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Le manque d’inspecteurs sanitaires au Manitoba est inquiétant

Les assiettes d'un couple au restaurant.

Le faible nombre d'inspecteurs sanitaires dans la province ne permet pas de couvrir l'ensemble des restaurants.

Photo : iStock

Radio-Canada

Plus de 2000 restaurants et cuisines au Manitoba ne subissent pas d'inspection sanitaire. Près d'un poste d'inspecteur sur cinq est vacant dans la province.

Les établissements sans inspecteur assignés sont soumis à un contrôle uniquement si une plainte est déposée.

Les cuisines à fort risque qui utilisent de la viande crue ou qui fournissent des résidences doivent être inspectées trois fois par an. Celles classées dans les risques modérés doivent l'être tous les deux ans.

Le professeur en sciences alimentaires de l’Université de Guelph Keith Warriner explique que le but de ces inspections de routine est de garantir que « les gens suivent les règles et d’attraper les mauvais joueurs avant qu’ils ne fassent des dégâts ».

Au total, les inspecteurs de la province doivent inspecter 10 997 établissements par année : restaurants, pâtisseries, boucheries, magasins alimentaires ou encore restaurants mobiles.

En moyenne, il y a 1 inspecteur manitobain pour 300 établissements de restauration. À titre de comparaison, la moyenne pour le département de la santé à Guelph, en Ontario, est de 1 inspecteur pour près de 110 établissements.

Selon Keith Warriner, cet effectif réduit pourrait obliger les inspecteurs à diminuer la durée de leur contrôle.

« C’est vraiment un nombre très faible pour une importante quantité d’établissements. Il y a des chances qu’ils ne puissent passer qu’un temps limité sur place et ne puissent pas se rendre compte de la réalité des choses », affirme-t-il.

La présidente du syndicat de la fonction publique, Michelle Gawronsky, se dit inquiète pour la santé publique avec autant de postes vacants.

« C’est une des choses pour lesquelles le gouvernement devrait s’assurer qu’il y a assez d’inspecteurs pour garantir la sécurité de tous les Manitobains, affirme-t-elle. Je sais qu’il y a des problèmes de recrutement et de rétention au niveau des postes d’inspecteurs sanitaires. Le Manitoba n’est pas au niveau du reste du pays en matière de salaires. »

Le ministère de la Santé du Manitoba travaille activement à recruter davantage d’inspecteurs.

Le recrutement reste un défi parce que la formation des inspecteurs sanitaires est très spécialisée et que le nombre de candidats potentiels est faible.

Un porte-parole du ministère de la Santé du Manitoba

Le ministère affirme qu'il répond à toutes les plaintes, peu importe si le poste d’inspecteur du secteur en question est vacant ou non.

Au Manitoba l’an dernier, 30 restaurants ont dû fermer leurs portes pour des raisons sanitaires. Pour Keith Warriner, ce nombre est alarmant et il s'inquiète que ce nombre ne soit que « la partie immergée de l’iceberg ».

Certains établissements se placent par ailleurs dans la catégorie des récidivistes. Joe Chan, du restaurant Cathay House, affirme suivre les règlements, mais que ces derniers changent fréquemment.

« On travaillait convenablement pendant une dizaine d’années et, soudainement, on était hors-la-loi », s’étonne-t-il en précisant qu’il a durci ses procédures d’hygiène et engagé un exterminateur.

« On n’a jamais de plainte pour empoisonnement alimentaire », affirme-t-il.

« Une fermeture survient quand le ministère de la Santé estime que l’établissement n’est plus sûr dans sa gestion des produits alimentaires et qu’il met ses clients en danger », précise le directeur de l’Association des restaurants et des services de restauration, Shaun Jeffrey.

Le directeur de l’Association des restaurants et des services de restauration, Shaun Jeffrey.

Le directeur de l’Association des restaurants et des services de restauration, Shaun Jeffrey, est ouvert à plus de transparence sur les résultats des inspections sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Il ajoute que son association offre des formations et du mentorat pour éviter de tomber dans un tel écueil. Il ajoute que certains de ses membres ne seraient pas contre l’idée que les résultats des contrôles soient affichés à l’entrée des établissements, comme cela se fait à Toronto.

La propriétaire de la pâtisserie Oh Doughnuts, Amanda Kinden, est favorable à l’idée, mais reconnaît que cette option pourrait avoir un certain effet sur les commerçants.

« C’est stressant parce que ça peut faire, comme défaire, son commerce, explique-t-elle. C’est vraiment important d’être tenu régulièrement de s’assurer de faire les choses convenablement. Personne ne veut être malade après avoir mangé », conclut-elle.

Avec des informations de Katie Nicholson et Joanne Levasseur

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