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Meurtre de Daphné Huard-Boudreault : son ex-petit ami passera au moins 18 ans en prison

Une photo de la jeune femme.

Daphné Huard-Boudreault, 18 ans, a été assassinée par son ex-conjoint alors qu'elle se rendait à leur appartement de Mont-Saint-Hilaire pour récupérer ses affaires.

Photo : Radio-Canada / Facebook

L'auteur du meurtre de Daphné Huard-Boudreault, le 22 mars 2017 à Mont-Saint-Hilaire, a plaidé coupable jeudi d'une accusation réduite de meurtre non prémédité. Anthony Pratte-Lops, 24 ans, écope d'une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 18 ans.

Le juge Pierre Labrie, de la Cour supérieure du Québec, a fait savoir en début d'après-midi qu'il acceptait la recommandation soumise conjointement par la Couronne et la défense.

Anthony Pratte-Lops avait été cité à procès en novembre 2017. Celui-ci devait débuter lundi prochain avec le choix des 12 membres du jury.

Une capture d'écran du jeune homme portant une veste noire.

Anthony Pratte-Lops

Photo : Radio-Canada / Facebook

À l'origine, le jeune homme, qui avait 22 ans au moment du crime, faisait face à un chef de meurtre au premier degré. Il a finalement plaidé coupable d'une accusation de meurtre non prémédité.

Un minimum de 18 ans de prison, « c'est très sévère pour un meurtre au deuxième degré en matière de violence conjugale », a souligné après l'audience Isabelle Morin, procureure de la Couronne. « Si on regarde la jurisprudence, généralement, c'est entre 12 et 14, parfois, 15 », a-t-elle précisé.

Un deuil qui se poursuit pour la famille

Plusieurs proches de la victime s'étaient déplacés jeudi au palais de justice de Saint-Hyacinthe pour entendre la reconnaissance de culpabilité de l'accusé. Ils ont aussi pu s'exprimer sur l'impact du drame dans leur propre vie.

« La peine ne sera jamais assez grande pour qu'on vive avec ça », a déclaré Éric Boudreault, le père de la victime, à sa sortie de la salle de cour.

Une partie de lui aurait souhaité que le procès se déroule comme prévu, question d'en savoir plus sur les circonstances entourant la mort de sa fille. « Mais on fait confiance aux procureurs dans tout ça, qui ont analysé le dossier ».

On espère vivre en paix avec tout ça.

Éric Boudreault, père de la victime

Tout de noir vêtu, le principal intéressé, lui, n'a pas levé les yeux pendant toute la durée des témoignages. Il a toutefois présenté ses excuses par l'entremise de son avocat.

« Il a dit ça juste parce que c'est la seule chose qu'il pouvait dire », a jugé Léonie Huard-Boudreault, la soeur de la victime. « Mais ça ne pardonnera jamais... Ça ne s'accepte pas, ces excuses-là. »

Un crime qui a choqué tout le Québec

Le meurtre de Daphné Huard-Boudreault avait semé la consternation dans l'opinion publique, il y a deux ans.

La jeune femme de 18 ans avait été poignardée en allant chercher des effets personnels dans l'appartement où elle habitait. La rupture avec Anthony Pratte-Lops était récente et elle avait demandé l'intervention des policiers quelques heures plus tôt en raison du comportement de son ex-copain, qui a été arrêté sur les lieux.

Une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) avait été mise en place pour évaluer le travail des policiers dans le dossier. Son rapport a été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), mais ce dernier a conclu en mars dernier que « l’analyse de la preuve [n'avait pas relevé] la commission d’une infraction criminelle par les policiers de la Régie intermunicipale de police de Richelieu-Saint-Laurent ».

Le DPCP avait toutefois promis de publier, une fois les procédures criminelles terminées, un communiqué « résumant les faits survenus lors de cet événement et expliquant les motifs au soutien de la décision du DPCP ».

Une épreuve pour la famille de l'accusé aussi

En entrevue avec Isabelle Richer, jeudi matin sur ICI RDI, la femme qui a élevé Anthony Pratte-Lops, Monique Richer, s'est dite « soulagée » que le jeune homme n'ait pas à subir un procès.

Mme Richer, qui habite aujourd'hui sur la Côte-Nord, a souligné qu'Anthony Pratte-Lops avait connu une jeunesse très difficile avant son arrivée dans sa famille d'accueil.

« Maltraité par un proche de sa famille », victime de « sévices physiques et psychologiques graves » et de « malnutrition sévère », le jeune Anthony était dans un piètre état lorsqu'il est arrivé dans sa vie.

Il hurlait constamment. Il n'acceptait pas d'être assis dans une chaise, d'être couché dans un lit, d'être changé de couche...

Monique Richer

Une expérience éprouvante, a-t-elle convenu.

Mme Richer, qui est toujours en contact avec le jeune homme, a expliqué que celui-ci avait été « en état de choc pendant plus d'an » après le meurtre; qu'il commençait à réaliser ce qu'il avait fait d'irréparable; et qu'il était aujourd'hui « profondément désolé ».

Elle espère qu'Anthony Pratte-Lops pourra maintenant bénéficier de « traitements », d'un « suivi », d'une « prise en charge psychosociale » pour régler ses problèmes.

« Ça fait 24 ans que j'espère », a-t-elle confié.

Avec la collaboration de Mélissa François

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