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Ottawa ne s'inquiète pas de la suspension de permis d'exportation de porc par Pékin

Gros plan d'un museau de porc dans une ferme.

En 2018, la Chine a acheté pour 514 millions de dollars de viande de porc canadienne.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Radio-Canada

La décision de Pékin de suspendre les permis d'exportation de deux producteurs de porcs n'inquiète pas outre mesure la ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau.

La ministre convient ne pas connaître les motifs de cette suspension, tout en évoquant un problème d’étiquetage, une information d'abord transmise par le bureau du premier ministre Justin Trudeau.

Mme Bibeau insiste toutefois sur le fait qu’il ne faut pas « s’énerver trop vite ».

« Ça arrive que des permis soient suspendus quelques jours, le temps de régler des problèmes administratifs », dit la ministre, qui entend bien aller au fond de cette affaire.

« C’est vraiment un problème administratif au niveau des formulaires, ça pourrait être aussi au niveau de la traduction - les formulaires qui accompagnent un chargement, qui ont été produits par l’entreprise au départ du Canada, qui sont aussi vérifiés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Il arrive, de temps en temps, qu’effectivement, dans ces formulaires-là, il manque des informations », a déclaré la ministre Bibeau, jeudi.

La ministre refuse sinon de voir dans cette décision de Pékin une mesure de représailles à l'arrestation, en décembre dernier, de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver, à la demande des États-Unis.

Mme Bibeau a indiqué ne pas savoir quand la suspension du permis d’exportation est entrée en vigueur. L’ACIA a indiqué cette semaine que les exportations de porc canadien vers la Chine ont connu un retard en raison de l’utilisation de formulaires non valides.

Les producteurs vigilants

Le transformateur de porcs Olymel, qui fait partie de La Coop fédérée, a confirmé mercredi en soirée que son usine de Red Deer, en Alberta, est l'une des deux visées par cette suspension temporaire. La deuxième entreprise touchée serait située à Drummondville, au Québec, et fournirait de plusieurs transformateurs canadiens. Son nom n’est toujours pas connu.

De son côté, Jean Larose, directeur général des Éleveurs de porcs du Québec, explique que la Chine « est un marché où il faut être très vigilant. Qu'il y ait ce genre d'entraves, ce n'est pas vraiment surprenant ».

L'empire du Milieu représente ainsi le troisième marché en importance pour l'exportation de porc québécois et canadien, a précisé M. Larose, en entrevue à RDI Matin.

« En Chine, il y a un problème : il y a une maladie importante qui s'appelle la peste porcine africaine, presque le tiers du troupeau chinois est décimé par cette maladie », ce qui entraîne des besoins « énormes », a poursuivi M. Larose.

« Les importations chinoises s'accroissent et, pour nous, c'est un marché très important. »

M. Larose soutient par ailleurs que les normes d'exportation des cochons d'ici ne sont pas en cause, mais qu'il s'agirait plutôt d'un problème administratif, comme l'a mentionné la ministre Bibeau.

« C'est diplomatique et administratif aussi, parce les certificats [d'exportation] sont autorisés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments en vertu des spécifications établies par les importateurs chinois », a encore déclaré le directeur des Éleveurs de porcs du Québec.

Entrevue avec Jean Larose, directeur général des Éleveurs de porcs du Québec

Des erreurs d'étiquetage

Le directeur des Affaires gouvernementales et corporatives au Conseil canadien du porc, Gary Stordy, est aussi d'avis que de l’information écrite sur les étiquettes pourrait être la cause de la suspension des permis d'exportation.

Il soutient que le Canada exporte plus de 70 % de sa production de porcs dans 90 pays différents et que chacun de ces pays a sa propre réglementation.

On attend de nous des informations correctes sur les étiquetages.

Gary Stordy, directeur des Affaires gouvernementales et corporatives au Conseil canadien du porc

M. Stordy rappelle qu'en 2018, le Canada a vendu pour 500 millions de dollars de porc canadien à la Chine, un de ses plus gros marchés.

Avec les informations de Reuters

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