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Aide aux producteurs agricoles : des chèques attendus avant les élections

La ministre de l'Agriculture Marie-Claude Bibeau.

La ministre de l'Agriculture Marie-Claude Bibeau voudrait que les premiers chèques aux producteurs de lait, d'oeufs et de volailles soient émis dans quelques mois.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le gouvernement Trudeau espère annoncer d'ici la fin du mois de juin les détails des compensations promises aux producteurs de lait, d'oeufs et de volailles, assure la nouvelle ministre de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau. Une annonce que certains producteurs attendent avec impatience.

« Mon objectif, c'est que d'ici deux mois on puisse leur dire clairement comment le programme va fonctionner, explique Mme Bibeau à Radio-Canada. Je voudrais que les premiers chèques soient émis dans quelques mois. »

Les dernières années n’ont pas été de tout repos pour les agriculteurs, dont leur secteur est protégé par la gestion de l’offre. Depuis quelques mois, la situation semble toutefois s’améliorer.

« On ne peut pas dire que ça ne va pas bien », affirme le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre.

Trois accords de libre-échange ont ouvert des brèches dans le marché du lait : l’accord avec l’Union européenne (AECG), le Partenariat transpacifique (PTP) et l’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM). Le PTP et l’ACEUM auront aussi des effets sur les producteurs de volailles et d’oeufs.

Dans le dernier budget, le gouvernement Trudeau a d’ailleurs promis 3,9 milliards de dollars pour indemniser ces producteurs touchés par l’AECG et le PTP. De cette somme, 1,5 milliard servira à assurer la valeur des quotas. Les discussions à ce sujet commenceront dans quelques mois.

« Les producteurs laitiers ont été très clairs et demandent à avoir un mécanisme de financement qui va être équitable, c'est-à-dire qu’il va y avoir des contributions directement au producteur et au prorata de leur quota de lait, affirme la ministre Bibeau. C'est un message que j'ai entendu très clairement. »

Elle assure aussi avoir appris des erreurs de son gouvernement.

Les producteurs laitiers avaient grandement critiqué le programme d’aide de 250 millions de dollars mis en place à l’été 2018 dans la foulée de la ratification de l’AECG. Ils soutenaient que la durée du programme était trop courte, que les fonds étaient insuffisants et que le processus de sélection basé sur le premier arrivé premier servi était injuste.

« Notre réflexion s’est inspirée de l'expérience un peu malheureuse du programme d’aide de l'AECG », explique Yves Ruel, porte-parole de la Fédération des producteurs de poulet du Canada.

Ils demandent un programme d'aide à l'investissement qui va permettre à tous les producteurs d'améliorer leurs fermes pour les rendre plus efficaces.

Même son de cloche de la part de la Fédération des producteurs d'oeufs du Québec.

« On souhaite que l'argent soit disponible à tous les producteurs, et pour cela, il faut que l’argent soit disponible pendant un certain temps », soutient le président de la Fédération, Paulin Bouchard.

C’est difficile d’être très optimiste. On ne sera jamais gagnants.

Paulin Bouchard, président de la Fédération des producteurs d'oeufs du Québec

Des chèques bientôt

Les producteurs de volailles et de lait espèrent qu’ils pourront recevoir rapidement les compensations, parce que les effets des brèches se font déjà sentir.

« Le PTP est déjà en vigueur et il a eu un impact réel sur nos fermes en 2019 », explique Yves Ruel.

« S’il le veut, le gouvernement peut émettre des chèques avant l’élection », soutient Bruno Letendre.

« S’il ne le fait pas, ça peut lui nuire; on a déjà montré qu’on était capables de se mobiliser », ajoute-t-il, rappelant que les producteurs laitiers ont contribué à la victoire d’Andrew Scheer à la tête du Parti conservateur, pour bloquer la voie à Maxime Bernier.

ACEUM

En ce qui a trait à l’ACEUM, la ministre Bibeau explique qu’il faudra attendre la ratification avant de mettre en place un mécanisme de compensation.

« On n'ira pas de l'avant avec une confirmation d'un montant ou d'un mécanisme financier tant et aussi longtemps que l'accord ne sera pas ratifié  parce qu’il pourrait peut-être éventuellement ne pas être ratifié, dit-elle. Ça demeure une possibilité. »

La ratification de l’accord dans sa forme actuelle est d’ailleurs menacée, notamment parce que les démocrates aux congrès américains demandent des modifications.

Philippe-Vincent Foisy est correspondant parlementaire à Ottawa pour Radio-Canada et animateur du balado La mêlée politique

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