autre école juste à côté

Perry Trimper, candidat libéral

Jim Learning, le candidat indépendant à Lake Melville, affirme qu’il ferait pression sur le gouvernement pour ajouter un gymnase à l’École Boréale.

Mount Pearl - Southlands : le rêve d’une deuxième école francophone pour la capitale

Portraits de Hai Hasan, David Brake, Paul Lane et Gillian Pearson.

Les quatre candidats à Mount Pearl - Southlands (de gauche à droite) : le libéral Hai Hasan, le néodémocrate David Brake, le candidat indépendant Paul Lane et la progressiste-conservatrice Gillian Pearson.

Photo : Radio-Canada

À Saint-Jean, l’école secondaire Rocher-du-Nord se trouve dans l’édifice de l’ancienne école anglophone Holy Cross. Ses élèves n'ont pas accès au terrain de jeu. L’entente qui permet au CSFP d’utiliser l’édifice se terminera en 2022.

En décembre 2018, le CSFP a soumis une demande de 46 millions de dollars pour la construction d’une nouvelle école de la maternelle à la 12e année dans le secteur de Galway dans l’ouest de Saint-Jean.

Le candidat néo-démocrate pour Mount Pearl - Southlands, David Brake, estime qu’il y a un grand besoin de deux écoles [francophones] à Saint-Jean et que ça ne nous satisfait pas que les élèves au secondaire soient dans une école temporaire.

Mais M. Brake n’est pas certain que la solution proposée par le CSFP est la meilleure. Radio-Canada a rapporté en mars dernier que le choix de Galway comme site pour la nouvelle école divisait les parents francophones à Saint-Jean.

M. Brake, dont les deux enfants suivent des cours aux écoles du CSFP, préfère la construction d'une deuxième école dans la ville de Mount Pearl ou essayer de rester dans l’ancien édifice de l’école Holy Cross.

Le candidat libéral Hasan Hai promet de militer pour que la communauté francophone reçoive une nouvelle école, mais sans préciser où elle devrait être construite.

Ces élèves ont besoin d’une école, explique M. Hai. S’ils ont besoin d’un nouvel édifice en 2022, je m’engagerais à leur en trouver un.

Carte de la circonscription de Mount Pearl - Souhtlands

Le site proposé pour une nouvelle école francophone pour la région de Saint-Jean se situe dans la circonscription de Mount Pearl - Southlands.

Photo : Radio-Canada / Kristel Mallet

La candidate progressiste-conservatrice, Gillian Pearson, promet aussi de travailler avec le CSFP afin d’arriver à une solution permanente avant que le bail de l’École Rocher-du-Nord se termine en 2022.

Nous nous engageons à assurer que les élèves francophones reçoivent une éducation de qualité dans une école et dans un lieu qui répondent à leurs besoins

Gillian Pearson, candidate progressiste-conservatrice

Candidat indépendant dans Mount Pearl-Southlands, Paul Lane espère que le prochain gouvernement financera la construction d’une nouvelle école. Je serais honoré d’avoir cette nouvelle école dans ma circonscription, dit-il.

Terre-Neuve-et-Labrador

Politique provinciale