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Inondations : les offices de protection de la nature en manque de fonds pour gérer la crise

Des maisons inondées vues du ciel. L'une d'elles s'est affaissée dans l'eau.

La Municipalité de Bracebridge a déclaré l'état d'urgence.

Photo : Radio-Canada

Justine Cohendet

Alors qu'une partie de la province est en proie à la montée des eaux, les offices de protection de la nature déplorent que le gouvernement ait réduit de moitié le financement de leur programme de gestion des inondations.

C’est écrit ici, c’est notre mandat principal, déplore Carl Jorgensen. Le directeur général de l’Office de protection de la nature de Sudbury a moins de 2 semaines pour trouver 74 619 $.

Fin avril, il a appris, comme les 35 autres agences de protection de la nature, que le financement provincial de son programme de gestion des risques serait réduit de 48 %.

Le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, John Yakabuski, a justifié cette décision en expliquant que le gouvernement tente d'éliminer le déficit et a demandé aux agences de protection de la nature de se concentrer sur leur mandat principal.

Trouver l'argent ailleurs

Depuis de 24 ans, l’agence de Sudbury recevait 154 250 $ de la part du gouvernement ontarien. Un montant que Carl Jorgensen estimait déjà trop faible.

Une station hydraulique à côté d'un cours d'eau, à Sudbury.

Seize stations de contrôle permettent à l'Office de protection de la nature de Sudbury de contrôler le niveau de l'eau.

Photo : Radio-Canada / Justine Cohendet

C'est l’un de nos programmes les plus importants, on ne peut pas le réduire, donc on va devoir trouver cet argent ailleurs, explique-t-il.

Éviter les inondations

Le programme de gestion des risques permet entre autres d’entretenir les digues, de prévoir les inondations et de mettre à jour les cartes. De 1970 à  1990, l’Office de protection de la nature de Sudbury a pu construire, grâce à ce programme, des digues pour protéger les habitations.

Selon Carl Jorgensen, la construction de murs à Coniston a, par exemple, permis de rediriger l’eau des ruisseaux vers des zones non habitables.

Ça ne fait aucun doute que sans nos agences de protection de la nature, il y aurait bien plus de maisons situées dans les zones inondables aujourd’hui.

Carl Jorgensen, directeur général de l’Office de protection de la nature de Sudbury

Le département de gestion des inondations permet aussi de lancer des alertes lorsque le niveau de l’eau atteint un certain point.

Anoop Naik dans une station hydraulique du Grand Sudbury.

Anoop Naik vérifie plusieurs fois par semaine le niveau de l'eau des rivières du Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Justine Cohendet

Un système d'alerte

Seize stations de contrôle, installées dans le Grand Sudbury, permettent aux employés des offices de protection de la nature de garder un oeil sur le niveau des rivières.

Anoop Naik, un spécialiste des cours d’eau pour l’agence de Sudbury, surveille les cours d’eau quotidiennement.

Cette année, on a émis une alerte de veille de crue, les communautés de Dowling et Whitefish sont passées près de l’inondation, explique le spécialiste.

Les 36 offices de la province utilisent 5 avis pour prévenir la population, allant de condition normale à avertissement de crue.

Capture d'écran du site internet de l'office de protection de la nature du District du Nickel.

Les offices de protection de la nature émettent cinq types d'avis allant de condition normale à avertissement de crue.

Photo : Capture d'écran site internet Office de protection de la nature du District du Nickel

Un avertissement de crue signifie qu’il va y avoir des inondations, explique Anoop Naik. Ça donne le signal aux services d’urgences et aux municipalités, poursuit-il.

Ce printemps, plusieurs municipalités ont décidé de déclarer l’état d’urgence.

Je crois que le gouvernement se contredit. Il nous dit que notre mandat principal est la lutte contre les inondations et ensuite il supprime la moitié du financement de ce programme

Carl Jorgensen, directeur général de l’Office de protection de la nature de Sudbury

Le directeur général de l’Office de protection de la nature de Sudbury déplore amèrement que le gouvernement demande aux offices de continuer de faire leur travail, mais sans leur financement, en alléguant que la province est en déficit.

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