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Un médecin veut limiter l'exigence d'un certificat médical pour des absences au travail en N.-É.

À plusieurs reprises, Paul Young a refusé de fournir certaines informations à des employeurs, parce qu'il estimait que leurs demandes allaient trop loin.

Le docteur Paul Young affirme que les employeurs demandent de plus en plus de détails personnels sur leurs employés malades.

Photo : Radio-Canada / CBC/Carolyn Ray

Radio-Canada

Un médecin de Bedford, en Nouvelle-Écosse, affirme que les employeurs réclament de plus en plus de détails personnels sur leurs employés absents pour cause de maladie. Le docteur Paul Young croit d'ailleurs que certaines de ces requêtes représentent une atteinte à la vie privée de ses patients.

Il indique que des sociétés d’assurance et de gestion des absences lui demandent maintenant de remplir des formulaires de deux pages pour des absences de deux jours ou plus, notamment pour des problèmes gastro-intestinaux, pour des rhumes ou pour des migraines. Certains réclament même une copie de la fiche du patient pour les trois mois précédents.

Les employeurs n’ont pas besoin de connaître le diagnostic, dit-il. Tout ce qu’ils ont besoin de savoir, c’est qu’une raison médicale explique l’absence de l’employé. J’ai l’impression qu’au-delà de ça, ça ne peut que nuire à la personne.

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Il raconte par exemple qu’une femme avait dû s’absenter du travail pendant deux jours après avoir fait une fausse couche. Son employeur insistait auprès du docteur Young pour qu’il lui explique en détail les raisons de son absence. Je ne pense pas être la première personne qui dit à une compagnie d’assurance que ses questions sont inappropriées, dit-il. La vie privée du patient devrait toujours primer.

Des médecins disent que les demandes des employeurs leur prennent de plus en plus de temps.

Certains formulaires demandent notamment au médecin de fournir les résultats des tests.

Photo : Radio-Canada / CBC/Carolyn Ray

Paul Young pratique la médecine depuis cinq ans et constate que la paperasse est de plus en plus imposante. Il souligne que cette charge de travail s’ajoute au moment où la Nouvelle-Écosse fait face à une importante pénurie de médecins.

Il affirme que l’entreprise qui lui cause le plus de problèmes est Morneau Shepell, qui offre des services de gestion des absences aux employeurs. À quelques reprises, il a refusé de lui fournir des informations, parce que, selon lui, les demandes de la société représentaient une atteinte à la vie privée de ses patients.

Une vice-présidente de Morneau Shepell, Kristen Coady, indique que les informations personnelles des employés demeurent confidentielles. Nous ne dévoilons pas tout le contenu des formulaires que remplissent les médecins aux employeurs, précise-t-elle.

Elle ajoute que ces demandes se conforment aux pratiques usuelles dans l’industrie. Ça permet à nos agents de mieux conseiller nos clients.

Paul Young estime que les certificats médicaux ne devraient pas être exigés pour des absences de cinq jours et moins.

Le docteur Paul Young croit qu'on devrait interdire l'exigence de certificats médicaux partout au Canada, sauf dans des circonstances particulières.

Photo : Shutterstock / Monkey Business Images

Le docteur Paul Young croit que la situation est devenue si problématique qu’il demande au gouvernement provincial d’interdire aux employeurs d’exiger un certificat médical lorsqu’un employé est absent moins de cinq jours pour cause de maladie. Si la personne est en congé de maladie pendant deux semaines, oui, bien sûr. Parce que de toute façon, la personne devra rencontrer un médecin, souligne-t-il.

Il croit en fait qu’une telle interdiction devrait être en vigueur à la grandeur du Canada. Dans la plupart des situations, avec ces maladies mineures, il n’y a pas de preuve papier, dit-il. On n’a pas le temps de faire des tests sanguins ou des rayons X qui prouveraient qu’un patient est malade.

Avec les informations de Carolyn Ray, de CBC

Nouvelle-Écosse

Relations de travail