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Agrile du frêne : une coupe sans préavis de 1500 arbres met des citoyens de Longueuil en colère

Quelque 1500 arbres ont été abattus sans prévenir les résidents.

Photo : Radio-Canada

Anne-Louise Despatie

Pour faire face aux ravages de l'agrile du frêne, la Ville de Longueuil a récemment abattu, sans préavis, 1500 arbres et a provoqué la colère des résidents.

Danielle Champagne et Serge Lapierre ont élu domicile dans le quartier Collectivité nouvelle, il y a 30 ans, pour la forêt, la nature, les oiseaux et les cerfs. Mais en mars dernier, ils sont rentrés du travail et ont trouvé une cour défigurée.

« On arrive un soir, pour trouver ce carnage » affirme Danielle Champagne. Elle savait que les frênes étaient malades et s’attendait à ce que certains soient coupés, mais elle était loin d’imaginer l’ampleur de la coupe.

Pour moi, c'est de la coupe à blanc et on n'a pas été avisés.

Danielle Champagne, résidente de Longueuil

Le conjoint de Mme Champagne s'explique mal l'absence de sélection des arbres à abattre.

On enlève les arbres qui sont malades, que ces arbres-là, parce qu'il y avait des essences qui étaient viables dans ce boisé-là.

Serge Lapierre, résident de Longueuil

Des dizaines de résidences ont ainsi perdu l'écran végétal qui les sépare de la piste cyclable, un segment de la route verte, qui est très fréquentée.

Derrière la cour d'une résidence, plusieurs arbres ont été abattus sans préavis.

À la suite de l'abattage de plusieurs frênes, la cour arrière de Danielle Champagne et Serge Lapierre est complètement exposée à la piste cyclable et au soleil.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

La végétation est luxuriante derrière une piscine creusée.

Avant l'abattage de frênes dans le quartier Collectivités nouvelles de Longueuil, la cour de Danielle Champagne et Serge Lapierre bénéficiait d'un écran.

Photo : Courtoisie Danielle Champagne et Serge Lapierre

C'est comme une agression au fond, parce qu'on n'a pas été avertis. On ne nous a rien dit. Ce qui m'a beaucoup attristée, c'est que même les arbres qui n'étaient pas des frênes tombaient.

Huguette Berthelot, résidente de Longueuil

La Ville reconnaît un « manque absolu de communication »

Une pétition de près de 600 noms a été déposée au conseil de la Ville de Longueuil, qui dit avoir été obligée d'abattre 1500 frênes au cours des dernières semaines.

La Ville reconnaît également qu'il y a eu un manque absolu de communication.

Ç'aurait été nécessaire de communiquer avec les citoyens, surtout qu'on connaît bien ce secteur-là et comment les gens sont attachés à la verdure.

Louis-Pascal Cyr, porte-parole de la Ville de Longueuil

« Pour ce qui est de l'abattage, malheureusement c'est une fatalité, compte tenu de la progression de l'infestation, explique la Ville. C'est plus rapide que ce qu'on avait anticipé en 2012, quand les frênes ont commencé à être malades. »

Le porte-parole de la Ville de Longueuil ajoute que l’on est arrivé « au bout de la logique des traitements […] On a dû enlever aussi du nerprun, un arbuste très envahissant et qui aurait nui aux efforts de verdissement ».

Six semaines après l'abattage, la Ville a invité tous les résidents du secteur à une soirée d'information qui se tiendra le 8 mai.

Des arbres abattus derrière une cour de Longueuil.

Plusieurs arbres ont été abattus derrière ces résidences de la rue Lavoie, où habite Huguette Berthelot.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Une approche « un peu agressive », dit un spécialiste

Le professeur de foresterie urbaine à l'Université du Québec à Montréal et l'Université du Québec en Outaouais, Christian Messier, qui a vu des photos, trouve l'approche de la Ville de Longueuil un peu agressive.

« On aurait pu faire quelque chose d'un peu graduel. C'est sûr que les frênes qui sont morts sont dangereux. Dans les villes, on essaie d'éliminer les frênes de façon graduelle, on essaie d'en sauver la moitié. On élimine les [arbres] plus dangereux et on reboise », explique le professeur.

Il ajoute qu'en procédant graduellement, on aurait minimisé l'impact négatif à la fois pour les citoyens et pour les insectes, les animaux et les oiseaux qui dépendaient de ces arbres.

Mais à première vue, ce que je vois, c'est une solution plutôt facile plutôt qu'une solution plus difficile à exécuter, et plus coûteuse évidemment, mais qui aurait été moins choquante.

Christian Messier, professeur de foresterie urbaine à l'UQAM

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