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Les Métallos veulent un ombudsman à la CNESST

La CNESST a rendu son rapport d'enquête sur l'accident mortel survenu à la mine Kiena de Val-d'Or le 9 septembre 2017.

Un rapport d'enquête de la CNESST dans une mine d'Abitibi-Témiscamingue. (archives)

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Piel Côté

Le syndicat des Métallos souhaite que la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) se dote d'un ombudsman. Les Métallos estiment que les recommandations de certains rapports d'accident survenus au cours des dernières années sont trop indulgentes envers les employeurs.

Le coordonnateur régional du syndicat des Métallos, Donald Noël, a de bonnes raisons de croire que certains inspecteurs ont pu subir des pressions et il estime qu'un ombudsman est nécessaire.

Au bout de la ligne, il y a eu des rapports sans amende, sans vraiment de recommandations. Ce sont des incidents graves qui sont survenus, il aurait pu y avoir mort d'hommes. On pense qu'il aurait pu y avoir des pressions politiques qui se sont faites pour que le rapport soit un peu plus complaisant, un peu plus mou qu'il devrait être, souligne-t-il.

Le rôle du futur ombudsman, si le gouvernement accepte cette proposition, serait de protéger les enquêteurs. C'est au ministre du Travail à qui il reviendra de décider si la CNESST a besoin de cette instance administrative.

La goutte qui a fait déborder le vase

Les Métallos ont plusieurs sections locales en Abitibi-Témiscamingue et refusent de montrer officiellement du doigt un employeur en particulier.

D'autres sources confirment toutefois que cette demande d'ombudsman est intimement liée à l'accident de travail survenu le 10 septembre 2017 à la mine Westwood. Sans être l'unique accident de travail qui a convaincu les Métallos d'aller de l'avant avec cette demande, c'est celui du 10 septembre qui a fait déborder la marmite, indiquent plusieurs personnes, bien au fait du dossier.

Ce jour-là, trois travailleurs sont blessés par l'éjection de 250 tonnes de roc de la façade.

Le rapport d'enquête produit à ce moment avait déplu à plusieurs syndiqués.

L'ex-ministre de la Justice est contre l'ajout d'un ombudsman

L'ex-ministre de la Justice et avocat d'un des trois mineurs blessés, Me Marc Bellemarre, croit que l'ajout d'un ombudsman ne serait pas utile, l'important étant de permettre les poursuites envers les employeurs, dit-il.

De créer un nouveau poste, une nouvelle structure, un nouveau service de plainte, à mon avis ce n'est pas ça qui va changer. C'est une question de mentalité. Ils devraient autoriser les recours contre les employeurs et les mauvais employeurs, ceux qui blessent et qui tuent les travailleurs. C'est surtout ça qu'il faut changer. Militer pour changer la loi, dit-il.

L'ex-ministre de la Justice et procureur général du Québec en 2003 et 2004 croit que la CNESST devrait tout simplement mieux soutenir les travailleurs.

Les rapports ne sont pas très agressifs et souvent trop feutrés.

Me Marc Bellemarre

La CNESST dit qu'elle s'occupe des travailleurs, mais quand vient le temps de les protéger, elle adopte des lois qui l'empêchent de poursuivre les employeurs. C'est plein de contradictions. Ils sont pour la prévention, mais quand l'accident survient et que la prévention n'a pas suffi, ils sont beaucoup moins présents, poursuit-il.

Trop tôt pour commenter, dit le ministre du Travail

Le ministère du Travail juge qu'il est trop tôt pour émettre des commentaires. L'attachée de presse du ministre Jean Boulet assure que celui-ci sera à l'écoute et invite les Métallos à poursuivre leurs représentations.

Abitibi–Témiscamingue

Relations de travail