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Les conservateurs réticents à faire chiffrer leur plateforme par le DPB

Le chef conservateur Andrew Scheer à la Chambre des communes.

Le chef conservateur Andrew Scheer à la Chambre des communes

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Fannie Olivier

L'ensemble des formations politiques à Ottawa – à l'exception des conservateurs d'Andrew Scheer – se disent disposées à soumettre leurs engagements électoraux à l'analyse du directeur parlementaire du budget en vue du scrutin de cet automne.

Pour la toute première fois cette année, le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, offrira aux partis la possibilité de calculer les coûts de leurs engagements électoraux.

À compter du 23 juin, le « chien de garde » du gouvernement en matière de finances suspendra ses activités régulières pour se consacrer entièrement aux demandes des formations politiques qui souhaiteront une estimation neutre des coûts de leurs promesses.

Les libéraux de Justin Trudeau, à l’origine de cette nouvelle mesure, affirment déjà qu’ils auront recours aux services de cet agent indépendant du Parlement.

« Ça donne une certaine crédibilité externe, explique Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine et codirecteur de campagne pour le Québec, en entrevue à Radio-Canada. Ça met en lumière les détails des plateformes, et nous sommes totalement ouverts à ça, les libéraux. »

Les conservateurs n’ont pas souhaité accorder d’entrevue à Radio-Canada sur le sujet, se limitant à une brève déclaration par courriel : « Nous travaillons à l’élaboration de notre plateforme et c’est notre priorité à l’heure actuelle ». Par le passé, le député conservateur Pierre Poilievre avait exprimé des réserves, craignant notamment des fuites au sein du bureau du DPB.

« Je mets au défi [les conservateurs] », rétorque Pablo Rodriguez. « Ils ont déjà dit qu'ils allaient absolument balancer le budget à tout prix. Donc, ils vont couper et on va savoir à l'avance où ils vont couper. La culture? L'environnement? On ne sait pas. »

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, lors d'un point de presse à Ottawa.

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, lors d'un point de presse à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Philippe-Vincent Foisy

Fonctionnement

Concrètement, le parti qui le souhaite soumettra au DPB une demande d’évaluation des coûts d’un engagement électoral. Le DPB lui communiquera son analyse de façon strictement confidentielle. Son évaluation sera rendue publique seulement au moment où le parti fera l’annonce officielle de sa promesse électorale.

Ainsi, si après avoir obtenu l’étude d’un de ses engagements, le parti le juge trop coûteux et se ravise, l’analyse du DPB demeurera secrète.

L’idée plaît au Nouveau Parti démocratique (NPD), bien que le parti ait encore des questions sur les modalités du processus.

Le fait que nos propositions seront étudiées et analysées par le DPB va rajouter une couche de rigueur supplémentaire, qui sera la bienvenue, dans un moment où on se lance des chiffres par la tête pendant 36 jours [de campagne] et même plus. Je pense que ça va être une bonne avancée.

Guy Caron, député néo-démocrate

Même son de cloche au Bloc québécois. « Nous sommes tout à fait disposés à ce que nos analyses chiffrées soient évaluées, mesurées, jugées même par une institution extérieure. De telle sorte que l'opinion publique et que les électeurs du Québec puissent se faire une idée. Ce qu'on va dire, ce ne sera pas des carabistouilles », a assuré le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Les plus petits partis ont également l’intention d’avoir recours aux services du DPB en campagne.

« Oui, on veut un calcul indépendant et honnête des coûts de notre plateforme, a assuré Rosie Emery, porte-parole du Parti vert. Nous recommandons que tous les partis fassent preuve de transparence. »

Le Parti populaire du Canada, de Maxime Bernier, a quant à lui l’intention de soumettre sa promesse de baisser les impôts des entreprises et des particuliers au DPB. « Nous avons l’intention de rendre les résultats publics, a noté le directeur des politiques du parti, Martin Masse. Ça nous donne de la crédibilité. »

En demandant à un agent indépendant d’analyser le coût des plateformes électorales, le Canada suit notamment l’exemple de l’Australie. Ce nouveau mandat pour le DPB s’est concrétisé avec l’adoption, en juin 2017, du projet de loi de mise en œuvre du budget.

Yves Giroux tiendra un point de presse jeudi matin sur les modalités du processus.

Fannie Olivier et correspondante parlementaire et analyste politique de Radio-Canada à Ottawa

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