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André Gagnon, monument de la musique québécoise, est mort

Portrait d'André Gagnon

Le pianiste et compositeur André Gagnon (archives)

Photo : Marie-Claude Tétrault

Laurie Dufresne

Le compositeur et pianiste québécois André Gagnon est décédé aujourd'hui à l'âge de 84 ans.

Né le 2 août 1936 à Saint-Pacôme-de-Kamouraska, André Gagnon est le cadet d’une famille de 19 enfants.

Il prend ses premières leçons de piano à l'âge de 5 ans. Plus tard, il perfectionnera son art au Conservatoire de musique de Montréal.

Tout le monde dans la famille jouait du piano. Ce n’était rien du “ petit génie ”. On jouait, et tant mieux si on était bon, raconte-t-il au micro de René Homier-Roy en 2013.

André Gagnon jeune assis derrière un piano

Le pianiste québécois André Gagnon en prestation, en 1960.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Dès 1959, il accompagne plusieurs chansonniers du groupe Les Bozos, dont font entre autres partie Jean-Pierre Ferland, Clémence Desrochers et Claude Léveillée.

Au début des années 1960, Claude Léveillée lui offre de monter sur scène à ses côtés pour son premier spectacle au Québec. C'est le début d'une collaboration de huit années en concert et sur disque. André Gagnon composera d'ailleurs la musique d'un grand succès de Léveillée, Pour les amants.

Leur collaboration mènera à la création de l'album Léveillée-Gagnon, un album phare pour le jazz au Québec. On y retrouve entre autres une version instrumentale de Frédéric, considéré comme l'un des plus grands succès de Léveillée.

André Gagnon témoignera de leur amitié en jouant aux funérailles de Claude Léveillée, en 2011. Il a interprété une composition spécialement écrite pour lui : Le piano de Claude.

Écrire et composer de la musique, [...] je considère que c’est mon véritable talent.

André Gagnon, pianiste
André Gagnon en train de jouer du piano

Le pianiste André Gagnon en 1976.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Succès international

En 1969, André Gagnon met fin à sa carrière d'accompagnateur et se lance sur scène en solo. Il interprète alors ses propres compositions qui naviguent entre musique classique et populaire.

J’ai compris rapidement que je ne serais pas pianiste de concert. Je jouais bien du piano, mais je n’étais pas un virtuose.

André Gagnon, pianiste

Son premier album, Saga, paraît en 1974.

Gros plan sur le pianiste André Gagnon.

Le pianiste André Gagnon à l'émission « Superfleurs » en 1975.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

En 1975, son deuxième disque Neiges est un succès international. La pièce Wow se vend à 700 000 exemplaires et est jouée dans les discothèques du monde entier.

André Gagnon est particulièrement populaire au Japon et fera d’ailleurs des disques spécialement pour son auditoire nippon à la fin des années 1990.

En 1992, il s'envole pour la Tchécoslovaquie pour enregistrer Noël avec l'Orchestre philamornique de Prague. L'album se vend à plus de 100 000 exemplaires et lui permet de décrocher le Félix de l'album instrumental de l'année en 1993. Noël sera réédité en 2008 et connaîtra tout autant de succès.

Deux ans plus tard, il chausse les bottes de réalisateur de disques. Il retourne en Europe, cette fois-ci avec Marie Michèle Desrosiers, pour produire un album de Noël avec l'Orchestre symphonique tchèque. L'album deviendra un classique chez plusieurs Québécois.

Lise Payette interviewe le pianiste québécois André Gagnon en 1976.

Lise Payette interviewe le pianiste québécois André Gagnon en 1976.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Parallèlement à ses productions et ses tournées, il compose de la musique pour le cinéma, mais surtout pour la télévision. On lui doit entre autres la musique de La Souris verte et Des dames de coeur.

Il monte aussi des spectacles-hommages au violoneux Ti-Jean Carignan et à la turluteuse La Bolduc.

André Gagnon joue du piano.

André Gagnon interprète « Pour les amants » à l'émission « Les beaux dimanches ».

Photo : Radio-Canada

Au début des années 2010, il souffre de la maladie de Dupuytren qui lui paralyse la main droite. Il pourra recommencer à pianoter après une chirurgie.

Quelques années plus tard, en 2019, des médias rapportent qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer.

Amour pour Émile Nelligan

André Gagnon a un amour particulier pour Émile Nelligan. En 1974, il achète la maison du poète québécois près du square Saint-Louis à Montréal.

Dans les années 1970, il met les textes du poète en musique, et les fait chanter par Monique Leyrac.

De plus, en 1990, il compose l'opéra Nelligan basé sur un livret de l'écrivain Michel Tremblay. 15 ans plus tard, en 2005, une nouvelle production de l’œuvre est produite avec l’Orchestre symphonique de Montréal.

À l’initiative de l’Opéra de Montréal, l’opéra sera revisité en 2010. Marc Hervieux y tient le rôle-titre.

Hommages et distinctions

Pour sa quarantaine d’albums solos et de compilations, André Gagnon recevra au cours de sa carrière quatre Juno, 13 Félix, le prix Hagood Hardy et le prix Robert-Charlebois de la SOCAN.

André Gagnon joue du piano sur scène.

André Gagnon aux Francofolies en 2002

Photo : Radio-Canada

En 2006, le Prix André-Gagnon est créé par la Fondation SPACQ. Il souligne chaque année le talent d’un compositeur de musique instrumentale.

En 2017, le spectacle Les 4 saisons d’André Gagnon est créé. Il mènera Stéphane Aubin, Kathleen Fortin et leurs musiciens partout au Québec.

En 2018, André Gagnon reçoit un Prix hommage des artistes pour la paix. La même année, il est nommé Compagnon des arts et des lettres du Québec et il reçoit l’Ordre national du Québec.

Une rue porte son nom dans son village natal de Saint-Pacôme-de-Kamouraska, et la salle de spectacles de la Ville de La Pocatière, au Bas-Saint-Laurent, a également été nommée en son honneur.

Avec les informations de Geneviève Asselin

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