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Modernisation de la Loi sur les langues officielles : beaucoup d’espoir dans le Nord

Les deux bandes du drapeau franco-yukonnais, au dessus, l'ours polaire du drapeau franco-ténois au centre, et l'inukshuk au bas de l'image.

Les drapeaux franco-yukonnais, en haut, franco-ténois, au centre, et franco-nunavois en bas.

Photo : Radio-Canada

Ottawa se dit à l'écoute au moment où Patrimoine canadien termine une tournée de consultations sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Pour les organismes francophones du Nord canadien, cette écoute suscite beaucoup d'espoirs.

Plusieurs consultations pour la modernisation de la Loi ont déjà eu lieu. L'une d'entre elles a eu lieu à Whitehorse, la semaine dernière, et une autre à Yellowknife, mardi. Une prochaine consultation se tiendra à Iqaluit vendredi.

Dans les trois territoires, les organismes se rangent derrière la proposition de projet de Loi de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

Toutefois, selon la directrice générale de l’Association franco-yukonnaise (AFY), Isabelle Salesse, il est important que la loi prenne aussi en considération l’asymétrie des communautés.

Une femme sourit à la caméra devant un édifice coloré.

Isabelle Salesse est la directrice générale de l'Association franco-yukonnaise depuis 2012.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

« Quand on pense langues officielles, on ne peut pas penser à l'Ontario comme au Yukon, croit-elle. Il faut regarder les différences. On a peut-être des défis qui sont autres que ceux de l’Ontario, ou des autres. »

Une opinion que partage l’Association des francophones du Nunavut (AFN) et sa présidente, Mylène Chartrand, qui tient beaucoup au Conseil consultatif des communautés de langue officielle en situation minoritaire que voudrait créer la FCFA.

« On a des francophonies qui ont une ampleur et une histoire différentes, dit-elle. Je pense que d’avoir un conseil consultatif permettrait justement d’avoir une vue d’ensemble de ce qui se passe et d’ajuster selon le besoin des communautés. »

Une femme regarde un document assise à une table avec une autre femme à côté et le drapeau du Nunavut sur le mur.

La présidente de l'Association des francophones du Nunavut, Mylène Chartrand.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Une reconnaissance des langues autochtones

En marge de la consultation à Yellowknife, la Fédération franco-ténoise (FFT) a demandé que le gouvernement fédéral s’engage à respecter le statut et les droits des 11 langues officielles des T.N.-O. lorsqu’il fait affaire dans le territoire.

« Nous souhaitons que le français et l’anglais jouissent d’une égalité réelle à la grandeur du pays, mais qu’une exception soit faite pour les T.N.-O. afin que les langues autochtones y soient respectées », déclare le président de la FFT, Jean-François Pitre.

Il faut qu’il [le gouvernement] reconnaisse qu’il n’y en a pas juste deux [des langues officielles] au territoire, il y en a 11.

Une citation de Jean François Pitre, président de la FFT
La Maison Bleue.

La maison Laurent-Leroux, à Yellowknife, abrite plusieurs organismes franco-ténois, dont les bureaux de la Fédération franco-ténoise.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Ce message est similaire à celui qu’espère apporter l’AFN qui veut faire mentionner, soutenir et reconnaître la présence, les droits et un système juste à l'égard de l’inuktitut.

« Dans une petite communauté comme la nôtre, les trois langues [inuktitut, anglais et français] se côtoient tous les jours, explique Mylène Chartrand. On vit dans un contexte où l’on voit l’utilisation des langues autochtones et le défi que ça représente pour eux, et je pense que je me dois aussi de mentionner ce côté-là, comme c’est super important. »

De son côté, la directrice principale de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, Sarah Boily, dit prendre en note cette question, soulevée à Yellowknife, qui ferait en sorte que la nouvelle mouture de la loi ne soit pas séparée de ce qui se passe pour la Loi sur les langues autochtones.

« C’est sûr qu’on garde ça en tête. Ceci étant dit, comme ce sont deux lois, on voit qu’il y a une décision de prise de les garder séparées, dit-elle. Mais je pense que les valeurs qui sous-tendent les deux projets de loi, comme le respect, l'inclusion et la diversité, sont des éléments communs. »

Façade d'un édifice en hiver avec une grande affiche indiquant l'Association des francophones d'Iqaluit.

Le Franco-Centre, à Iqaluit, est le lieu de rassemblement principal des francophones et la salle régulièrement louée pour d'autres activités de la grande communauté d'Iqaluit.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Petite enfance et recensement des ayants droit

À Whitehorse comme à Yellowknife, l’importance que la petite enfance soit reconnue et inscrite dans la loi, comme le propose la FCFA, a été mise de l’avant. Pour l’instant, la loi ne garantit rien pour la petite enfance et son financement dans les communautés.

Ce genre d’ajout à la loi est susceptible de changer la donne lorsqu’une communauté cherche du financement pour la mise en place d’un programme préscolaire comme le fait présentement la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) à Hay River.

« Le gouvernement ici est ouvert, on discute avec [lui] et les discussions vont quand même très bien, explique son président, Simon Cloutier. Par contre, on ne sait jamais quel sera le gouvernement en place et quelle sera la réponse. »

Une loi sur les langues officielles comme ça doit être plus forte que n’importe quelle allégeance politique.

Une citation de Simon Cloutier, président le la CSFTNO
Simon Cloutier se tient devant l'École Allain-St-Cyr, à Yellowknife.

Le président de la CSFTNO, Simon Cloutier.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Les représentants de la FFT et de la CSFTNO aimeraient aussi qu’un recensement des ayants droit soit inscrit dans la loi pour clarifier et faciliter le financement des écoles francophones au territoire. Cette revendication est également présente dans le projet de loi de la FCFA.

La FFT a aussi demandé que la loi soit modifiée afin de permettre aux employés des institutions fédérales des territoires de travailler dans la langue officielle de leur choix.

Patrimoine canadien devrait, selon Sarah Boily, être en mesure de présenter un projet de loi « dans au moins deux ans ». La directrice du projet a par ailleurs bon espoir que les résultats des élections fédérales d’octobre ne viendront pas bouleverser ce travail.

Une confiance que partagent prudemment les francophones du Nord.

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