•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bombardier vendra ses usines d'avions de Belfast et Casablanca

Bombardier est le principal employeur en Irlande du Nord avec son usine de Belfast, où travaillent quelque 4200 personnes.

Photo : Reuters / Clodagh Kilcoyne

Radio-Canada

Bombardier va regrouper ses divisions d'avions d'affaires et d'avions commerciaux au sein d'une seule et même entité, nommée Bombardier Aviation. Elle entend du coup se départir de ses usines de Belfast, en Irlande du Nord, et de Casablanca, au Maroc.

Ces développements ont été annoncés dans un communiqué dévoilant les résultats financiers du premier trimestre de 2019 de la société montréalaise, jeudi matin, quelques heures à peine avant l'assemblée annuelle des actionnaires, à Montréal.

Dans un communiqué, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, dit être « très heureux » de la « formation stratégique » de Bombardier Aviation.

Il s’agit de la bonne prochaine étape de notre transformation. La consolidation des activités aéronautiques simplifiera notre structure et la rendra plus ciblée sur nos marques phares : Global, Challenger, Learjet et CRJ. Elle nous permettra aussi de mieux soutenir nos clients et de générer plus de valeur pour nos actionnaires.

Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier

« Avec la vision claire que nous avons pour l’avenir de Bombardier Aviation, nous axerons nos activités aérostructures sur nos capacités stratégiques situées à Montréal, au Mexique, ainsi que sur les activités reliées aux ailes d’avions Global 7500 récemment acquises au Texas », ajoute M. Bellemare.

« Ces installations fournissent collectivement toutes les compétences, technologies et capacités pour concevoir et produire les avions d’aujourd’hui et de demain, et en assurer la maintenance. »

Bombardier « poursuivra la cession de ses activités d’aérostructures de Belfast et du Maroc », précise par la suite le communiqué, en évoquant de « formidables activités aux capacités immenses ».

Bombardier Aviation sera dirigé par David Coleal, qui était le patron de la division d'avions d'affaires depuis 2015.

Le syndicat Unifor, qui représente plus de 2300 membres au Centre de finition des avions d'affaires Global, dit ne pas s'attendre à ce que la restructuration annoncée entraîne des pertes d'emplois.

« Comme dans toute réorganisation du côté de la structure dirigeante, nous ne nous attendons pas à ce qu'il y ait des répercussions sur les emplois de la production. D'autant plus que la situation avec les carnets de commandes est positive. Nous comptons travailler afin que cela se poursuive », a commenté son directeur québécois, Renaud Gagné.

Turbulences à prévoir au Royaume-Uni

La mise en vente des installations de Belfast, où sont notamment fabriquées et assemblées des ailes pour les avions A220 (anciennement C Series), risque de susciter de nombreuses réactions au Royaume-Uni. Bombardier est l'un des principaux employeurs dans la capitale nord-irlandaise.

« L’annonce d’aujourd’hui sera un choc pour toute la main-d’œuvre de Bombardier en Irlande du Nord », a déjà commenté un responsable local du syndicat Unite, Jackie Pollock.

« Beaucoup des 3600 employés de la compagnie se demanderont ce que cela signifie pour leur emploi à long terme », en précisant que le syndicat demandera des garanties à Bombardier et au gouvernement britannique.

Le nom qui est au-dessus de la porte d’entrée importe peu. Ce qui importe, c’est de sauver les emplois et le savoir-faire dans cette industrie cruciale.

Jackie Pollock, responsable du syndicat UNITE

Le gouvernement britannique se veut rassurant. Une porte-parole de la première ministre britannique, Theresa May, dit que si la nouvelle est décevante et cause de l'inquiétude chez les travailleurs, l'usine de Belfast a un important carnet de commandes pour des clients externes et Londres ne s'attend pas à d'autres pertes d'emplois.

L'usine de Bombardier à Casablanca compte pour sa part quelques centaines d'employés qui fabriquaient des composantes pour les ailes des avions CRJ.

Entrevue avec Yan Cimon, professeur de management à l'Université Laval.

Les revenus en baisse

Pour le premier trimestre, qui s'est terminé le 31 mars, Bombardier déclare un profit de 239 millions de dollars américains, comparativement à 44 millions lors de la même période l'an dernier. Les revenus ont toutefois reculé de 4 milliard à 3,5 milliards de dollars américains.

Bombardier soutient que ses résultats financiers du premier trimestre sont conformes aux résultats préliminaires annoncés la semaine dernière. « La prévision des revenus sur base consolidée de Bombardier pour 2019 a été ajustée pour tenir compte des attentes révisées pour Transport et Avions commerciaux », indique la société dans son communiqué.

« Malgré les défis industriels que nous avons à relever actuellement, les facteurs fondamentaux de notre secteur d’activité Transport demeurent très solides », assure Alain Bellemare, en soulignant par exemple « un solide carnet de commandes totalisant 34 milliards $ ».

L’équipe progresse constamment dans la gestion de nos projets ferroviaires existants difficiles. Il nous faudra cependant quelques trimestres de plus pour achever ces projets.

Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier

Bombardier confirme par ailleurs que son conseil d'administration a décidé de mettre un terme à son Régime d'aliénation de titres automatiques (RATA), qui a fait l'objet d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers au cours des derniers mois.

Le gendarme boursier québécois avait suggéré à la firme d'agir en ce sens, même si elle n'a trouvé « aucune infraction ou manquement à la législation en valeurs mobilières de la part des membres de la haute direction participants ou de la part de la multinationale » dans sa mise en place.

À la Bourse de Toronto, le titre de l'avionneur abandonnait 15 cents, ou 6,41 %, pour se négocier à 2,19 $ à la suite de ces déclarations. Il a légèrement remonté par la suite, pour clôturer à 2,22 $, en baisse de 12 cents, ou 5,13 %.

Transports

Économie