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Beauce : un ex-sinistré qui a démoli son immeuble louange le programme d’indemnisation

Le terrain où se trouvait l'immeuble de logements de Martin Savoie a été cédé à la Ville de Sainte-Marie.

Le terrain où se trouvait l'immeuble de logements de Martin Savoie a été cédé à la Ville de Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada

Alain Rochefort

Si certains sinistrés de la Beauce critiquent la complexité du programme d'indemnisation gouvernemental, un ex-propriétaire d'un immeuble de logements de Sainte-Marie louange plutôt tout le processus « beaucoup plus rapide » qu'il en a l'air à première vue.

Il y a presque un an jour pour jour, Martin Savoie se posait les mêmes questions que de nombreux sinistrés des inondations historiques qui ont touché le Québec ces derniers jours.

En avril 2018, son immeuble de logements était complètement inondé au sous-sol et en partie au rez-de-chaussée à la suite d'une crue de la rivière Chaudière.

« Le sous-sol plein, plus 2 pieds et demi d’eau au rez-de-chaussée, donc tout flott[ait], explique-t-il. L'endroit était insalubre. Il fallait refaire le ménage et ensuite décider de l'avenir, de si on continue ou pas. Et comme c'était la 2e [inondation] majeure, je vous dirais que ça ne me prenait pas une grosse poussée pour décider de [détruire l’immeuble]. »

Déçu par la première rencontre

Martin Savoie est donc passé par le même programme d’indemnisation que celui proposé aux sinistrés cette année.

« J'ai assisté à une première rencontre et je suis sorti de là complètement déçu, car je n'avais pas mes réponses. Il fallait que je dise à mes locataires s'ils allaient réintégrer. Est-ce que j'allais rebâtir? Est-ce j'allais remettre ça propre? Et là, j'avais plus de questions que de réponses à la sortie », se rappelle-t-il.

Martin Savoie ne regrette rien un an plus tard.

Martin Savoie ne regrette rien un an plus tard.

Photo : Radio-Canada

M. Savoie soutient que le programme d’indemnisation peut paraître complexe pour une victime d'un sinistre souvent « fatiguée et stressée » par les événements. Dans son cas, tout s’est pourtant déroulé très rapidement après cette fameuse première rencontre.

« J’ai peut-être été un privilégié […] mais les gens ont été très sympathiques. La Sécurité publique m'a envoyé un expert en évaluation très rapidement, le lendemain de la réunion. Ils sont venus, ils ont fait une analyse. »

Réparations trop coûteuses

Les réparations étaient estimées à plus de 100 000 $. Une somme faramineuse qui représente un pourcentage important de la valeur à neuf de l’immeuble.

Ça a enclenché le processus pour que l'immeuble soit racheté. À partir de là, c’est un fardeau de moins, et j’ai pu aviser les locataires qu’ils ne pouvaient pas réintégrer.

Martin Savoie, ex-sinistré

L’immeuble a donc été démoli, et le terrain, cédé à la Ville de Sainte-Marie. M. Savoie a reçu presque l’entièreté des sommes dues pour le dédommager au mois de décembre 2018. « Ce n’est pas si long que ça après, quand on analyse tout ça. »

Une pelle mécanique empile des déchets de toutes sortes à Sainte-Marie, en Beauce.

Les sinistrés ont sorti une quantité impressionnante de débris de leurs résidences inondées.

Photo : Radio-Canada

Message aux sinistrés : « Gardez espoir »

Plus que jamais, Martin Savoie ne regrette rien de sa décision de démolir.

« Cette année, quand l'eau s'est mise à monter, je le savais que j'avais pris une bonne décision. Quand c'est arrivé, je pense que je l'ai dit au moins 10 fois à ma conjointe comment j'étais heureux de ne pas revivre ça maintenant. »

Il appelle donc les sinistrés actuels à garder espoir et à considérer sérieusement l'option de repartir à neuf ailleurs qu’en zone inondable.

« Vendre à la sécurité publique, c'est le meilleur acheteur. Le marché n’aurait pas donné ce que la Sécurité publique a donné », conclut-il.

Avec les informations de Marie Maude Pontbriand

Catastrophes

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