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Theresa May congédie son secrétaire à la Défense après une fuite concernant Huawei

Un homme en complet marche dans un jardin avec un cahier à reliure sous le bras.

Gavin Williamson, secrétaire à la Défense de la Grande-Bretagne, a été congédié par la première ministre Theresa May mercredi le 1er mai 2019.

Photo : The Associated Press / Matt Dunham

Radio-Canada

Le secrétaire britannique à la Défense, Gavin Williamson, s'est fait montrer la porte, mercredi, à la suite d'une enquête sur la fuite d'informations provenant d'une réunion secrète du gouvernement sur le géant chinois des télécommunications, Huawei.

Dans une lettre à M. Williamson, la première ministre Theresa May affirme qu'elle « ne peut plus avoir pleinement confiance » en lui.

Mme May écrit qu'il existe des « preuves convaincantes » suggérant la « responsabilité » de M. Williamson « dans la divulgation non autorisée » d'informations provenant du Conseil de sécurité nationale.

« Aucune autre version crédible des événements pour expliquer cette fuite n'a été identifiée », poursuit-elle dans la lettre, rendue publique par son bureau.

M. Williamson nie toute implication dans la fuite d'informations et se dit persuadé qu'une enquête formelle et exhaustive permettrait de l'innocenter. Il affirme aussi qu'on lui a donné la possibilité de démissionner, mais que cela aurait constitué un aveu de culpabilité, ce qu'il a refusé de faire.

Penny Mordaunt, secrétaire au Développement international, a été nommée pour le remplacer. Elle devient la première femme à diriger le ministère de la Défense.

Une enquête a été ouverte la semaine dernière après les informations publiées par certains journaux selon lesquelles le Conseil de sécurité nationale avait décidé de laisser Huawei participer à certaines parties du nouveau réseau de communication sans fil 5G au Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique assure toutefois n'avoir pris aucune décision concernant Huawei.

Le Conseil de sécurité nationale comprend des ministres de haut niveau, qui reçoivent des informations de hauts responsables de l'armée et du renseignement, et ses réunions sont considérées comme extrêmement sensibles.

Le Daily Telegraph a annoncé, la semaine dernière, avoir obtenu des détails sur les réunions du Conseil de sécurité concernant Huawei. Plusieurs ministres, dont M. Williamson, se sont opposés à ce que Huawei soit impliqué dans le réseau britannique 5G.

Le Canada n'a pas encore tranché

Les États-Unis ont fait pression sur leurs alliés pour exclure Huawei de tous les réseaux 5G, estimant que le gouvernement chinois pouvait forcer l'entreprise à lui donner accès aux données stockées sur ses réseaux.

Le Canada n'a pas encore décidé s'il exclura ou pas Huawei, comme deux sénateurs américains l'avaient exhorté à le faire en octobre dernier.

Mardi, le ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, s'est refusé à toute annonce pour le moment.

Nous voulons que les Canadiens bénéficient de la meilleure technologie 5G. En même temps, nous voulons assurer leur sécurité et faire en sorte que leur système ne soit pas compromis.

Ralph Goodale, ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile

Le ministre de la Sécurité publique dit qu'Ottawa considérera l'opinion et les conseils de ses alliés; ceux du Groupe des cinq (Five Eyes en anglais) et ceux du G7.

Outre le Canada, le Groupe des cinq comprend les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni. Quant au G7, il regroupe le Canada, l’Allemagne, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni.

Meng Wanzhou retourne en cour le 8 mai

Par ailleurs, une autre affaire touchant Huawei fait la manchette au Canada et elle est liée à Meng Wanzhou.

La directrice financière du géant chinois des télécommunications fait l’objet d’une demande d’extradition de la part des États-Unis, qui l’accusent d’avoir tenté de contourner des sanctions économiques contre l’Iran. Meng Wanzhou et l'entreprise Huawei démentent les accusations portées contre elles.

Les audiences pour amorcer les procédures d'extradition contre la femme d'affaires de 47 ans commenceront le 8 mai.

À la demande des États-Unis, les autorités canadiennes avaient arrêté Meng Wanzhou en décembre 2018, alors qu'elle effectuait une escale à l’aéroport international de Vancouver. Elle a ensuite été remise en liberté sous caution et s’est engagée à rester en Colombie-Britannique et à se soumettre à d’autres conditions.

Avec les informations de Associated Press

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