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Seulement 25 % des candidats aux élections provinciales sont des femmes

La politologue Amanda Bittner estime que les partis politiques à Terre-Neuve-et-Labrador ne font pas assez pour recruter de nouvelles candidates.

Photo : Radio-Canada

Patrick Butler

Ce sont des statistiques qui, selon des politologues et militantes consultées par Radio-Canada, indiquent que les partis politiques ne font toujours pas assez pour recruter et soutenir de nouvelles candidates.

Trois quarts des candidats libéraux et progressistes-conservateurs sont des hommes.

Environ 40 % des candidates néo-démocrates sont des femmes, mais le parti ne présente que 14 candidats au total et n’a jamais élu plus de cinq sièges à l’Assemblée législative. Seulement une femme figure à la liste des candidats de l’Alliance de Terre-Neuve-et-Labrador.

Au total, seulement le quart des candidats aux élections provinciales à Terre-Neuve-et-Labrador sont des femmes.

Amanda Bittner, une professeure à l’Université Memorial, estime que les formations politiques ne prennent pas au sérieux le problème.

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de femmes sans aller chercher ces femmes et les demander [de se présenter] encore et encore et encore

Amanda Bittner, politologue

Melissa Royle, la présidente de la section provinciale de À voix égales, une organisation pancanadienne dédiée à faire élire plus de femmes, fait le même constat.

Quand les femmes deviennent candidates, elles se font élire, note-t-elle.

Quelques-uns des partis sont venus nous demander comment recruter plus de femmes. C’est excellent, mais ça ne devrait plus être une question que l’on pose à la dernière minute.

Des obstacles systématiques

Janice Kennedy, la directrice générale du Conseil du statut de la femme de la baie Saint-Georges, sur la côte ouest de Terre-Neuve, explique que les femmes qui veulent se lancer en politique font toujours face à des obstacles financiers et personnels. Elle précise surtout que les femmes sont généralement celles qui s’occupent des enfants et des personnes âgées de leur famille.

Elles ont beaucoup de responsabilités et pendant les élections c'est difficile de trouver quelqu’un pour prendre ces responsabilités, explique-t-elle.

Mme Royle ajoute que de récents exemples de harcèlement et d’intimidation à l’Assemblée législative font réfléchir les femmes qui pourraient se lancer en politique. Cathy Bennett, l’ancienne ministre des Finances, a démissionné en 2017 à cause de l’intimidation de ses collègues du cabinet ministériel et du caucus libéral. La députée libérale Pam Parsons a également accusé son collègue Dale Kirby de harcèlement en 2018.

Portraits de Pam Parsons et Cathy Bennett.

En 2017, l'ancienne ministre des Finances Cathy Bennett a démissionné à cause de l'intimidation de ses collègues. La députée Pam Parsons a accusé le député Dale Kirby de harcèlement en 2018.

Photo : Radio-Canada

C’est très décourageant, notamment quand nous voyons que des femmes très capables, très fortes ont eu de mauvaises expériences à cause du comportement des autres politiciens, déclare Mme Royle.

Des leçons du conseil municipal de Saint-Jean?

En 2013, les électeurs à Saint-Jean ont élu un conseil municipal composé uniquement d’hommes. Mais depuis 2017, le conseil municipal de la capitale est composé d’autant de femmes que d’hommes.

La mairesse adjointe, Sheilagh O’Leary, indique que cette parité entre les genres a fondamentalement et positivement transformé le travail du conseil.

Les niveaux de respect et de décorum a augmenté au conseil municipal depuis que nous avons eu plus de femmes élues

Sheilagh O'Leary, mairesse adjointe

On fait de la politique. Il y aura toujours des disputes et il y aura toujours des différences d’opinions. On veut voir ça dans une démocratie. Mais le respect est primordial et les discussions au conseil municipal sont maintenant beaucoup plus saines, raconte-t-elle.

Mme O’Leary, élue conseillère générale en 2009, explique que depuis les dernières élections municipales les débats au conseil portent beaucoup plus souvent sur les enjeux sociaux et les familles. Une politique sur le harcèlement est en développement. Mme O’Leary et ses collègues rédigent une autre politique sur l'allaitement.

C’est certain que je n’aurais pas parlé d’une politique sur l'allaitement avec certains de mes anciens collègues. C’est le genre d’enjeux qui n’était jamais abordé parce qu’on ne le considérait pas comme essentiel, déclare-t-elle.

Janice Kennedy explique ainsi que quand les femmes sont élues, il y a une augmentation corollaire avec l’élaboration des politiques qui mettent l’accent sur la qualité de la vie, de nos communautés.

La conseillère Maggie Burton s’est lancée en politique en 2017 pour s’assurer que les femmes soient mieux représentées au conseil municipal.

Elle indique qu’elle est heureuse de voir plusieurs jeunes candidates se présenter aux élections provinciales, mais se dit également déçue que le prochain gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador n’aura pas une répartition égale entre les genres.

C’est vraiment décevant de ne pas voir la parité hommes-femmes, et je pense que ça montre la nécessité d’évaluer pourquoi les partis ne priorisent pas cette parité, estime-t-elle.

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