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Pesticides : l'opposition accuse le ministre de l'Agriculture de s'ingérer dans la commission parlementaire

Le ministre de l'Agriculture du Québec, André Lamontagne.

Le ministre de l'Agriculture du Québec, André Lamontagne.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le Parti libéral du Québec s'inquiète d'une déclaration du ministre de l'Agriculture, André Lamontagne. Ce dernier a évoqué l'existence d'une liste d'intervenants fournie par son personnel aux membres de la commission parlementaire qui doit se pencher sur l'impact des pesticides sur la santé et l'environnement. Or, cette commission, composée de députés de tous les partis, doit rester souveraine.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Agriculture, Marie Montpetit, juge la situation « préoccupante » et a interpellé André Lamontagne lors de la période de questions, mercredi : « Est-ce que le ministre fait de l'ingérence dans le mandat? Et tente-t-il d'orienter les travaux de la commission? »

Le 18 avril, lors de l'étude des crédits budgétaires de son ministère, André Lamontagne a déclaré, en s'adressant aux membres de la commission parlementaire : « L'instruction que j'ai donnée à tout mon personnel, c'est de vous fournir toute l'information qui est à notre disposition pour vous accompagner. Et puis, en même temps, je pense qu'on vous a déjà soumis toute une liste d'agences, de centres, d'individus que vous pourriez avoir intérêt à questionner ou à entendre. »

La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN), formée de députés de tous les partis, mais contrôlée par la CAQ, s'est saisie il y a quelques semaines d'un mandat d'initiative pour évaluer les impacts des pesticides sur la santé et l'environnement, mais aussi l'indépendance de la recherche et des services-conseils donnés aux agriculteurs, dans la foulée du congédiement du lanceur d'alerte Louis Robert.

« La CAPERN n'est pas sous l'autorité du ministre de l'Agriculture, a dit la députée libérale, également vice-présidente de la Commission; elle est sous l'autorité des députés qui sont membres. »

En réponse à la question de la députée, le ministre n'a pas nié l'existence de cette liste, mais a plutôt tenu à affirmer que la commission est « complètement souveraine ».

André Lamontagne a ajouté : « Vous allez être les maîtres d'oeuvre et les juges de qui sera entendu, qui viendra témoigner, avec qui vous allez travailler. »

Mais alors, pourquoi le ministre a-t-il affirmé, le 18 avril, que son personnel avait fourni une liste aux membres de la commission? Il n'a pas été possible de le savoir, puisque c'est le leader parlementaire Simon Jolin-Barrette qui s'est ensuite levé pour répondre à la place du ministre de l'Agriculture.

M. Jolin-Barrette a tenu à réaffirmer la « séparation entre les commissions parlementaires et l'exécutif ». Il considère que la députée libérale Marie Montpetit est bien consciente que c'est ainsi que les choses se passent.

Le leader parlementaire en a profité pour attaquer l'ancien gouvernement libéral à qui il reproche d'avoir refusé les mandats d'initiatives proposés par la CAQ, quand elle était dans l'opposition. Le PLQ affirme plutôt en avoir accepté une douzaine.

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